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Stiglitz, errare humanum est, perseverare diabolicum

Par Bernard Zimmern,
le lundi 13 janvier 2014

Il est assez consternant de voir un prix Nobel d’économie, qui devrait savoir, continuer à proférer ce que nous souhaiterions appeler des erreurs mais qui, répétées, s’avèrent être des mensonges après que des études sérieuses aient disqualifié les bases statistiques sur lesquelles Joseph Stiglitz s’est appuyé. Dans un article publié encore récemment dans le quotidien des démocrates, le New York Times, et intitulé « inequality, the Great Divide », Stiglitz débute par cette phrase : “It’s well known by now that income and wealth inequality in most rich countries, especially the United States, have soared in recent decades and, tragically, worsened even more since the Great Recession”.

On sait maintenant, c’est une des tristes gloires de la France, que ce sont deux élèves de Normale Sup, Thomas Piketty et Emmanuel Saez, venus effectuer des stages à l’université de Berkeley en Californie, qui ont établi à partir des données de la direction des impôts américaine, l’IRS, des statistiques montrant que les revenus du 1% le plus riche avaient crû beaucoup plus vite depuis 1980 que ceux de la moyenne et enflammé la campagne des inégalités ; ils en concluaient que les inégalités avaient crû.

Oublié ou ignoré le fait que nos étudiants français avaient pris les revenus primaires, avant impôts, et sans tenir compte des avantages sociaux comme les « food stamps » destinés à aider les plus pauvres.
Oublié ou ignoré le fait que nos Français avaient mis dans le même sac des jeunes qui démarrent dans la vie et des ménages arrivant à la veille de leur retraite et dont les revenus étaient en moyenne forcément plus élevés.

Emploi-2017 a déjà largement exposé tous les trucs qui ont permis à nos égalitaristes de faire croire que le revenu moyen américain avait stagné, la croissance profitant alors seulement aux très riches, permettant à Stiglitz d’affirmer : « Ninety-five percent of all income gains since 2009 have gone to the top 1 percent. » alors qu’une analyse par des économistes sérieux montrait une croissance du revenu moyen de 40 à 60% depuis 1980.

Toute la gauche démocrate s’est précipitée avidement sur ce cadeau français sans se préoccuper de vérifier les chiffres et maintenant, puisqu’une erreur mille fois répétée devient vérité, il est considéré comme un acquis que les inégalités ont crû depuis 30 ans, ne cessent de croître et que c’est cela qui paralyse l’Amérique et a fait disparaître cette grande conquête de la nation américaine : l’égalité des chances, la possibilité de parvenir aux plus hauts niveaux de la société en étant entrepreneur.

Il faut avoir vécu le chapeau bas des douaniers à l’entrée aux USA lorsque dans la case profession, il est déclaré « inventeur », alors qu’en France, cette désignation n’évoquerait que la dérision du concours Lépine. L’inventeur, l’entrepreneur, étaient pour les Américains les symboles de cette égalité des chances qui permet à ceux qui partent de rien de s’enrichir en enrichissant la société.

Il est alors assez incroyable de voir Stiglitz écrire :” The embrace of austerity, from Britain to Germany, is leading to high unemployment, falling wages and increasing inequality”. Probablement, c’est la France qu’il prend comme modèle ; il ne sait pas que ce sont les deux pays qu’il dénonce qui ont la meilleure performance d’emploi alors que la France s’enfonce.
Il continue à ne voir dans les riches américains que ceux qui s’enrichissent par des manipulations financières : « American innovations in rent-seeking — enriching oneself not by making the size of the economic pie bigger but by manipulating the system to seize a larger slice — have gone global » sans se demander qui ils sont ceux dans le monde réel (à 70%, des entrepreneurs partis de rien), et non dans son univers fiction.

Mais ces fictions diffusées par la presse démocrate ne sont pas sans arrière-pensées : le président Obama l’a rappelé récemment, c’est sur la campagne des inégalités qu’il compte pour masquer ses déboires de l’Obamacare et remporter les élections de 2014.

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