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Mur de Berlin : la menace russe et Reagan oubliés par la presse française

Par Bernard Zimmern,
le lundi 10 novembre 2014

Pour ceux qui ont vécu la chute du mur de Berlin, il est frappant de voir le rôle du président Reagan complétement ignoré, ou même nié, par un journal comme Le Monde.

On rappelle que le 12 juin 1987, à la porte de Brandebourg, devant plusieurs dizaines de milliers de Berlinois, Ronald Reagan tint un discours fameux où, après avoir rappelé que la politique de l’Amérique n’était pas dirigée contre un pays ou une doctrine, mais contre la faim, la désespérance et le chaos, que le rêve américain de prospérité s’était réalisé au Japon, en Italie, en France, en Allemagne de l’Ouest, et que ce rêve était le fruit de la liberté, qu’au contraire, dans l’empire communiste nous ne voyions qu’échec, retard technologique, même l’impossibilité pour la Russie de se nourrir elle-même, mais qu’il s’est levé un espoir [avec Gorbatchev]. Il prononça ces mots fameux :

« Monsieur le secrétaire général Gorbatchev, si vous voulez la paix, si vous cherchez la prospérité pour l’Union Soviétique et l’Europe de l’Est, si vous voulez la libéralisation : venez ici, à cette porte ! Mr. Gorbatchev, ouvrez cette grille ! Mr. Gorbatchev, démolissez ce mur ! »

C’est deux ans plus tard, il y a 25 ans que le Mur tombait enfin et que des dizaines de milliers d’Allemands de l’Est avaient le courage de franchir les grilles.

Il est assez consternant de voir la presse française célébrer cet anniversaire en oubliant complétement celui qui en fut le grand architecte.
Ou pire, le journal Le Monde qui, dans son blog, Big Browser, nie le rôle de Reagan avec des arguments dont la futilité ne le cède qu’à l’ignorance historique.

Le Mur est en effet tombé, non parce que ces paroles ont été prononcées, mais parce que celui auquel elles s’adressaient, Mikhaïl Gorbatchev les a reçues 5 sur 5.

Tous les leaders de l’URSS avaient noyé les tentatives de libération des pays de l’Est avant lui, sous la force des armes et un bain de sang : la Hongrie en 1956, la Tchécoslovaquie en 1968.
Gorbatchev, lui, n’a pas réagi, n’a pas envoyé les blindés.

Pourquoi ?

Parce que par les faits et par les rencontres avec Ronald Reagan à Genève en 1985, à Reykjavik en 1986, Gorbatchev avait été convaincu que la Russie n’aurait pas le dernier mot.

Les faits ? En réarmant puissamment l’Amérique, en lançant en 1983 la Strategic Defense Initiative (SDI), la guerre des étoiles, où il menaçait de détruire tout engin balistique envoyé par les Russes par des tirs laser ou balistiques en provenance de satellites, il avait convaincu Gorbatchev de la supériorité technologique américaine s’appuyant sur une économie beaucoup plus forte. Techniquement, SDI était une utopie mais elle a convaincu Gorbatchev que c’était une course à la suprématie technologique perdue d’avance.

D’autant que, nous l’avons oublié, malgré les multiples résistances occidentales et la 5ème colonne soviétique, l’installation en Europe de l’Ouest de fusées Pershing et de missiles de croisières avait considérablement réduit, sinon supprimé, la menace russe des missiles SS-20, ces missiles nucléaires de moyenne portée contre lesquels l’Europe de l’Ouest n’avait aucune défense jusqu’à l’arrivée des Pershing II. Jusqu’au sommet de Washington de décembre 1987 où Russes et Américains se mirent d’accord pour tout supprimer.

Quand on voit le développement extraordinaire des armements russes dans tous les domaines, depuis les torpilles à grande vitesse jusqu’aux S-500 qui seraient capables de neutraliser tout dispositif américain de missiles et anti-missiles, il serait peut-être temps que, non seulement Le Monde réapprenne l’histoire, mais que les medias français s’inquiètent de l’érosion de la conquête qu’avait réussie le président Reagan : le retour à une paix mondiale par l’éradication de la terreur.

Ps. Pour ceux dont l’anti-américanisme oblitère la vue, rappelons que le président Reagan, conscient de la supériorité qu’aurait donnée le SDI aux États-Unis et de la menace qu’il représentait pour les Russes, avait offert d’en partager les résultats avec eux.

Messages

  • Merci Bernard pour nous remettre ces faits en mémoire et redonner à César ce qui lui appartient . J’aimerais aussi souligner le role du pape Jean-Paul II et son "n’ayez pas peur". Lui aussi a permis aux peuples de se libérer du communisme .

  • Merci pour votre commentaire. Bien que lecteur du Monde, je ne me suis pas posé la question de l’absence de rappel historique des causes de la destrucion du mur de Berlin. Il y a des amnésies dont on se demande si elles sont ou non volontaires. Votre mise au point mériterait au moins une lettre dans le courrier des lecteurs du Monde.
    Par expérience et habitude, je n’’attends pas du Monde qu’il dise la Vérité sur tous les sujets qu’il publie. C’est un quotidien sélectifs dans ses choix de sujets de publication et il serait très dangereux de croire que, lorsque l’on a lu le Monde, on sait tout ce qu’il faut savoir sur tous les sujets importants. C’est évidemment faux. Je lis toujours le monde avec une certaine réserve et distance. Toutefois, il y a une chose que j’apprécie dans ce journal et ne suis certainement pas le seul à cet égard parmi ses lecteurs : quels que soient les articles et sujets traités, même ceux je trouve énervants ou destinés à un public dans lequel je ne me reconnais pas ou ceux ésotériques que je trouve sans intérêt en ce qui me concerne, je reconnais, et regrette qu’il n’en soit pas de même dans nombre d’autres publications, que les sujets et articles qu’il publie sont toujours très bien écrits et documentés et pour ces seuls raisons peuvent servir de référence sur les sujets traités. Même si bien souvent, il n’épuisent pas la matière traitée ou l’envisagent sous un angle qui me paraît partial et incomplet.
    Merci à vous encore pour apporter l’éclairage que l’on ne trouve donc pas nécessairement dans le Monde.

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