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Macron révolutionne l’univers des politiciens

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 18 février 2015

Il est intéressant de voir un non politicien en train de révolutionner le monde de la politique.
La loi Macron peut être considérée par des Français lucides comme insuffisante, parce que beaucoup de ses réformes ne sont que demi-mesures. A l’inverse, ses défenseurs soulignent l’étendue de cette loi qui couvre plus de 200 articles dont l’extension des ouvertures dominicales n’est qu’une très petite face émergée.

Mais à voir les réactions de l’opposition, hors quelques députés lucides comme Hervé Mariton ou Jean-Christophe Fromantin, cette loi est un révélateur du retard pris par le monde des politiciens sur l’opinion publique et sur les besoins d’évolution du pays.

Elle met en pleine lumière la formation des politiciens français, une école de postures et non pas celle des dossiers et des faits, sans préjugés.

Un politicien doit continuer à servir la même soupe tiède à un électorat à qui il l’a vendue lors de son élection et dont il imagine mal que la recette doive évoluer.

Mais cette indigence est elle-même la résultante de la médiocrité de leur sélection.

On pouvait espérer que les primaires permettraient un renouvellement des cadres d’un parti comme l’UMP. Il semble malheureusement que le carriérisme au sein des factions ait rendu impossible l’arrivée au sommet de nouvelles personnalités. Ce sont les mêmes que l’on retrouve pendant des années dans les directions, malgré leurs échecs ou leurs trahisons.

L’une des très grandes difficultés du redressement de la France est de trouver comment attirer vers la vie publique les meilleurs des jeunes.

Pour l’instant, le seul escalier confortable vers les sommets de la politique s’avère être celui des grands corps de l’ENA.
C’était le cas pour Jacques Chirac ou pour François Hollande, tous deux sortis à la Cour des comptes.
C’est le cas pour Emmanuel Macron, sorti à l’inspection des Finances.

La seule différence nous paraît être qu’Emmanuel Macron n’a pas fait ses classes dans les préaux d’école. Il est arrivé directement à un poste ministériel, et pas pour le remercier d’une longue carrière au service d’un parti.

Et il fait des réformes. Horresco referens !

L’autre trait qui nous semble caractériser cette crise, c’est d’avoir illustré la complexité des textes dans lesquels nous sommes enfermés. Plus de deux cents articles pour cette loi. Elle rappelle qu’aborder n’importe quel domaine législatif demande maintenant des connaissances approfondies de juristes, très loin de l’image de parlementaires, proches des besoins du peuple.
Nous nous demandons comment ces parlementaires peuvent savoir ce qu’ils votent. De plusieurs années passées à les côtoyer, nous connaissons malheureusement la réponse : à part quelques spécialistes, ils ne le savent généralement pas.

On peut être contre la loi Macron pour ne pas avoir été assez loin, il faut lui reconnaître le mérite d’avoir secoué le monde des politiciens et de faire entrevoir aux Français le dédale juridique dans lequel nous ont enfermé des dizaines d’années d’incurie parlementaire.

La France étouffait ; elle n’est peut-être pas sortie de l’hôpital mais elle respire mieux.

Messages

  • Il manque un premier article dans la loi présentée par Macron : celui par lequel les hauts fonctionnaires des grands corps de l'Etat (Inspection des finances, Mines & Télécom, Cour des comptes, Ponts & Génie rural, etc.) abandonnent leur privilège d'un statut à vie acquis après quelques années d'études à 18-25 ans.
    Ces messieurs ne peuvent pas demander la flexi-sécurité aux notaires, cheminots, pharmaciens, électriciens, taxis, et autres catégories socio professionnelles s'ils ne donnent pas l'exemple eux-mêmes.
    La France ne peut pas se réformer si on ne balaie pas la marche du haut !

  • Sommes nous encore en démocratie ? La très grande majorité de nos députes viennent de la fonction publique , principalement de l'éducation nationale. S'ils ne sont pas réélus, ils retournent au bercail ou on leur garde une place au chaud..
    La haute fonction publique est trustee par les énarques , qui rappelons le, ne font pas de stage en entreprise et dont la formation économique est pour le moins faible. Ils trustent les cabinets ministériels et sont les principaux rédacteurs de nos lois. Si l'on se rappelle les sommes perdues par les entreprises dirigées par les énarques, il est facile de comprendre pourquoi notre pays est si bien gèré....

    À part quelques avocats et vétérinaires, tous nos députes sortent du même moule, ils ne représentent donc qu'une très faible partie de la population....énarques, éducation nationale, science pô, décident de tout, se partagent les postes, décident de leur rémunération, qui est souvent plus élevées que celle du prive...( avec les cumuls de mandats, un député maire d'une petite ville sera mieux payé que tous les chefs d'entreprises de sa circonscription...) si par malheur ils ne sont pas réélus, ils retrouvent leur corps d'origine , ancienneté comprise, et obtiennent facilement des missions ou des postes qui leur permettent de maintenir un train de vie de sénateur....

    Une petite partie de la population qui décide et contrôle tout dans un pays, et dont les décisions sont la plupart dictées par leur intérêt propre ....ce n'est plus une démocratie, c'est une oligarchie...

    Probablement moins de vingt députes sur 593 savent lire un bilan de PME...ils sont donc incompétents pour décider quels les sont les mesures économiques à prendre pour améliorer la situation, ce n'est donc bien sur pas sur de tels critères qu'ils décident de voter pour ou contre , mais bien par calcul personnel politicien, ce qui est effectivement le domaine pour lequel ils ont été formés et dans lequel ils sont les plus compétents.

    Il faut donc commencer par revoir à la base le mode d'élection de nos députes , la composition des cabinets ministériels, la formation de l'ÉNA.... Pour avoir une chance de s'en sortir.....

    Pauvre France...

  • Un pauvre assistant parlementaire travaillant trop ne peut palier les défauts de compétences "métiers" d'un politicien de terrain.
    Divisons le nombre d'élus par 2 et multiplions le nombre de leurs assistants par 4 !
    Il est affligeant qu'un ministre éprouve de besoin de réaffirmer l'importance de la maintenance ferroviaire. Quel gestionnaire compétent a besoin qu'on le rappelle à l'ordre sur un tel point ?
    N'importe quel ingénieur sait que si vous retardez la maintenance parce les subventions ne sont pas mobilisées ou que les fournisseurs ne livrent plus parce qu'on ne les a pas payés,
    > les coûts explosent,
    > la ponctualité devient misérable,
    > la mauvaise productivité du rail éclabousse la productivité de ses clients ...

    Il faudrait aussi que, comme les membres du comité central du parti communiste chinois, notre personnel public passe 5 ans dans l'industrie privée avant d'engager une carrière publique.
    Nos enseignants devraient aussi apprendre à connaître notre industrie ...
    La force de l'Allemagne est le grand respect que le pays accorde à ses ingénieurs !

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