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Macron, un hôpital pour éclopés politiques

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 1er mars 2017

Macron ne cesse de récupérer des supports de personnalités plus ou moins connues qui tentent de revenir à la vie politique, en montant sur un radeau qui ressemble fort à celui de la Méduse. Sa plus célèbre recrue a jusqu’alors été l’ineffable Bayrou mais on peut rappeler bien d’autres rescapés de naufrages antérieurs, comme Bernard Kouchner, Renauld Dutreil, Jean-Paul Delevoye et peut-être Jean-Louis Borloo, si leur rapprochement se concrétise.

Quels liens entre tous ces noms sinon d’avoir été des girouettes sautant d’un parti ou d’une sinécure à une autre pour se conserver. Comme le rappelait Edgar Faure, ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent.

Mais fait-on une politique, et pouvons-nous redresser un pays avec des girouettes ?

Il y a fort à parier qu’Emmanuel Macron rassemble des noms, mais écarte les électeurs qui ne comprennent plus une campagne qui ressemble fort à une pêche à l’épuisette : croyant ramasser les crevettes, il n’est pas sûr que notre Inspecteur des finances ne se retrouvera pas avec des cailloux.

Il est en effet probable que les électeurs, et particulièrement les jeunes, ne se reconnaitront pas dans des personnages comme Jean-Paul Delevoye qui a traîné dans tous les offices prestigieux, mais d’une efficacité douteuse, à l’image du Conseil Économique et Social dont il a été le président.

Renauld Dutreil a certes avec Macron la caractéristique d’être sorti dans les grands corps de l’ENA et d’avoir écrit, comme « Révolution » de Macron, « La République des âmes mortes » (Éditions du Cherche-Midi, 2001) un ouvrage qui berce sur 200 pages, et dont on se demande à la fin ce qu’il a bien voulu dire.

Deux remarquables produits de l’ex-école de la Rue des Saints-Pères [1].

Dutreil a cependant sur Macron l’avantage d’avoir déjà démontré sa capacité d’offuscation en obtenant, comme demandé par Chirac, 200.000 entreprises créées de plus par an (tout en voyant le chômage augmenter), d’avoir tenté du privé avec LVMH (New-York) dont on retrouve les doigts un peu partout dans la campagne Macron, sans semble-t-il y réussir et être revenu en France comme « entrepreneur ».

Toute la collection des éclopés sert-elle à Macron, même s’il réussissait à capturer Jean-Louis Borloo, sorti de la vie politique pour des raisons de santé, un grand communiquant, copain de Bernard Tapie, lui-même un génie de la communication, qui a commencé en vendant des télévisions en porte-à-porte ?

Pour mémoire, Jean-Louis Borloo a été le ministre qui nous a vendu l’« aide à la personne » comme la solution miracle à la création d’emplois mais dont la Cour des comptes a pu dire que c’était l’une des mesures les moins efficaces et les plus coûteuses.

Pour l’instant, Borloo a reporté le dîner avec Macron, pourtant annoncé à grand fracas dans la presse, à une date ultérieure, semble-t-il effrayé de se retrouver sur le même radeau que François Bayrou.

Emmanuel Macron finira-t-il par croire en ses propres propos, à savoir que la campagne présidentielle doit se décider sur un programme et non sur un enchaînement d’événements médiatiques ?


[1Où était l’ENA avant de déménager à Strasbourg.

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