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L’islam et le harcèlement sexuel

Par Claude Sicard,
le dimanche 29 octobre 2017

Dans les sociétés humaines, nous dit le philosophe Marcel Gauchet, longtemps les hommes ont été régis par des lois émanant de l’extérieur : un dieu, des pouvoirs royaux d’origine divine… Puis, au XVIIIe siècle, les sociétés en Occident ont pris leur sort en main, se dotant de régimes démocratiques où ce sont les hommes, eux-mêmes, qui établissent les lois auxquelles ils vont obéir. Marcel Gauchet nous dit que l’on est passé, alors, de sociétés hétéronomes à des sociétés autonomes. Avec le scandale de l’affaire Weinstein, les langues se délient et l’on apprend que des milliers de femmes dans nos sociétés souffrent en silence de harcèlements sexuels. Elles osent enfin s’exprimer, et font part de leurs souffrances. Est-ce à dire que les lois érigées par les hommes seraient moins sages que celles qui existaient précédemment ? Une société toute proche de nous est encore régie par des lois divines : la société islamique. Il est donc intéressant de voir ce qu’il en est chez nos voisins.

Au moment où les révélations sur le comportement odieux du producteur américain Harvey Weinstein envers différentes actrices de cinéma déclenchent dans le monde occidental un véritable tsunami médiatique, les langues des personnes du sexe féminin, soudain, se délient. Sur les réseaux sociaux le hashtag « balance ton porc » fait fureur, et chacune raconte ce qu’elle a vécu, sur son compte Twitter ou sur Facebook. La critique des comportements sexistes s’est soudain propagée à toutes les sphères de la société. Un article du Monde en date du 22 octobre dernier nous donne l’analyse que fait sur ces problèmes l’anthropologue Françoise Héritier qui nous dit : « Pour se reproduire, l’homme est obligé de passer par un corps de femme. C’est cette incapacité qui assoit le destin de l’humanité féminine. Cette injustice, et ce mystère, sont à l’origine de tout le reste ». Dans notre monde, en Europe, l’art et la manière de séduire une femme ont varié à travers les âges : il y eut l’amour courtois et chevaleresque, un art de vivre et une élégance mêlant douceur et humilité envers les dames, celles-ci étant en position de maîtrise des amants qui les courtisent, ceux-ci les suppliant de leur accorder leurs faveurs. Il y eut, aux siècles suivants, la galanterie mi-innocente, mi-perverse, et finalement au XXème siècle, en Occident, un code non écrit s’est établi qui commande les rapports en société entre les deux sexes.

On découvre donc soudain, que dans nos sociétés, en Occident, à tous les niveaux de la société, les femmes sont très souvent victimes de harcèlements sexuels. Des hommes abusent de la position dominante qu’ils ont acquise à un certain moment dans la société, pour forcer des femmes qui leur sont hiérarchiquement subordonnées à avoir avec eux des relations sexuelles. L’omerta étant levée, celles-ci se liguent à présent pour appeler à une nouvelle civilité sexuelle. En France, 216.000 plaintes ont été déposées en 2016, et il est demandé à la justice de renforcer les peines.

Tout ce remue-ménage intervient en Occident, aussi bien en Amérique du Nord qu’en Europe, dans des pays où, comme l’indique Marcel Gauchet, les sociétés ont effectué au XVIIIe siècle leur « sortie de religion » : ce ne sont plus, alors, les lois de Dieu qui s’appliquent, mais bien des lois établies par les hommes eux-mêmes, dans le cadre des régimes démocratiques qui ont été mis en place après la Révolution française de 1789, un peu partout. Il est donc intéressant d’examiner ce qu’il en est des relations entre les deux sexes dans le monde de l’islam, un monde qui nous côtoie, et qui est différent du nôtre dans la mesure où il continue à être régi par des lois émanant de Dieu. Ce monde de l’islam, géographiquement très proche de nous, développe à présent, en Europe, des diasporas importantes. Vu que celles-ci entendent que l’on respecte leurs valeurs et leur mode de vie, et bien que beaucoup de musulmans se soient occidentalisés en termes de mœurs, il est nécessaire de comprendre leur culture. Comme on le sait, l’islam est bien plus qu’une religion, c’est aussi un code civil et une manière de concevoir l’organisation de la société des hommes. Et ce monde de l’islam est aujourd’hui numériquement tout aussi important que le monde occidental, représentant actuellement sur la planète un peu plus de 1,3 milliard d’êtres humains.

La vision des relations entre les deux sexes, dans l’islam

Avec l’islam, un Occidental se trouve plongé dans un tout autre monde. Le premier élément qui frappe lorsque l’on examine le Coran, c’est que cette religion prend en compte, comme une donnée incontournable des relations entre les hommes et les femmes, la force du désir sexuel masculin. L’islam ne néglige pas, en effet, le côté sensible de la vie de l’homme, et il est pessimiste sur la capacité de l’homme à maîtriser son désir. Chez l’être humain, comme c’est le cas pour toutes les espèces vivantes, animales ou végétales, l’instinct de reproduction a une force considérable. Partout, avec un génie extraordinaire, la nature s’est organisée afin que les espèces se perpétuent : rien n’est plus important. Dans nos sociétés, on semble l’oublier. Le Prophète Mahomet avait, lui-même, une puissance virile considérable, « comme onze hommes » nous disent les hadiths. Et il eut neuf épouses, plus des concubines. Selon Al Qayyim, il aurait dit : « De votre monde, j’ai aimé les femmes et les parfums. Je peux me passer de nourriture et de boisson, mais je ne peux me passer d’elles ». Le Coran est donc très prolixe sur la façon d’organiser les relations entre les hommes et les femmes, dans la société.

La vision que l’islam a des femmes est particulière : elles ont été créées par Dieu inférieures à l’homme, et leur fonction principale est d’assurer la conservation de l’espèce. Un verset du Coran dit : « Les hommes ont autorité sur les femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu les a élevés au-dessus d’elles » (2,228). Elles ont le devoir d’être toujours disponibles pour satisfaire les besoins de la libido de leur mari. On lit ainsi, dans un autre verset : « Elles sont votre champ de labour. Allez à votre champ comme vous l’entendez, mais accomplissez auparavant quelques actes de piété » (2,223). Et elles n’ont pas le droit de refuser les avances de leur époux, sauf raisons extrêmement valables : maladie, période des règles, le jour en période de ramadan, etc.

Le Coran prévoit ainsi que les hommes puissent avoir jusqu’à 4 épouses, et celles-ci doivent être vierges lors du mariage. Elles seront des mères exemplaires, attentives à bien élever leurs enfants, et entretiendront le foyer avec beaucoup de soin. Leur place est essentiellement au foyer. Elles ne doivent en sortir que si cela est nécessaire, et elles devront être accompagnées, alors, normalement, par un membre de leur famille. Un hadith rapporte que le Prophète aurait dit : « N’empêchez pas les femmes de se rendre à la mosquée ; leur domicile est cependant meilleur » (Abû Daoud, 567).

Lorsqu’une femme sort dans la rue il faut qu’elle dissimule les formes de son corps, et elle ne doit pas être parfumée. Ainsi, en Arabie, pays qui applique intégralement la loi islamique, les femmes portent- elles la abaya, une longue cape qui recouvre le corps tout entier, et la police de la vertu, la Mutawa, y veille. A aucun moment une femme ne doit se trouver dans un lieu seule avec un autre homme qui soit un étranger. Si cela se passe, « ils ne seront plus deux, mais trois, car il y aura le diable avec eux » dit un hadith.

Un homme ne pourra regarder le visage d’une femme qu’à condition qu’il ne risque pas d’être tenté par ce regard. Et il ne doit pas lui toucher la main, car, là aussi, ce peut être un déclencheur de sa libido. Un hadith rapporte que Mahomet aurait dit : « Je ne touche pas les mains des femmes ».

Avec donc de telles précautions, les problèmes de harcèlement sexuel sont totalement maîtrisés, les femmes ayant dans une société islamique très peu de contacts avec les hommes, et lorsqu’elles en ont, elles sont étroitement surveillées par un membre masculin de leur famille. Le phénomène du harcèlement sexuel peut exister, néanmoins, et il est bien encadré : il s’agit du droit accordé aux maris d’exercer un plein pouvoir sur leurs épouses, et éventuellement s’ils en ont, sur leurs esclaves féminines. La femme, épouse, se trouve en état de soumission. Le Cheikh Yussef al Qaradawi, un théologien égyptien proche des Frères Musulmans, qui est président de l’Union Internationale des Savants Musulmans, explique dans un de ses écrits que l’épouse est obligée de répondre aux sollicitations de son époux. Il cite un hadith qui dit : « S’il l’appelle à la couche, qu’elle lui réponde, même si elle est au fourneau ». Une épouse ne peut refuser, sauf motif valable : et si elle refuse de se soumettre, elle risque d’être répudiée, la rupture du mariage à l’initiative du mari étant extrêmement simple.

Certes, une femme peut, éventuellement, travailler, mais son corps doit se trouver totalement revêtu d’un vêtement qui dissimule la forme de son corps, et ses cheveux seront couverts. Celles qui en viendraient à commettre un adultère s’exposeraient à la lapidation. Quant aux personnes non mariées qui forniquent, elles se trouvent condamnées à 100 coups de fouet administrés sur la place publique, avec des témoins. Et un fornicateur ne pourra épouser qu’une fornicatrice, un verset disant : « Le fornicateur n’épousera qu’une fornicatrice, ou une païenne : pareilles alliances sont interdites aux croyants » (24,3).

Pour l’islam, les hommes ont une libido difficilement maîtrisable, et il faut donc organiser la société pour leur éviter d’être tentés. On estime que leur désir est plus fort que celui des femmes. Les femmes sont des créatures qui réfléchissent peu, mais elles sont rusées. Un hadith rapporte que Mahomet a dit : « Les femmes sont les pièges du diable » (Hadifa ben El Yamane). Dans le récit biblique qui figure dans le Coran, Joseph, fils de Jacob, dit aux femmes d’Égypte : « Votre ruse est certes immense ». Un verset du Coran les dépeint de la façon suivante : « Quoi, un être élevé dans les parures et qui ne sait être logique dans ses raisonnements ? » (43,17-18). On leur demandera donc de vivre librement seulement dans leur cercle familial, chez elles : à l’extérieur, elles devront respecter des règles très strictes pour ne pas éveiller la convoitise des hommes. Aussi, il leur est demandé de sortir relativement peu dans les lieux publics. Dans leur jeunesse, elles ont l’obligation de rester vierges jusqu’à leur mariage, et elles n’auront de relations sexuelles ensuite qu’avec leur mari, un mari qui devra prendre soin d’elles, les entretenir correctement, et être attentif à leurs désirs. Mariées, ce seront des mères que l’on respectera, et la mère, dans la société islamique, a plus d’importance que les épouses.

Quid, des prescriptions coraniques dans le monde moderne ?

Les musulmans radicaux, ceux qui s’en tiennent à une lecture littérale du Coran, sont profondément choqués par les mœurs des sociétés occidentales. Sayyed Qutb, le grand théologien des Frères Musulmans, alla en 1948 faire un séjour de deux ans aux États Unis. Il en revint effaré de ce qu’il y avait découvert, expliquant, dans son journal, à son retour en Égypte, que la civilisation occidentale sombre dans la décadence en raison d’une faillite des valeurs : les Occidentaux se sont écartés, dit-il, de la spiritualité pour « mettre la science au service du matérialisme ». Il mit en garde le monde musulman de plonger dans le même « gouffre ». Les musulmans radicaux jettent donc sur les sociétés occidentales un regard très sévère.

Mais beaucoup de pays musulmans se sont efforcés de se dégager quelque peu des prescriptions coraniques, sous l’influence précisément des Occidentaux qui ont voulu imposer au monde entier leur modèle. La mondialisation, avec la circulation facile des hommes, des marchandises, et de l’information, accélère à présent beaucoup ce phénomène. La Turquie, avec Mustapha Kemal, lui-même très occidentalisé, a été la première au cours du XXe siècle à effectuer cette mutation. Atatürk fit faire à la société ottomane des avancées considérables, dégageant du mieux qu’il put son pays de l’emprise de l’islam. En Tunisie, ce fut Habib Bourguiba, le père de la nation, lui-même très occidentalisé, ayant épousé une française qu’il connut en faisant ses études à la Sorbonne, qui fit faire de grandes avancées à son pays en instituant, notamment, l’égalité au plan juridique entre les hommes et les femmes. Partout, les sociétés musulmanes évoluent et s’écartent lentement des prescriptions coraniques qui datent, elles en ont conscience, d’une époque reculée. On vient d’apprendre, par exemple, qu’en Arabie Saoudite les femmes avaient enfin l’autorisation de conduire des véhicules.

L’islam, néanmoins, reste la religion officielle dans un grand nombre de pays musulmans, et ses prescriptions sont très prégnantes pour la majorité des habitants. Dans le monde musulman, on demeure fidèle aux interdits coraniques. Et dans la diaspora musulmane, en Europe tout comme aux États Unis, bien des membres de ces communautés revendiquent le droit de conserver leurs croyances, les jeunes, plus que leurs aînés, défendant bec et ongles leur culture.

Messages

  • Mustapha KEMAL (ATATURK) : "L’islam, cette théologie absurde d’un bédouin immoral, est un cadavre putréfié qui empoisonne nos vies.”

    Sourate 3 - verset 23. Vous sont interdites vos mères, filles, sœurs, tantes paternelles et tantes maternelles...
    verset 24. et, parmi les femmes, les dames (qui ont un mari), sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété...
    Comme indiqué au verset 3-24, le prophète disposait d’esclaves qui étaient bien évidemment des esclaves sexuelles ; en plus de ses 9 ou 11 femmes (les sources divergent).

    3-34. Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris), et protègent ce qui doit être protégé, pendant l’absence de leurs époux, avec la protection d’Allah. Et quant à celles dont vous craignez la désobéissance, exhortez-les, éloignez-vous d’elles dans leurs lits et frappez-les. Si elles arrivent à vous obéir, alors ne cherchez plus de voie contre elles, car Allah est certes, Haut et Grand !
    C’est explicite, non ?

    mahomet a défloré Aïcha (son épouse préférée) lorsqu’elle avait 9 ans. Il en avait plus de 50. L’explication est qu’elle était femme puisqu’elle avait eu ses "menstrues" : comme si une pré-adolescente pensait immédiatement à coucher avec son grand-père le lendemain de ses premières règles !

    Renseignez-vous aussi sur l’allaitement des adultes, ça vaut son pesant de cacahuètes ! (hadith Ibn Majah 1944)

    mahomet était pour l’excision, selon les hadiths.

    Et après on s’étonne du comportement de certains docteurs de l’islam.

  • Une religion qui sépare les deux sexes aussi rigoureusement ne peut qu’induire des comportements déviants.

  • La loi islamique est basé sur trois oppositions : hommes/ femmes, homme libre / serviteur et musulman / non musulman.
    Les non musulmans tout comme les femmes sont condamnés à être persécuté dans une société musulmane. Le degré de persécution varie selon les pays musulmans. Mais même dans les pays musulmans modérés, les femmes sont discriminés et les non musulmans considérés comme des citoyens de seconde zone

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