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Transition énergétique : la nouvelle erreur

Par Dominique Mercier,
le dimanche 16 novembre 2014

La loi sur la « transition énergétique pour la croissance verte » a été adoptée à l’Assemblée nationale en première lecture et doit être discutée au Sénat. Elle affiche déjà une multiplicité d’objectifs tout autant utopiques et contradictoires qu’antiéconomiques.

Des objectifs irréalistes de consommation d’énergie et d’émission de gaz à effet de serre

Dans une perspective de prévention des changements climatiques qui seraient induits par les émissions de CO2, ainsi que de l’épuisement des combustibles fossiles, des objectifs précis ont été définis dans la loi de transition énergétique. Ainsi, il est prévu pour 2030 de diminuer notre consommation d’énergie finale de 20% et de réduire notre consommation d’énergie fossile de 30%. De même, il est prévu de réduire de 40% nos émissions de gaz à effet de serre pour 2030 et de les avoir divisés par quatre en 2050.

Ces objectifs apparaissent cependant totalement irréalistes, ou en tout cas déconnectés de tout précédent historique. En ce qui concerne la consommation d’énergie, elle dépend de la production de richesse d’un pays et de l’intensité énergétique du PIB, c’est-à-dire de l’énergie nécessaire pour produire. Or, l’intensité énergétique est une variable qui globalement évolue très lentement, ainsi que le montre l’examen des données anciennes et récentes. A moins d’entrer en récession, ce qui n’est sûrement pas l’ambition du gouvernement, la consommation d’énergie a donc très peu de chance de baisser. La production de gaz à effet de serre étant liée à celle de l’énergie, son calcul est pour la même raison faussé dès le départ.

Nucléaire : une décision peu claire, à contre-pied de l’opinion des Français et anti-économique

La loi de transition énergétique prévoit également de ramener la part du nucléaire de 75% à 50% de la production d’électricité à l’horizon 2025. Corroborant le flou artistique qui entoure les prévisions, on constate que ce chiffre est interprété totalement différemment par les diverses parties prenantes. Ainsi le parti des Verts prétend que l’on va réduire le numérateur, tandis qu’EDF affirme que l’on va augmenter le dénominateur.

Outre ces aspects « techniques », il est frappant de constater que cette décision est prise de manière unilatérale sous la pression des écologistes, alors même que les Français sont en majorité favorables au nucléaire. A la question « Le choix du nucléaire pour produire les ¾ de l’électricité en France présente-t-il plutôt des avantages ou plutôt des inconvénients ? », 40% des sondés répondent plutôt des inconvénients et 47% répondent plutôt des avantages.

Cette décision consiste par ailleurs à réduire ou bloquer le développement du troisième secteur industriel français, leader mondial, et au passage important pourvoyeur d’emplois, puisqu’il occupe plus de 200.000 personnes. Il constitue aujourd’hui notre seule filière fortement exportatrice, et l’on peut douter de sa crédibilité à venir s’il opérait dans le même temps son démantèlement progressif sur le territoire domestique.

Enfin, cette décision entraîne de manière inévitable un renchérissement du coût de l’électricité pour les Français, alors que nous étions jusqu’à présent compétitifs dans ce domaine. Les énergies renouvelables destinées à remplacer le nucléaire restent en effet encore chères et aléatoires. En fait, ce renchérissement se produit même déjà en partie, puisque EDF est aujourd’hui obligée d’acheter les énergies solaire et éolienne, et que celles-ci sont prioritaires sur le réseau : EDF doit alors stopper l’arrivage d’énergie nucléaire, bien que son coût marginal soit beaucoup moins élevé. Si l’objectif de production d’énergies renouvelables à 32% de la consommation énergétique [1] est effectivement atteint [2], cela entraînera un surcoût qui sera évidemment refacturé au consommateur.

En fait de « croissance verte », la loi de transition énergétique ressemble donc davantage à une nouvelle mesure contre la compétitivité de notre pays.


[1Consommation énergétique finale.

[2Objectif pour 2030.

Messages

  • La transition énergétique gouvernementale est à la fois irréaliste et mensongère, faite pour plaire aux "Verts". Les coûts des différents systèmes ne prennent pas en compte les mêmes critères (tout est faux).
    De toute façon ces prévisions sont faites pour 2017, date à laquelle la législation aura changé. Mais il faudra alors rapidement réinvestir en nucléaire (EPR et surtout surgénérateur). On ne peut pas changer un système qui marche sans CO 2, et qui reste le moins onéreux, pour des énergies intermittentes et variables.
    Une politique de croissance passe toujours par l’acceptation du progrès scientifique.

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