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Nouvelles non officielles du gaz de schiste américain

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 10 février 2016

Un ami qui connaît bien le gaz de schiste pour avoir inventé une solution de refroidissement de l’électronique de contrôle des forages, m’a enfin expliqué comment on arrivait à faire un forage horizontal à partir d’un forage au départ vertical.

La première chose que j’avais découverte, grâce aux exposés de spécialistes du forage amenés par un membre du groupe Impactent, était que le tube de forage ne tourne plus pour entraîner la tête de forage mais est fixe et que seule tourne la tête de forage située au bout du train de tige.

Mais ce qu’il m’a appris, c’est que cette tête de forage comprend en fait trois fraises de forage entraînées simultanément par la pression des boues qui font tourner trois moteurs hydrauliques.

Pour dévier la direction de la tête de forage, il suffit de freiner ou de ralentir l’un des moteurs car la fraise entraînée par ce moteur ne creuse plus alors que les deux autres continuent.

Les Américains auraient découvert ce truc lorsque l’un des trois moteurs sur une fraise était tombé en panne.

Pour freiner ou bloquer l’alimentation en boue de chaque moteur, on utilise des valves elles-mêmes commandées électroniquement à partir d’une commande électronique située dans la portion de tige portant la tête de fraisage.

D’où vient le courant électrique nécessaire pour l’électronique et l’ouverture des valves ? D’une micro-turbine propulsée par les boues.

Mais deux autres problèmes sont à résoudre pour les techniciens qui dirigent le fraisage en surface : le premier est de suivre la tête de fraisage pour la diriger tant en direction azimutale (nord, est, sud ou ouest) qu’en orientation verticale, le second est de communiquer avec la tête de fraisage. La réponse au premier problème est apportée par l’orientation de la fraise par rapport au champ magnétique, et par la direction de la pesanteur pour le second.

La communication, elle, est assurée par un code d’ondes de pression envoyées depuis la tête de fraisage ou reçues par elle. Ce code est lent car les ondes de pression portées par la boue s’affaiblissent avec la distance et il ne faut pas oublier que vers la fin de forage, la distance à parcourir s’exprime en kilomètres.

Comme on le voit, la technique des forages horizontaux est loin d’être une technologie simple et je crois bien n’avoir fait que survoler l’un des aspects du forage, d’autres aspects au moins aussi complexes ayant été esquissés lors des excellents exposés qui nous avaient été proposés puisqu’il s’agit non seulement de faire un trou mais de percer le tube de forage à la perpendiculaire avec des explosifs puis des injections d’eau sous pression pour fissurer la roche et libérer gaz et huile.

Mais le plus intéressant fut la réponse à ma dernière question : la chute des cours a rendu les forages de moins en moins rentables, d’autant que les hydrocarbures libérés quand on s’attaque à la roche-mère voient leur débit chuter très vite. Alors, ne peut-on craindre une disparition de toutes ces petites entreprises associées au forage et à l’exploitation du gaz de schiste [1] ?

Réponse : elles ont pour la plupart anticipé cette crise et leur solution est de mieux exploiter les forages existants, de développer les techniques qui permettent de tirer encore davantage des trous déjà forés dans la roche mère.

Rendez-vous dans un ou deux ans pour savoir si le génie de la petite entreprise qui s’exprime dans le gaz de schiste aura su tenir tête à la puissance des multinationales qui exploitent les puits traditionnels [2] notamment ceux du Moyen-Orient.


[1dont on rappelle que sous ce nom se cache simplement la récupération des hydrocarbures qui sont nés dans la couche mère, hydrocarbures qui ont souvent migré par densité au-dessus de la couche et s’accumulent sous des dômes d’argile pour donner les puits de pétrole ou de gaz exploités par les grandes compagnies pétrolières.

[2Rappelons que le succès du gaz de schiste américain serait dû à la coopération d’une foule de petits entreprises, chacune spécialisée dans son domaine pour parvenir à faire des forages très nombreux et cependant peu coûteux, à des prix inaccessibles aux grandes sociétés pétrolières. Ce serait le coût de ces forages par de grandes sociétés qui auraient abouti à l’arrêt de l’exploration de gaz de schiste en Pologne avant que le nombre de forages ait été suffisant pour porter un jugement.

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