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Tirer sur nos parlementaires : la fausse piste

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 1er avril 2015

Le vendredi 27 mars, près de Colmar, diner d’une bonne centaine de couverts organisé par Capital-Initiative, René Hans et Associés, et le magazine mensuel alsacien Heb’di avec la participation du talentueux caricaturiste Veese.

Comme présenté en introduction par Lucas Fattori du cabinet Michel Simond, l’Alsace s’inquiète.
En l’an 2000, le taux de chômage en Alsace était pratiquement inexistant alors qu’il dépassait 8% en France.
Déjà vers 2008, l’Alsace commence à rattraper la moyenne française et les entreprises alsaciennes ferment les unes après les autres.

Aujourd’hui, le taux de chômage en Alsace dépasse la moyenne française et le choc est d’autant plus impressionnant qu’il faut peu de kilomètres pour se retrouver de l’autre côté de la frontière, en Allemagne ou Suisse, qui toutes deux frisent le plein emploi. Un Alsacien qui travaille pour une firme allemande gagne plus avec moins de charges que dans une firme équivalente française ; et le coût de la vie dans l’Allemagne voisine est moins élevé, les Alsaciens s’y approvisionnent régulièrement.

Comment a-t-on pu en arriver là alors que les Alsaciens sont travailleurs, alors que les Français sont réputés extrêmement ingénieux ? Un participant, Gino Maucieri, président du groupe MAPE emploie déjà plus d’une centaine d’ingénieurs et de techniciens dans la certification sécurité et conformité environnementale pour la haute technologie comme les laboratoires pharmaceutiques et a su prendre une dimension européenne avec des bureaux dans les principaux pays de l’Union.

Constat général, celui d’une chute économique prévisible, dénoncée régulièrement depuis des années et à laquelle ceux qui nous gouvernent n’ont apporté aucune réponse.

Pour beaucoup des participants à ce diner, cette question était plus qu’une question de rhétorique car ce sont des petits entrepreneurs et ils n’arrivent plus à faire survivre leurs entreprises, à garder leurs salariés du fait de la montée des charges, des contraintes réglementaires quand ce n’est pas le marché et la clientèle qui disparaissent.

Ce sont vers leurs élus qu’ils se sont tournés en les apostrophant parfois violemment, comme si c’étaient des élus qui avaient laissé faire et étaient restés passifs devant cette décomposition.
Des élus avaient eu le courage de venir à cette réunion, notamment Michel Sordi, député-maire de Cernay, Haut-Rhin et Charles Buttner, président du Conseil général du Haut-Rhin.

Deux élus, proches de la base puisque l’un fut un petit entrepreneur local et l’autre professeur de sport puis proviseur.

René Hans, l’un des instigateurs de cette réunion, avait fait l’effort d’organiser une consultation entre les entrepreneurs pour solliciter des mesures propres à relancer la création d’emploi et a proposé un certain nombre de mesures très concrètes comme de demander l’étalement des paiements de rachat de petits commerces actuellement limités à quelques années alors que ceux qui s’y engagent le font le plus souvent pour toute une vie.

Mais le plus remarquable pour un observateur extérieur a été de trouver une assistance absolument déboussolée, qui ne comprend pas ce qui arrive à l’Alsace et en fait à la France, qui se rend compte grâce au contact physique avec la Suisse et l’Allemagne que quelque chose a déraillé mais ne sait pas quoi. Qui de ce fait se retourne vers ceux censés représenter le pouvoir, le gouvernement, les dirigeants de notre pays pour leur demander des comptes.

Mais qui ne réalise pas que les parlementaires n’ont plus guère de pouvoir sauf à la marge, que les textes leur sont imposés sans possibilité de les modifier en profondeur ou de changer notre système, par une administration devenue omnipotente.

Ils ne réalisent pas que notre parlement n’a aucun moyen d’investigation propre ou des moyens dérisoires, que nos parlementaires sont certes trop nombreux mais que chacun a peu d’assistance, et que l’administration les submerge par une abondance de textes aussi complexes les uns que les autres.
Un sénateur américain dispose de plus d’d’une dizaine de collaborateurs spécialisés, un rapporteur de la commission des finances d’un demi administrateur. Les « MP, Members of Parliament » britanniques ont à leur disposition les 700 personnes du National Audit Office britannique, des experts comptables issus du privé et pas des magistrats de la Cour des comptes, issus de l’ENA, pour contrôler leurs camarades de l’Administration, le seul outil d’enquête réellement à la disposition des membres de notre Parlement.

C’est l’Administration et particulièrement Bercy qui mène la France, d’où la constance de la chute depuis 30 ans malgré les alternances politiques.

Mais l’opinion ne réalise pas que sur 95 hauts fonctionnaires de Bercy, deux seulement ont vécu plus d’un an dans une entreprise et généralement pas une PME comme celles qui souffrent, que par contre 45% sortent de l’ENA, généralement directement.

Mais ce sont des gens très intelligents entend-on alors, le fruit de notre meilleurs sélection universitaire. Ne suffit-il pas de les aider, de les convaincre ?

Ces questionneurs ont-ils lu « Promotion Ubu roi » par Olivier Saby. Flammarion Document, qui, malheureusement, n’est ni une caricature ni une charge ?

N’y a-t-il pas à imaginer comme il l’a été suggéré par un élu d’utiliser davantage le référendum ?

Ne pourrait-on reprendre cette suggestion et, par référendum, rendre à nos parlementaires le pouvoir qui leur a été enlevé ? Pour leur permettre de commencer à réformer l’administration ? Pour mettre en place non pas une charge de cavalerie, style Azincourt, comme la RGPP mais un dispositif qui pousse les hauts fonctionnaires à réformer leurs services eux-mêmes en mettant leur gestion sous le regard du public tous les trois ans ?

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