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La démocratie étouffée par l’État – l’étatisme, idéologie dominante en France
par Jean Brilman

Par Karina Tatoyan,
le dimanche 28 février 2016

Dans ce nouveau livre, Jean Brilman cherche à comprendre comment l’État-providence a pu parvenir à étouffer la démocratie réelle et faire de l’étatisme la religion de la majorité des Français qui s’attendent à ce que l’État soit responsable de la sécurité, la santé, l’emploi, la retraite, l’égalité réelle, voire une vie meilleure.

Selon Brilman l’évolution des idéologies en France a favorisé l’extension indéfinie de l’État laïc. Le secteur public est cogéré par une élite politico-bureaucratique et les syndicats, dont la puissance constitue une altération de la démocratie.

Jean Brilman est polytechnicien et l’auteur de Réconcilier démocratie et gestion (2012). Auparavant, il a été directeur international de la CEGOS (groupe leader de la formation professionnelle) et auteur de nombreux best-sellers sur la gestion des entreprises et le management.

« La démesure de l’État »

Jean Brilman suggère de définir la démesure de l’État par le recensement des entités publiques.

Brilman dénonce notamment la démesure de l’État français qui se manifeste, entre autres, dans la prolifération d’entités publiques. La hiérarchie française de l’exécutif compte 30 à 35 ministres et secrétariats d’État. À ceci s’ajoutent 1.244 agences, « des entités qui, quoique distinctes de l’État, sont étroitement contrôlées et largement financées par lui ». Ce nombre élevé comprend les ODAC (organismes divers d’administration centrale), suivis par l’INSEE dans les comptes nationaux au nombre de 825 (en 2013), dont font partie 556 opérateurs de l’État figurant dans le « jaune budgétaire » accompagnant le projet de loi de finances. Il faut y ajouter des entités dotées d’un comptable public (EDCP), ainsi que des services à compétence nationale (SCN). À titre d’exemple, il cite les agences suivantes : l’agence nationale de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail, Pôle emploi, etc.

Parmi ces agences, certaines ont des pouvoirs importants : les autorités administratives indépendantes (AAI), apparues à partir des années 1970. Les collectivités locales françaises représentent 40% des collectivités territoriales de l’Europe à 28 ! A ces collectivités publiques centrales s’ajoutent des associations subventionnées. Ainsi la gestion des cantines du ministère des Finances est du ressort d’une association dotée de 9,8 millions d’euros.

« L’État providence – un danger »

Dans son livre, Brilman attire l’attention sur le phénomène de l’État-providence qui selon lui est l’État actuel français. Il associe à l’État-providence le système de protection sociale, dont la Sécurité sociale qui pose un problème pour l’avenir en termes de dettes potentielles dangereuses. Au niveau national, il cite la Caisse national d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) gérant les branches maladie et accidents du travail, la Caisse nationale des allocations (CAF) gérant la branche familiale, la Caisse nationale de l’assurance vieillesse des travailleurs salariés (CNAVTS) gérant la branche vieillesse, l’Agence centrale des organismes de Sécurité sociale créée pour coordonner les organismes de la branche « recouvrement » (URSSAF) ainsi que pour assurer la gestion centralisée et commune de la trésorerie du régime général. A ceci s’ajoutent les organismes dépendant des assurances sociales à l’instar d’ODASS, les hôpitaux de l’Assistance publique et des écoles d’infirmières. D’autres institutions participent au système sans être comptabilisées dans les comptes de la Sécu : les régimes complémentaires obligatoires de retraite, le régime du chômage géré par l’Unedic, les régimes complémentaires facultatifs d’assurance maladie (mutuelles et institutions de prévoyance). Ainsi le total des dépenses des administrations de sécurité atteint 573,3 milliards d’euros, soit 46,6% du total des 1.226,7 milliards (2014).

Que-faire ? S’inspirer d’Outre-Rhin

Dans son livre, Brilman critique la gestion des dépenses publiques et le cumul des entités publiques en France, qui constituent un frein au bon développement de l’économie. Certes il différencie les « bons problèmes » tel que le chômage de la dépense publique inefficace. Cependant, il ne présente pas de remèdes à ces problèmes.

Face à ces problèmes, quelles mesures faudrait-il envisager ?

Sous Angela Merkel, l’Allemagne est considérée comme un modèle économique et politique à part entière. Les piliers de ce succès : une économie forte et un chômage bas. Or, le succès d’Angela Merkel est en grande partie dû aux réformes qui ont été menées sous le mandat de Gerhard Schröder. Il a notamment su réformer le marché du travail en introduisant les réformes Hartz. Si en 2004, l’Allemagne a pu être désignée comme l’homme malade de l’Europe, aujourd’hui, grâce à ses réformes, l’Allemagne est devenue un leader européen.

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Messages

  • c'est le moment de rappeler la phrase de Mussolini qui cadre parfaitement avec le socialo-fascisme qui voudrait s'imposer en France :

    TOUT DANS L'ÉTAT, RIEN CONTRE L'ÉTAT, RIEN HORS DE L'ÉTAT.

  • Je vous renvoie à l'excellent ouvrage de Dominique Schnapper "La démocratie providentielle" paru en 2002 qui faisait un constat accablant de l'échec du "tout Etat", source en définitive de davantage d'inégalités réelles sous couvert d'égalitarisme dogmatique.
    Quelle solution ? C'est toujours là que ça achoppe, comme on le voit actuellement avec le projet de loi "Travail" qui accouchera au mieux d'une souris. L'unique solution est d'élire un Président "couillu" (excusez pour la verdeur du propos) qui aura le courage de tailler à la serpe dans toutes les institutions publiques et parapubliques en supprimant les organismes et services, en fermant les bureaux, en vendant les immeubles et les voitures de fonction, etc. Des grandes entreprises en péril le font bien : cf. PSA.
    Tant qu'on ne réduira pas drastiquement le poids du secteur public, les impôts et charges inévitables pour le financer continueront de peser à la fois sur la rentabilité des entreprises françaises (10 points de moins que ses principaux concurrents européens) les empêchant de financer recherche, investissements, nouveaux emplois, d'une part, et sur le pouvoir d'achat personnel des ménages qui pensent davantage à épargner qu'à dépenser face à un avenir de plus en plus incertain, d'autre part. Tout le reste est billevesée.
    C'est aussi un impératif catégorique pour redonner confiance aux entrepreneurs et aux citoyens, qui ne croiront les Politiques et les Administrations que s'ils deviennent exemplaires. On peut encore croire aux miracles, ça ne coûte rien !

  • La fonction publique aurait sur le papier toutes les raisons d'être aussi voire plus efficace que la somme aléatoire et contradictoire d'intérêts individuels mais il lui manque les 2 maillons essentiels de la compétitivité et de l'efficacité constatés chaque jour que sont la concurrence "équitable" (en général, l'Etat s'arroge un monopole) et la confirmation permanente de la pertinence de son action qu'est le choix du client. Elle évacue allègrement ces derniers derrière le bouclier de l'intérêt général qui est devenu avec le temps une somme de privilèges exorbitants du droit commun : rémunération moyenne supérieure, durée du travail inférieure, garantie de l'emploi, horaires limités, congés, avantages en nature, logement réservés,conditions et calculs de retraites, postes dans le prives ( près de 30 % des patrons du CAC 40 sont des des énarques "publics" et pantouflages etc ....., ne sont que les plus connus des intérêts particuliers de la fonction publique cachés derrière l'intérêt général.

  • Oui mais nous sommes le pays qui avons le meilleur système social.
    Ce qui est mauvais pour l’économie c’est le dumping fiscal et n’oublions pas l’èvasion fiscale.
    Ce n’est pas l’état providence mais le fait que la France est le seul pays à bénéficier de ce qui n’est pas l’état providence mais l’état régulateur social qui est responsable de nos problèmes.
    Si tous les pays avaient le même système social la concurrence serait plus loyale

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