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Une femme milliardaire non héritière, Elizabeth Holmes

Par Valérie Pascale,
le mercredi 26 novembre 2014

Elizabeth Holmes, 30 ans, est la plus jeune femme entrepreneur devenue milliardaire, qui a fait cette année sa première apparition dans la liste Forbes. Mais elle ne peut pas se vanter d’avoir des ascendants riches, ou d’avoir profité d’études brillantes. Elle a abandonné Stanford à l’âge de 19 ans pour créer son entreprise, qui est actuellement en train de révolutionner le secteur des analyses médicales, plus précisément celui des analyses de sang.

Si vous avez besoin d’un test sanguin, vous devez vous procurer une ordonnance chez un médecin, ensuite vous rendre dans un laboratoire et patienter quelques moments dans une salle d’attente, ensuite patienter encore quelques jours pour avoir les résultats, et enfin revenir voir votre médecin pour l’interprétation des résultats. Faute de mieux, vous devrez refaire cette procédure, si le médecin vous demande des analyses complémentaires.

Plus de 7 milliards de tests sanguins ont lieu chaque année aux États-Unis. Le secteur est estimé à 76 milliards de dollars, et connaît une forte présence des géants des laboratoires historiques comme Laboratory Corp. Of America ou Quest Diagnostics. Il n’a pratiquement pas changé depuis son émergence dans les années 1960.

Résultat, les tests sanguins restent chers et relativement compliqués à réaliser, ce qui est étonnant pour une procédure si demandée et indispensable au quotidien.

Elizabeth Holmes voulait rendre les analyses de sang plus rapides, moins chères et plus précises.

Pour cela, elle a eu l’idée d’appliquer les nouvelles technologies au secteur des analyses de sang, et de rendre les tests le plus automatisés possible. Cela permet d’abaisser leur coût, de gagner en rapidité, et de diminuer les risques dus à l’erreur humaine lors de l’analyse des échantillons prélevés.

Inventrice, qui a abandonné ses études

Née à Washington, Elizabeth Holmes est issue d’une famille, dont le père était impliqué dans l’assistance humanitaire au sein des agences gouvernementales, comme l’USAID. La famille a ensuite déménagé à Houston au Texas, où le père a pris un travail chez Tenneco, qui nécessitait des déplacements en Chine. Lors de ses séjours dans ce pays, Elizabeth Holmes a eu l’occasion d’apprendre le mandarin à un très jeune âge.

Au collège, elle a créé une petite société, qui vendait un logiciel de compilation pour le langage C++ aux universités chinoises.

Pour arriver à la médecine, Elizabeth Holmes s’est beaucoup inspirée de la biographie de son arrière-arrière-grand-père, immigré danois, qui était chirurgien et inventeur. Elle s’est inscrite à Stanford pour étudier la chimie, et a effectué un stage au Genome Institute à Singapour. À son retour aux États-Unis, elle a déposé son premier brevet pour un appareil médical de suivi et d’ajustement de dosage de médicaments, qui pourrait être intégré dans le téléphone portable.

Après des années de travail, milliardaire

Avec l’aide de son professeur de génie chimique, Elizabeth Holmes créa la société Theranos en 2003. Elle n’a que 19 ans, quand elle décide d’abandonner ses études à Stanford pour pouvoir investir l’argent épargné par ses parents pour ses études, dans sa propre société.

Après dix ans de travail dans le plus grand secret, près de 400 millions de dollars levés auprès des investisseurs extérieurs pour les recherches, et plus d’une centaine de brevets déposés, Theranos pointe enfin son nez. La société compte actuellement plus de 500 employés, et est estimée à 9 milliards de dollars, dont Elizabeth Holmes détient la moitié, soit 4,5 milliards.

L’idée derrière Theranos, qui a transformé sa créatrice en milliardaire, est extrêmement simple. Avec une seule goutte de sang, vous pouvez réaliser plus de 1.000 tests sanguins en seulement quelques heures. Tout cela grâce à l’automatisation des processus de prise de sang et de transmission des données obtenues dans le centre d’analyse, extrêmement informatisé, qui est capable de les traiter dans des délais très réduits, presque immédiats.

Plus besoin de récolter plusieurs tubes de sang. Le prélèvement se fait au doigt, donc plus besoin de ponction veineuse, souvent douloureuse. Une faible quantité de sang, voire une goutte, suffit pour pouvoir effectuer différentes analyses de sang avec l’aide de technologies développées par Theranos, qui assurent par ailleurs une très grande précision. Les résultats sont disponibles en moyenne en quatre heures. Plus besoin de refaire une prise de sang non plus pour les analyses complémentaires, car les données informatisées peuvent être réutilisées en cas de besoin.

Potentiel de croissance

Grâce à l’automatisation des processus de prise de sang, Theranos offre ses analyses à des tarifs très compétitifs. Les prix de tous les tests sanguins sont affichés sur le site de la société, qui opte pour la transparence dans la santé, contrairement aux laboratoires classiques qui affichent rarement leurs tarifs au préalable. Ainsi, les tarifs de Theranos sont au moins la moitié des bases de remboursement de Medicare. Cet écart peut être encore plus important, comme par exemple pour le test de fertilité, pour lequel Theranos prend 35 dollars, contre un tarif qui peut aller jusqu’à 2.000 dollars dans les laboratoires classiques, et ce test est rarement pris en charge par la Sécurité sociale ou par les assureurs.

La baisse des tarifs des tests sanguins peut représenter une économie importante pour la collectivité. Selon les estimations de Theranos, le remboursement des tarifs les moins élevés peut apporter une économie de 61 milliards pour Medicare et de 96 milliards pour Medicaid sur une période de dix ans.

Pour promouvoir ses analyses de sang moins chères et plus accessibles au plus grand nombre, Theranos collabore avec la plus grande chaîne de pharmacie américaine Walgreens et compte installer des espaces de prise de sang, appelés wellness centers, dans tous les points de vente de cette chaîne qui compte actuellement 8.200 pharmacies sur tout le territoire américain.

Messages

  • Cela va amener la fin des labos, a force de ce genre de progrès, l'être humain devient de moins en moins utile pour travailler, les robots remplacent tout ,a force il ne restera qu'une caste de bourgeois de plus en plus riches et d'autres qui crèveront la bouche ouverte, c'est peut être ça l'avenir du genre humain : une poignée d'êtres humains et la fin de la civilisation , plus besoin d'avoir ces esclaves que nous sommes pour polluer la planète .

  • Pour DELSOL : Certes, cette vision, partagée par de nombreux observateurs regardant l'avenir dans leurs rétroviseurs, peut faire peur. Mais une fois cette peur digérée, plusieurs pistes s'ouvrent. Les robots sont fabriqués par des hommes (et aussi des robots, tant mieux !) dont la matière grise est sollicitée, de plus, ayant du temps dégagé, les personnes peuvent mieux se concentrer sur leurs "ressources" pas seulement les ressources pécunières mais les autres, celles qui les motivent, qui les poussent à trouver le créneau, la niche de marché qui à la fois les intéresse et qui peut leur rapporter de quoi manger, se vêtir et s'occuper des leurs... Les robots dans la cuisine ont permis aux ménagères de sortir de leurs fourneaux pour aller travailler, les robots dans l'automobile ont permis de diminuer le travail à la chaîne abrutissant etc.
    La révolte des canuts s'est faite contre les métiers à tisser, l'équivalent de nos robots. Ils ont perdus. La faute n'est pas à attribuer aux robots, aux inventeurs, mais plutôt à l'Etat, payé par nos impôts pour prévoir ce genre de bouleversement. Comment ? En accompagnant, voire en accélérant l'innovation scientifique et technique, mais sans oublier l'innovation sociale, en mettant en place des systèmes permettant aux personnes dépossédées de leur travail d'en trouver d'autres, plus épanouissants, en réactivant leurs "ressources" Belles au Bois Dormant qu'il importe de réveiller. Savoir quoi faire du temps libre n'est pas évident pour les individus formatés pour être des machines (tout en étant moins "fiables" qu'elles !). Des hommes comme Patrick VIVERET ouvrent la voie vers l'avenir en "reconsidérant la richesse"... Et les jeunes suivent...

    A chacun sa responsabilité : aux chercheurs de trouver de meilleures utilisations de ce qui nous est donné ou vendu, aux entrepreneurs d'étudier les marchés pour pouvoir diffuser ces "inventions" au bon moment, aidés par les investisseurs avisés et les financiers, à l'Etat de mettre en place des mesures pour à la fois atténuer les chocs et préparer d'autres avenirs pour ceux qui sont "éjectés" du marché.
    Le maréchal ferrant n'est plus, ni les cochers, ni les porteurs d'eau, ni les allumeurs de reverbères... etc.
    L'intelligence d'Elisabeth HOMES a créé ces robots révolutionnaires. Est-ce vraiment la fin des labos ? Non. C'est la fin de CERTAINS labos, ceux qui n'auront pas anticipé et réfléchi à leurs "Business Models".A ce qu'ils peuvent gagner, et leurs clients aussi, à transformer ces lieux d'analyse (par robots...) en lieu de partage d'informations et de rencontres autour de pathologies ou de traitement. En clubs de santé avec animations et convivialité locale. En trouvant des accords avec les salles de gym et les magasins "bio" etc.

    L'imagination est au pouvoir. Regardons la route et l'horizon, comme des opportunités à saisir, pour tout le monde, plutôt que comme le bord du précipice dans lequel les technologies triomphantes, et non maîtrisées, vont nous faire tomber (à ce sujet voir le clip "Carmen" de Stromae qui fait le buzz...).

    Belle journée ... de Pâques : la résurrection ?

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