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Les médias contre Macron

Par Hervé Gourio,
le dimanche 12 novembre 2017

Après l’avoir soutenu avant l’élection, les médias tournent casaque. Pour de bien mauvaises raisons, parfois attentatoires aux principes républicains.

Le chœur des médias est presque unanime. Emmanuel Macron est voué à échouer. Les raisons sont évidentes. Trop à droite, il ne retrouvera pas ses électeurs de gauche perdus. D’ailleurs, l’étiquette de « président des riches » lui collera toujours à la peau. Souvenez-vous de ce qui est arrivé à Sarkozy qui n’a jamais pu s’extraire du Fouquet’s et du yacht de Vincent Bolloré.

Il est seul, sans parti politique, sans BASE politique, sans soutien populaire. LREM est une pyramide inversée qui repose sur la pointe. Inexorablement il s’adonnera à l’exercice solitaire du pouvoir, honni des Français. Ce pouvoir sera d’autant plus honni qu’il est exercé par un personnage qu’on ne connaît pas. Pensez ! il ne bavarde pas avec les journalistes.
La priorité des Français est-elle d’ailleurs économique ? Macron a certainement tort de placer en tête de ses priorités l’amélioration de la situation de l’économie. Les candidats extrémistes à l’élection n’en ont presque pas parlé. Le seul candidat qui, dans le passé, pouvait faire valoir des résultats économiques en amélioration a été sèchement battu en 2002.

Seule concession des médias du bout des lèvres : si des résultats apparaissent avant les prochaines élections, dans 2 ans, la patience des citoyens à son égard pourrait se prolonger. Mais pas au point d’empêcher la renaissance de partis de gouvernement rivaux qui seuls peuvent s’appuyer sur des fondations historiquement solides. L’usure du pouvoir aura alors raison de lui. Praticien innovant du « dégagisme », il en sera un jour victime.

Il est aisé de démolir ce discours. Tout simplement parce que les médias utilisent une grille du passé pour apprécier une situation nouvelle.

D’abord, ils utilisent des critères sans rapport avec ceux du bon gouvernement. Ils ânonnent des discours rhétoriques anciens et restent prisonniers de ce qu’ils ont appris (à Sciences Po ?) il y a longtemps, sans examiner l’action proprement dite du gouvernement.

Les premiers mois ont mis en lumière une situation nouvelle. Le savoir-faire du président en matière de pratiques gouvernementale et administrative est incomparablement supérieur à celui de ses prédécesseurs. Comme les bons élèves de l’ENA, il en a appris là-bas les bases [1].
La rapidité de l’exécution de son programme, la concertation avec plusieurs parties prenantes, tranchent avec le bricolage désordonné dont les gouvernements précédents nous ont depuis si longtemps donné l’exemple. Sur l’horizon du quinquennat, les actions gouvernementales semblent ordonnées en tenant compte des contraintes extérieures connues et en choisissant un calendrier compréhensible par la population. Elles ne sont pas lancées au gré des caprices de l’opinion ou d’urgences qu’on aurait pu découvrir auparavant.
Les mesures visant un domaine sont étudiées et négociées en même temps et devraient produire des résultats simultanés et peut-être même convergents. Elles sont étudiées avec la participation des acteurs d’aujourd’hui, de demain et aussi d’hier.
Il est donc difficile de soutenir la thèse de l’exercice solitaire du pouvoir. Tout autant que de coller l’étiquette « droite » ou « gauche » en pesant l’impact sur les catégories socio-professionnelles concernées.

Autre déviation perverse des médias, on ne nous parle pas des résultats futurs (économiques en premier lieu puisque c’est leur objectif avoué) des mesures d’aujourd’hui mais quasi exclusivement de l’impact d’annonces sur l’électorat. Comme si nous entrions dans une campagne électorale alors que nous venons à peine d’en sortir ! Comme si le travail du gouvernement devait être influencé par sa cote de popularité au jour le jour !
Parfois même l’incohérence des propos atteint un niveau étonnant : « certes les mesures sont bien alignées avec les promesses électorales du candidat. Mais comme je ne l’ai pas soutenu pendant la campagne, je ne peux pas juger positive l’action du gouvernement. Donc il échouera. » Ce type de commentaire se retrouve dans la bouche d’éditorialistes de droite ou de gauche.

En vérité nous assistons à un vaste mouvement de révolte de ceux - les médiacrates - qui ont perdu une situation privilégiée. En d’autres termes une prébende facile à décrire : leurs commentaires faisaient bouger les sondages qui eux-mêmes déclenchaient des réflexes pavloviens de la part des gouvernants. Macron a débranché les circuits. Changement pour le mieux. Nous ne devons pas tomber dans le piège de ces hommes du passé.

Le scandale ne s’arrête pas là. Il se prolonge avec deux campagnes de presse qui sont attentatoires à l’état de droit. Sur le harcèlement sexuel où on laisse se développer des discours accusateurs très émouvants au lieu de conforter l’application des lois existantes en les analysant pour les perfectionner.
De même les Paradise Papers amalgament la fraude fiscale - violation de la loi qui appelle la sanction - et l’utilisation des failles de la législation fiscale - qui ne saurait être punie, c’est alors le législateur qui est insuffisant.
Dans les deux cas, la presse orchestre l’émotion populaire bien compréhensible pour occuper la place du législateur ou du juge. C’est une véritable corruption de la République à laquelle nous assistons. Il faut la dénoncer et s’y opposer

Ce qui ne veut pas dire qu’Emmanuel Macron n’échouera pas. Nous y reviendrons dans un prochain article : Pourquoi Macron va échouer. Sauf si...


[1Les méchantes langues (cf. Olivier Saby dans son livre La promotion Ubu Roi) disent qu’on y désapprend toute capacité à concevoir de bonnes politiques publiques et qu’on y acquiert une tolérance pour les dysfonctionnements administratifs... Ce n’est en vérité qu’une école d’application, foncièrement dangereuse si on n’a pas acquis une formation universitaire par ailleurs. Il semble bien que notre homme pallie ce risque pour avoir étudié la philosophie. Certes sans avoir suivi un parcours académique mais est-ce si indispensable dans cette discipline ?

Messages

  • je crois les médias détestables
    elles vivent des nouvelles, des mauvaises nouvelles
    il faut donc de mauvaises nouvelles , meme la météo est prétexte à mauvaises nouvelles !
    les bonnes nouvelles il n’y en a pas qui vaillent l’attention
    on parle pendant trois mois si ce n’est plus des difficultés d’une usine dans la creuse , jamais ou si peu des créations d’usine (par Hermés par exemple ni de la bonne marche des usines de la meme société toutes situées dans la France profonde )
    Macron c’était la mauvaise nouvelle pour Fillon et Hollande donc on le suivait ,
    aujourd’hui, il faut empoisonner la vie de Macron
    Rachel Garrido c’est un échec des insoumis , les ordonnances sur le travail pareil !
    et je ne crois pas que les vrais français de base se passionnent pour la suppression de l’ISF sur les valeurs mobilières , donc Macron continue à avancer et les chiens aboient vainement !
    ce qui est dommage c’est qu’il ne va pas jusqu’au bout de sa logique , il s’arrête au milieu du gué sur l’ISF , de meme pour le code du travail
    et il y a des sujets qu’il refuse de voir : l’islamisme , la politique démographique , il a tort de trop faire attention aux médias , c’est cela que la droite doit lui reprocher !
    Mais osera t elle alors continuer , plus loin que Macron dans le mépris des médias et de leurs fantasmes politiquement corrects ?

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