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Santé : la Cour des comptes ossifiée dans la pensée unique

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 4 novembre 2015

Voici le communiqué que l’on trouve sur le site de la Cour des comptes.

« La Cour des comptes rend public, le 15 septembre 2015, un rapport sur l’application des lois de financement de la sécurité sociale, établi dans le cadre de sa mission constitutionnelle d’assistance au Parlement et au Gouvernement. Malgré la persistance et l’ampleur des déficits sociaux, qui demeurent une anomalie, leur réduction a été limitée en 2014, comme en 2013. 2015 devrait connaître un ralentissement marqué du rythme de réduction des déficits et l’objectif affiché d’un équilibre des comptes sociaux en 2017 est désormais reporté à un horizon indéfini. La Cour identifie de nouveaux champs possibles de réformes de nature à contribuer au rétablissement de cet équilibre. »

L’ONDAM (objectif national des dépenses d’assurance maladie) s’est élevé à 178,3 milliards d’euros, en croissance de 2,4%. Il représente 75% de la dépense nationale de santé. L’objectif global a été tenu (avec quelques bidouillages de fin d’exercice pour compenser les soins de ville qui ont dérapé à 2,9% de croissance).
Les recettes ont progressé plus rapidement (3%) que la masse salariale grâce surtout à des taxes nouvelles. Le déficit qui devait être réduit à 4,4 milliards d’euros est en fait resté stable à près de 6 milliards d’euros.
De lourdes menaces pèsent sur 2016-2017avec la revalorisation indiciaire de la fonction publique, la négociation d’une nouvelle convention avec les médecins libéraux, le faible nombre de brevets médicamenteux tombant dans le domaine public et l’arrivée de nouveaux traitements onéreux.
La cour estime qu’il faut d’urgence revenir à une croissance des dépenses égale ou inférieure à celle du PIB et que de toute manière l’équilibre ne pourra être atteint, au mieux, qu’en 2021.
Par contre, le retour à l’équilibre n’est plus envisagé par la sécu dans son horizon prévisionnel.

Nous avons mis en gras une phrase clé de ce rapport car, suivant les experts de la Cour, les dépenses de santé ne doivent pas croître plus vite que le PIB.

Où les experts de la Cour ont-ils appris l’économie ?

Il faut en effet que dans l’économie, certains postes de dépenses croissent plus vite que la croissance économique moyenne pour compenser le fait que d’autres postes comme celui de la nourriture augmentent moins vite.
Sinon, faute de besoins satisfaits, l’économie ne crée pas assez d’emplois et c’est le chômage. Il n’est pas besoin d’être très savant pour savoir que le poste de santé est l’un de ceux qui doivent croître le plus vite.

C’est évident à regarder la courbe statistique qui relie PIB et dépenses de santé par tête que nous avons reproduite à la fin de cet article.
La démarche de la Cour nous rappelle celle de Martine Aubry qui, dans les dernières années 1990, fermait les écoles d’infirmières dont nous allions manquer mais créait des emplois jeunes dont l’exemple type était celui que nous avions interviewé dans le métro, embauché dans les emplois jeunes pour devenir guide de métro et qui déclarait être heureux s’il avait pu guider dans la journée sept personnes.
Le concept du contrôle des dépenses de santé découle en fait de la volonté de réaliser l’égalité de tous devant la santé, ce qui débouche sur le résultat inverse : une dégradation du niveau de la santé, situation dont les riches peuvent se sortir, mais dont les victimes sont les plus pauvres.

L’ossification des experts de la Cour par la pensée unique est d’autant plus grave qu’en empêchant ceux qui le peuvent de dépenser sans remboursement, ce sont environ un million d’emplois qui ne sont pas créés en France.
Il faut sortir en France de cette impasse intellectuelle qui est d’atteindre à tout prix l’égalité : notre société donne de multiples exemples de l’impasse à laquelle cette pensée unique nous amène, à commencer par l’éducation.

En égalisant par le bas le baccalauréat, et récemment en voulant supprimer les études de latin ou de langues, ceux qui sont le plus atteints sont ceux qui n’ont pas les ressources pour offrir à leurs enfants un enseignement qui leur assure un avenir.

Peut-être l’opinion finira-t-elle par comprendre que la recherche de l’égalité à tout prix est ce qui permet à des politiciens de conquérir le pouvoir et de le garder.
Mais il n’est pas acceptable qu’une institution qui se devrait d’être au-dessus des partis continue de soutenir des thèses aussi condamnées par les faits.

Le lien entre PIB et dépenses de santé
Et l’apparition de d’inégalités préoccupantes
Colloque Santé /Mars 2015

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