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Peter Thiel, le risque de gagner et de perdre

Par Valérie Pascale,
le mercredi 17 septembre 2014

L’histoire du succès de Peter Thiel commence en 2002, quand il rencontre pour un café son ami Elon Musk et décide que PayPal, entreprise de paiement en ligne qu’ils ont fondée ensemble, doit s’introduire en Bourse. Peu de temps après, PayPal est vendu à eBay pour 1,5 milliard de dollars, et la part de Thiel vaut près de 55 millions.

En 2004, Thiel prête un demi-million de dollars à un étudiant de Harvard, Mark Zuckerberg, ce qui en fait le premier financement extérieur de Facebook. Plus tard, Thiel obtient en échange 7% du capital de l’entreprise et un siège au conseil d’administration. Au moment de l’entrée de Facebook en Bourse en 2012, sa part valait plus de 1,5 milliard de dollars.

La même année, Thiel cofonde une société, Palantir Technologies, un éditeur de logiciel destiné aux organismes gouvernementaux pour traquer les terroristes, les fraudeurs et autres criminels, grâce à l’analyse et la détection de régularités imperceptibles dans les gros volumes de données, en y investissant 30 millions de dollars. Palantir est estimée aujourd’hui à 9 milliards de dollars, et Thiel en est président du conseil d’administration.

Le futur entrepreneur est né à Francfort en Allemagne en 1967, dans une famille de classe moyenne, qui part un an plus tard à Cleveland aux États-Unis. La famille déménage ensuite fréquemment en raison du travail du père, qui est ingénieur, notamment en Namibie et en Afrique du Sud. Peter change sept fois d’école primaire, avant que la famille ne s’installe définitivement à Foster City dans la baie de San Francisco au moment où il entre au collège. Il est diplômé de Stanford et de la Stanford Law School, et commence à travailler dans un cabinet d’avocats, puis dans une banque d’investissement.

En été 1998, Max Levchin, 23 ans, développeur informatique d’origine ukrainienne, qui vient juste d’arriver dans la Baie, entend Thiel faire un discours à Stanford sur le marché des changes. Le lendemain, ils se rencontrent à Palo Alto et ont l’idée de créer ce qui est devenu plus tard PayPal, un système de paiement électronique conçu pour rendre le commerce en ligne facile, cohérent et sécurisé.

En 2002, après la vente de PayPal à eBay, Thiel se concentre sur l’investissement. Il crée un hedge fund, Clarium Capital Management, avec une mise de 10 millions de dollars, le plus gros provenant de ses propres fonds. Clarium connaît un grand succès. Thiel et ses collègues sont connus comme investisseurs à contre-courant, ils achètent des obligations du gouvernement japonais alors que tout le monde les vend, ils observent la bulle immobilière grossir, etc. Au début de 2008, Clarium compte plus de 7 milliards de dollars d’actifs.

Mais avec la crise, la stratégie de contre-courant ne fonctionne plus, et Clarium connaît des pertes importantes tout au long de l’année 2009. En 2010, Thiel ferme le bureau de New York et revient à San Francisco. Clarium ne vaut plus que 350 millions de dollars, dont les deux tiers lui appartiennent.

Thiel, qui a vu sa fortune chuter, se rend compte de sa volatilité et développe une théorie de ralentissement technologique et du besoin d’une nouvelle révolution (pas étonnant puisqu’il a été diplômé en philosophie de Stanford). Il finance de nombreux projets audacieux, souvent basés sur des idées utopiques, sans trop tenir compte de leur rendement financier. Au travers du Founders Fund, le fond de capital-risque qu’il a créé en 2005 avec quelques anciens amis de PayPal, il investit dans la nanotechnologie, l’exploration de l’espace et la robotique. Étant convaincu que les ordinateurs, avec plus de matière grise que les êtres humains, peuvent révolutionner la vie plus que toute autre technologie, Thiel devient le plus grand donateur de la Singularity Institute, un think-tank pour la singularité technologique fondé en 2000 par un de ses amis. Il donne également 3,5 millions de dollars à la Methuselah Foundation, qui vise au ralentissement radical du vieillissement humain. Enfin, il finance le Seasteading Institute, fondé en 2008 par Patri Friedman, ancien ingénieur de Google et petit-fils de Milton Friedman, qui promeut la construction et l’implantation de villes flottantes dans les eaux internationales au-delà des lois et des règlements des États existants. Thiel devient passionné de l’idée et donne 1,25 million de dollars pour son élaboration.

Par ailleurs, Thiel intervient régulièrement en tant que Business Angel dans de nombreuses start-up, dont les plus connues sont Slide, LinkedIn, Yelp, Quora.

Peter Thiel vient de publier un livre intitulé « Zero to One » sur les start-up et les entrepreneurs qui les créent. Nous reviendrons sur ce livre dans nos prochains articles.

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