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Réforme des allocations chômage : Bercy incapable de créer des emplois

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 8 octobre 2014

Derrière la dernière réforme envisagée par le gouvernement Valls se dresse le spectre de Bercy toujours incapable de faire la seule chose dont la France ait besoin : créer des emplois.
Depuis 30 ans, les penseurs de Bercy qui conseillent le gouvernement pour réduire le chômage n’ont connu qu’une seule solution ou presque : rendre les chômeurs plus employables mais sans jamais mettre en place de mesures pour créer des emplois, ces emplois sans lesquels les meilleures mesures pour reclasser nos chômeurs sont littéralement des coups d’épée dans l’eau.

Certes, les allocations chômage peuvent être l’objet de beaucoup de critiques : niveau d’indemnisation trop élevé, durée également, dispersions des régimes. Mais dans les pays comme le Royaume-Uni où ces indemnités sont plus mesurées, ou au Danemark qui a fait sa réforme il y a une dizaine d’années, il y a aussi un service de l’emploi un peu plus efficient que Pôle Emploi ; nous craignons que le reportage « 183 jours dans la barbarie ordinaire » (Marion Bergeron) reste encore vrai et nous doutons que les tares, lorsque ce service s’appelait ANPE, aient disparu. Le rapport de la Cour des comptes sur les services privés d’aide au placement des chômeurs, où l’on découvre que le pourcentage du budget qui leur est affecté est inférieur à 5% du budget de Pôle Emploi, ne laisse rien augurer de bon lorsqu’on sait combien le secteur privé est plus efficace lorsqu’on le laisse opérer.

Depuis 30 ans, nous avons connu la formation des chômeurs avec des programmes aussi importants que dispendieux et de peu d’efficacité comme l’AFPA, puis des programmes pour les réinsérer, aider leur entrée dans les entreprises pour les jeunes avec les Missions Locales, TRACE, PAIO, les emplois-jeunes ; pour les plus âgés, le RMI puis, devant son échec, les primes de retour à l’emploi, puis devant la faillite des PRE, le RSA dont l’échec s’avère maintenant patent et dont même Nicolas Sarkozy avoue que, d’accord avec son concepteur, Martin Hirsch, il faut le revoir.

Entre temps, nous avons eu d’autres tentatives toutes aussi infructueuses et coûteuses en essayant de faire créer des entreprises par les chômeurs mais avec une très courte vue, celle de réemployer des chômeurs, de créer des petits boulots, pas de créer des entreprises de dimension internationale ou même nationale.

La France a même été la championne du monde de l’enquête mondiale menée par le GEM, le Global Entrepreneurship Monitor, menée sur une quarantaine de pays, en ayant le plus grand pourcentage d’ « entreprises créées par nécessité », suivant la définition de cet organisme, des entreprises dont l’objet est seulement d’employer son initiateur et sa famille par opposition aux « entreprises créées par opportunité » où l’entreprise se construit autour d’un projet de produit ou de service nouveau où la France était lamentablement dans les derniers.

Le résultat est que la France est un pays d’Europe dont la part du PIB consacrée à la lutte contre le chômage est la plus élevée tout en étant parmi les pays où le chômage atteint des sommets.

Ce n’est pas la réforme de l’allocation chômage qu’il faut entreprendre, c’est d’abord la réforme de Bercy qui dirige de fait la politique gouvernementale mais est incapable de comprendre ce qu’il faut faire, car presque personne à Bercy ne connaît l’entreprise et la formation énarchique qui prévaut les rend incapables d’imaginer ou même de copier les réformes qui ont réussi ailleurs.

C’est d’ailleurs l’objet du livre que l’IRDEME doit publier prochainement : « Changer Bercy pour changer la France »

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