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Saluons le courage de Nicolas Sarkozy,
possible Premier ministre

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 24 septembre 2014

Derrière la performance de Nicolas Sarkozy sur France 2 le 21/9/14, et l’accueil que devrait recevoir sa volonté de tourner le dos aux invectives entre partis, qui tient lieu de débat politique, il faut admirer le courage d’un leader qui a manifestement décidé d’affronter la tâche la plus difficile : être Premier ministre de François Hollande à compter du printemps 2015 et n’avoir que deux ans devant lui pour convaincre les Français des mérites de ses choix sans avoir devant lui le rempart du temps.
Il est clair qu’avec sa stature, les Fillon, les Juppé ou les Copé ne seront pas pour lui des obstacles insurmontables.

Plus difficile sera pour lui de rallier l’électorat du FN et de reconstituer la droite d’avant 1981, systématiquement majoritaire avant qu’un homme de droite, fondateur avec René Pleven de l’UDSR, François Mitterrand, n’invente le FN et n’en fasse le coin sur lequel la droite s’est brisée, comme se brisait le Parti socialiste opposé au Parti communiste avant 1981.

Mais le vide du programme FN, la perte de ses repères, notamment l’antiétatisme, pourtant sa marque de fabrique dans les années 1980, devrait aider Nicolas Sarkozy à réunifier les Français. Même si l’antiétatisme n’est pas non plus sa marque de fabrique ; comme ministre des Finances ou comme président de la République, il s’est en effet appuyé sans compter sur les énarques, sans beaucoup chercher d’alliés dans la société civile non énarchique.

Ce qui est cependant remarquable dans le retour de Nicolas Sarkozy pour diriger l’UMP, le transformer et même l’agrandir, c’est qu’il sait parfaitement le risque de devoir affronter les années 2015 à 2017 comme Premier ministre.

Rien n’est moins sûr que la prédiction en politique, mais il n’est pas besoin de sortir de Polytechnique ou de l’ENA pour prévoir que François Hollande n’aura bientôt plus d’autre alternative que de dissoudre, et que le parti qui viendra en tête de nouvelles élections législatives sera l’UMP, que ce parti sera invité à former le nouveau gouvernement et que son chef sera naturellement conduit à en devenir Premier ministre.

C’est cette période qui sera la plus difficile pour Nicolas Sarkozy. On voit mal qu’il puisse se défausser de cette responsabilité sur un autre, mais il aura seulement deux ans pour remettre le pays sur rails et convaincre les Français de lui confier un nouveau quinquennat.

Qu’il nous soit permis d’alerter le futur (possible) Premier ministre sur des pièges dont sa garde rapprochée ne l’a pas prévenu, car elle ne les connaît même pas.

Le premier piège est celui de l’emploi où cette garde croit encore que l’emploi peut être créé par les entreprises existantes grâce à une panoplie d’aides et d’incitations. Elle ne sait pas que ces mesures ne peuvent que ralentir les pertes d’emplois, mais, nous en avons donné la preuve, les emplois ne peuvent être créés que par des entreprises nouvelles. Elle ne sait pas que derrière les nuages de fumée de l’INSEE, nous créons depuis plus de 10 ans la moitié des emplois créés au Royaume-Uni ou en Allemagne à cause des obstacles créés par Bercy. Elle ne sait pas non plus qu’après 20 années, nous avons accumulé 5 millions d’emplois marchands de retard sur les Britanniques ou les Allemands et qu’il n’y aura pas de recette magique, budgétaire ou fiscale, pour supprimer ce handicap énorme en 2 ans.

Le second piège est qu’il n’y a pas de réduction de la dépense publique par des méthodes « top-down [1] », que la seule solution qui marche est celle adoptée dans tout le Commonwealth, la Chine, etc. et qui est la méthode « bottom-up » [2]. Il faut pousser les hauts fonctionnaires eux-mêmes à trouver les solutions de l’efficience, en les obligeant à rendre régulièrement compte de leur gestion devant l’opinion.

Espérons que Nicolas Sarkozy saura mettre dans la réforme constitutionnelle, déjà annoncée avec la libération du referendum d’initiative populaire, les deux réformes qui verrouilleront la croissance de l’emploi et la réduction de la dépense publique, et devraient rendre impossible le retour en arrière, même s’il n’était pas réélu en 2017.
Mais saluons déjà son courage d’avoir assumé le risque de telles responsabilités et, sans pour autant rejoindre l’UMP, remercions-le pour ce courage.


[1Top down : décidées d’en-haut et imposées comme la RGPP.

[2Bottom-up : l’inverse de top-down, qui viennent de la base

Messages

  • Cher Monsieur Zimmern,
    Votre analyse est intéressante mais je doute que Nicolas Sarkozy souhaite devenir le Premier ministre de François Hollande et que François Hollande se risque à dissoudre l’Assemblée avant terme, sauf si la gauche ne lui laisse aucune autre alternative.
    Pour le reste de votre analyse des causes du mal français, je partage totalement votre point de vue depuis longtemps déjà.

  • Tout cela est bien beau, mais arriver au pouvoir pour faire quoi ? L’absence de convictions de Sarkozy et la gravité de la situation rendent cette question angoissante car les effets d’annonce de Sarko, on en a soupé... Les dépenses peuvent être réduites de 50 milliards (PAR AN !!!) comme l’a montré Contribuables Associés, mais pour cela il faut la volonté. Et il faut stopper la pompe à immigration qui nous détruit à petit feu. Deux challenges que Sarko ne voudra ni n’osera ni ne pourra affronter. Ni personne d’autre d’ailleurs.

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