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Quel avenir pour une médecine officielle fermée sur elle-même ?
Partie 2 : Les médecines « alternatives »

Par Jacques Benilan,
le dimanche 5 novembre 2017

Ayant évoqué dans un premier article les limites de la médecine officielle française, il semble intéressant maintenant d’évoquer quelques autres médecines, dites aujourd’hui alternatives et susceptibles de nous guérir mais avec pas ou peu de médicaments… avec l’espoir qu’elles soient un jour prochain reconnues et promues par le Conseil de l’ordre des médecins.

La première, la médecine homéopathique ?

On notera un progrès fantastique du Conseil de l’Ordre en 1987 : l’homéopathie est enfin une médecine reconnue en France et même enseignée depuis [1] : les médecins homéopathes sont donc acceptés par l’Ordre ce qui n’est pas encore le cas dans d’autres pays comme le Royaume-Uni, la Suisse ou l’Australie, où elle reste officiellement considérée comme une imposture.

Pour mémoire, c’est le médecin saxon Samuel Hahnemann qui a découvert en 1796 cette médecine en diluant très fortement dans l’eau des substances « similaires » à celles de la maladie à guérir. Mais pour lui une dilution c’est 100 litres d’eau pure pour un litre de substance ; quand on parle couramment de dilution à la 9ème centésimale, soit un 1 suivi de 18 zéros, on a une quasi-certitude que les molécules de la substance de base ne sont plus du tout présentes dans la granule à avaler... [2]

Le Conseil de l’ordre est donc en France en avance par rapport à bien d’autres pays : tout médecin diplômé a le droit de devenir homéopathe, un immense progrès face à une très forte pression populaire il est vrai, puisque 50% des Français la pratiquent.

L’homéopathie est largement et continuellement contestée dans le monde mais c’est quand même d’abord en France que se trouve le leader mondial du secteur, Boiron, avec plus de 600 millions d’euros de chiffre d’affaires et une belle rentabilité.

Cette incroyable invention est encore souvent considérée comme une pseudoscience, et même Wikipédia la définit encore ainsi : « en raison de son manque total de principes actifs, l’homéopathie ne présente aucune efficacité supérieure à l’effet placebo ».

Et pourtant elle est aujourd’hui non seulement reconnue par l’Ordre mais même partiellement remboursée par la Sécurité sociale et les mutuelles. Et des milliers de médecins ont été convaincus par elle, alors que faut-il en penser, au-delà du jugement primaire ci-dessus ?

Le principal reproche qui lui est fait est que les dilutions homéopathiques sont telles que l’excipient ne contient plus une seule molécule du remède dilué et ne peut donc agir chimiquement. Cependant on constate que l’homéopathie fonctionne sur les nourrissons et les animaux, ce qui exclut la possibilité d’un simple effet placebo. Certains sites contiennent des centaines de témoignages [3] de personnes ayant guéri par l’homéopathie, ainsi que leurs enfants, bébés, bêtes… souvent après divers traitements allopathiques s’étant révélés impuissants à soigner leurs problèmes.

Cette efficacité empirique que l’on ne sait pas expliquer suppose donc (comme au temps de Copernic) que notre science d’aujourd’hui ne sait pas tout. Plusieurs expériences scientifiques très sérieuses ont prouvé que l’eau avait une « mémoire », ce qui pourrait expliquer l’efficacité de l’homéopathie malgré les nombreuses dilutions, mais personne encore n’a su l’expliquer parfaitement. Récemment (1987), le docteur Jacques Benveniste a découvert et justifié la notion de mémoire de l’eau, mais il a aussi levé une immense controverse scientifique encore loin d’être résolue, la duplication de son étude n’ayant pas donné les mêmes résultats. Elle a néanmoins convaincu certains chercheurs renommés, comme le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de médecine, et Brian Josephson, prix Nobel de physique.

La phytothérapie ou la médecine par les plantes

Elle a hélas subi un coup mortel quand le maréchal Pétain en 1941 a interdit la formation d’herboriste en raison de dérives jugées excessives, interdiction toujours en vigueur après 76 ans, malgré de rares et heureuses exceptions. Peut-être y avait-il eu des abus mais cette décision, inepte et jamais annulée, a eu un premier inconvénient majeur : elle interdit encore aux étudiants en médecine de découvrir cette branche essentielle de la connaissance, sauf ceux - et ils commencent heureusement à être de plus en plus nombreux – qui décident de chercher par eux-mêmes durant leur vie active : de nombreux médecins parmi les meilleurs la prescrivent officieusement.

Avant 1941, il y avait en France presque autant d’herboristes que de pharmaciens et les herboristes avaient développé un vrai savoir-faire et établissaient eux-mêmes des prescriptions bien appréciées de tous.

Aujourd’hui, il est connu par tous ceux qui connaissent la phytothérapie qu’elle peut soulager de nombreux maux, en particulier par ses huiles essentielles, mieux que nos sacro-saints médicaments – et sans les redoutables et multiples conséquences secondaires vécues aujourd’hui. Elle permet notamment de :

> Lutter contre la dépression ;
> Améliorer le transit intestinal ;
> S’attaquer à l’embonpoint et à ses méfaits ;
> Conserver une vision d’aigle ;
> Renforcer les cheveux fragiles et cassants ;
> Accéder à un sommeil de qualité pour une meilleure santé ;
> Garder l’esprit vif et prévenir la dégénérescence cognitive ;
> Et bien d’autres soins !

En France, depuis 1982, s’est d’ailleurs créée l’Association pour le renouveau de l’herboristerie. Elle demande la reconnaissance de la profession d’herboriste et la création d’un diplôme européen de phytologue-herboriste.

L’alimentation ou la troisième médecine :

Ce titre est d’abord celui d’un ouvrage d’un intérêt extraordinaire écrit pour tous par le docteur Jean Seignalet (1936-2003) [4] qui a d’abord été un pionnier des greffes d’organes ; puis il a écrit sous ce titre un ouvrage monumental (770 pages) avec l’objectif d’être compris par tout le monde, expliquant comment fonctionne un être vivant et pourquoi une alimentation diététique réfléchie est le premier critère tant pour la prévention que pour le traitement de la plupart des maladies.

Mais il y explique aussi de manière fort utile comment fonctionnent d’abord les enzymes, puis les 7 matériaux du corps humain, et parmi eux les protéines, une espèce d’enzymes particulières constituées chacune de plusieurs centaines d’acides aminés existants, et comment ces protéines, avec leurs formes tordues, apportent la dynamique de la vie, connaissances loin d’être abouties et sur lesquelles travaillent encore de nombreux scientifiques, et même en particulier le CEA [5].

A ce jour, un petit nombre de médecins ont pris la peine de lire cet ouvrage encyclopédique, mais pas évident à assimiler, et en appliquent les principes avec leurs patients : peut-être regrettent-ils de ne plus servir au mieux l’industrie pharmaceutique ? Une enquête sur ce sujet serait intéressante.

Voici donc dans cet article quelques-unes des méthodes de santé alternatives ayant séduit de nombreux patients. Dans une prochaine édition, nous en aborderons encore d’autres, beaucoup moins connues que celles-ci, mais tout aussi intéressantes.


[1La première Faculté de Médecine à enseigner l’homéopathie a été celle de Rennes, en 2013.

[4Lire : L’alimentation ou la troisième médecine, éditions du Rocher (5 éditions par Jean Seignalet lui-même et une dernière en 2012 par ses enfants).

[5Revue mensuelle les Défis du CEA (Commissariat à l’énergie atomique), N° 219 juillet 2017 : Paul Schanda, physico-chimiste autrichien et son équipe, découvrent, avec un puissant outil de résonance magnétique nucléaire existant au CEA Grenoble, l’existence dans le sang de deux types de protéines complémentaires, les protéines membranaires et les protéines chaperonnes.

Messages

  • L’intérêt de ces trois options est très variable :
    > il est clair qu’une alimentation saine contribue à la santé.
    > S’agissant de l’usage de plantes médicinales, il existe depuis la plus haute antiquité. Simplement il est relativement moins efficace que les médicaments, ou bien rentre dans la rubrique "alimentation saine".
    > S’agissant de l’homéopathie, bien sûr il y a des effets placebo. Pour le reste , on serait curieux de voir l’auteur citer une seule étude scientifique qui montre le moindre effet. Et donc, cela reste sinon une imposture, tout au moins une façon de présenter un placebo.

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