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Evonomics, nouvel outil des égalitaristes

Par Valérie Pascale,
le dimanche 8 octobre 2017

Nous continuons à dénoncer les égalitaristes, ceux qui condamnent les riches et la création de richesse, et par conséquent la croissance. Un site internet américain a attiré notre attention par ses éloges continus à Thomas Piketty et son collègue Gabriel Zucman en citant régulièrement leurs travaux pour la démonstration de ses propres conclusions. Il s’appelle Evonomics [1], nom qui fait allusion à l’intersection de l’économie et de l’évolution, et que nous pouvons traduire comme « nouvelle évolution de l’économie ». Ce site, qui publie sous format de blog, prétend en finir avec l’économie traditionnelle et proposer une vision moderne et alternative.

Steve Roth, un des principaux fondateurs du site, publie régulièrement des articles qui dénoncent les riches, la création et l’accumulation de richesse. Dans son dernier article du 18 septembre intitulé « La richesse follement concentrée étouffe notre prospérité » [2], il intervient cette fois-ci avec une image de Smaug le Doré, dragon imaginé par J. R. R. Tolkien et intervenant dans son roman Le Hobbit. Ce personnage, particulièrement avide, fort et méchant, avait accumulé une fortune impressionnante en chassant les anciens occupants du Mont Solitaire et en s’appropriant leurs richesses pour enfin s’enfermer tout seul dans sa grotte assis dessus.

Voilà l’image des riches que nous propose cet auteur. Il accompagne son discours de statistiques plus ou moins truquées pour dire que l’accumulation de la richesse par les riches a scandaleusement augmenté entre les années 1970 et aujourd’hui, et que la part de leurs dépenses réelles (ou le patrimoine réellement consommé) reste très faible par rapport à d’autres groupes de la population.

L’auteur commence par une image classique du patrimoine global américain distribué de manière affreusement injuste entre les percentiles les plus riches (top 0.01%, 0.1%, 0.5% et 1%) et les « plus pauvres » (bottom 50%, bottom 90%). L’écart entre le patrimoine moyen du haut et du bas, et notamment l’évolution de cet écart au cours du dernier siècle sont tellement impressionnants que l’auteur n’arrive même pas les faire tracer correctement sans devoir étirer le graphique en hauteur et le faire dérouler verticalement tout au long de son (très long) article en colonne de droite.

Ce graphique d’écart entre les patrimoines des riches et des pauvres en forme de montagne (ou de Burj Khalifa, la plus grande tour du monde à Dubaï) nous rappelle celui visionné par plusieurs millions de personnes sur Youtube et produit par l’organisme d’extrême gauche américaine, et que nous avons dénoncé à plusieurs reprises [3].

Pour donner le poids scientifique à sa démonstration, Steve Roth enchaîne avec des calculs issus d’une base très solide, que nous citons régulièrement, qui est le Survey of Consumer Finances. L’auteur se débrouille pour que les chiffres parlent d’eux-mêmes en prenant cette fois-ci le patrimoine moyen par quantile et en le comparant aux dépenses moyennes de ces mêmes quantiles. Il arrive au fait que le ratio de dépenses de consommation et de patrimoine du dernier quantile (top 20%) soit trop faible par rapport au ratio du premier quantile (bottom 20%), soit 5% contre 43%. Les riches dépensent donc trop peu et gardent précieusement leur argent par plaisir de posséder, comme Smaug le Doré.

Mais nous n’allons pas ennuyer notre lecteur avec l’analyse de nombreux « astuces » et trucs qui ont permis à l’auteur d’arriver à une telle conclusion « parfaite », mais ont rendu son raisonnement méthodologiquement faux, tellement ils sont gros et évidents. Il jongle avec des centiles et des définitions, alors qu’un lecteur moyen ne se rend même pas compte que l’on passe discrètement du 0.01% au 20% des plus riches, qui restent toujours les très riches pour lui, et, bien sûr, ne comprend pas l’objectif de cette manœuvre. De même pour les variables, personne ne remarquera que l’on parle de très gros patrimoines dans le texte, alors que les chiffres qui l’accompagnent portent sur les revenus pour arranger l’auteur.

A la fin de l’article en question, nous trouvons un petit couplet de macroéconomie générale, pour dire que la croissance reste ridiculement faible et que le PIB par tête stagne depuis plusieurs décennies [4]. A cause des riches, bien sûr, qui s’enferment avec leurs richesses dans des châteaux du Mont Solitaire et n’ont aucune envie de les partager avec leurs co-citoyens plus pauvres.

Ce qui est particulièrement dangereux dans les publications de ce site Evonomics, ce ne sont pas les articles et les démonstrations pseudo-scientifiques eux-mêmes, qui sont trop faciles à démolir. C’est le fait que de nombreux articles sont signés par des entrepreneurs et des créateurs d’entreprises, qui sont censés représenter la vision particulière de cette catégorie de la population extrêmement importante pour nous, mais en réalité ce ne sont que des articles de propagande de gauche demandant de la redistribution et encore de la redistribution, et la chasse aux riches.

Nous ne pouvons pas vérifier la validité des profils des auteurs d’Evonomics qui signent les articles anti-riches, et d’ailleurs de Steve Roth lui-même, qui se définit comme entrepreneur en série. Mais tout entrepreneur peut témoigner que les riches deviennent riches surtout par des créations d’entreprises, que leurs patrimoines sont composés essentiellement de patrimoines industriels (ce qui explique leur faible ratio de consommation), et que ceci est normal et surtout indispensable pour un bon fonctionnement de l’économie.

Créé fin 2015 par des chercheurs de The Evolution Institute, le site Evonomics publie des articles d’analyse pseudo-économique, qui ne sont en réalité que de la propagande de la gauche, voire de l’extrême-gauche américaine. Le site compte un nombre impressionnant de contributeurs (plus de 160) qui sont pour la plupart chercheurs en sciences, économistes, entrepreneurs, investisseurs, business angels. Leurs articles sont lus par des centaines de milliers de lecteurs par mois, avec des millions de visiteurs uniques par semaine provenant du monde entier. Le site est financé par des dons privés, mais nous n’avons pas trouvé d’informations sur d’autres sources de financement.

Messages

  • Evonomics devient ainsi le 1er contributeur des faiseurs de pauvreté.
    La dialectique des gauchistes est un excellent baromètre de la fausseté d’iceux-là.

    > merci pour cet article, cela m’évitera de perdre mon temps avec ces abrutis cryptomarxistes

  • Merci pour ce très intéressant article. Je reconnais que je n’ai pas l’aisance et la rapidité mentales qui sont les vôtres pour manier aussi bien les chiffres et les calculs statistiques en cette matière et j’apprécie que vous éclairiez les lanternes de ceux qui n’ont pas vos talents.
    Ceux qui critiquent de façon radicale et obsessionnelle l’existence des grandes, très grandes et moins grandes fortunes chez les individus, oublient évidemment, et vous le soulignez fort bien, que dépenser sa fortune pour le seul plaisir de dépenser son argent n’a ni sens ni intérêt pour eux. Et quand bien même le feraient ils, leur fortune fonderait rapidement comme neige au soleil. Mais surtout c’est grâce à la fortune que l’on peut se constituer, par son mérite, son intelligence et son travail évidemment, et non pas par le vol comme les ignares gauchistes feignent de le croire, que l’on devient un homme ou une femme véritablement libre sur terre. Libre de mener la vie que l’on préfère, d’exercer son art, son talent ou son génie quel qu’il soit, de réaliser les projets dont on rêve ou dont on a l’intelligence de comprendre qu’ils conditionneront le progrès scientifique ou matériel de l’humanité et rapporteront des bénéfices pour le plus grand nombre et pas seulement pour les investisseurs. Et cela, sans dépendre d’un employeur plus ou moins aimable ou de l’Etat, ce monstre Léviathan qui écrase tout le monde sauf ceux, véritables parasites sociaux qui le contrôlent et en tirent tous les avantages pour se distinguer du vulgaire.
    Il faudrait souligner qu’au XIXème siècle, simple exemple de l’utilité de la fortune des riches de l’époque, la construction et le développement des chemins de fer qui ont conditionné une grande partie du développement industriel et de la liberté de se déplacer et voyager pour le plus grand nombre, et qui ont nécessité des investissements colossaux et risqués, ont été entièrement financés par les riches individus investisseurs et visionnaires, les Rothschild et autres barons Pereire qui ne restaient pas assis dans leur fauteuils à rêvasser et à s’ennuyer du temps qui passe.

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