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Macron - Le Pen : bonnet blanc et blanc bonnet

Par Hervé Gourio,
le mercredi 12 avril 2017

Bonnet blanc et blanc bonnet. C’est un des bons mots historiques dans l’histoire de l’élection présidentielle. Jacques Duclos, candidat présenté par le parti communiste avait ainsi assimilé les rivaux du second tour de 1969 : Georges Pompidou, acteur clé de la Vème République aux côtés du général de Gaulle et Alain Poher président du Sénat, seule institution politique qui entravait un peu les gouvernements d’alors. Ils étaient quand même bien différents. Et la phrase de Duclos remplit son rôle utile (à l’Union Soviétique ?) en dissuadant les électeurs communistes du premier tour (22% alors...) de faire élire Poher. Que se passe-t-il aujourd’hui ?

Ce serait assurément excessif de l’appliquer dans l’éventualité d’un second tour opposant Marine Le Pen et Emmanuel Macron. Ils semblent tous deux diamétralement opposés. La nationaliste contre le mondialiste. Le candidat aimé des élites contre la populiste défendant les laissés-pour-compte. Favorable aux descendants d’immigrés contre gardienne des frontières. Protectionniste contre libre-échangiste. On pourrait continuer la liste.

Pourtant il faut partager le regard de Duclos sur ce qui le distinguait, lui, des finalistes en mettant l’accent sur leurs similitudes, finalement bien comprise par ses électeurs.
Macron et Le Pen l’emportent nettement sur des territoires et dans des catégories sociales bien différents et dont ils vont être sans équivoque les mandataires. Les nantis (de diplômes plus que de patrimoines hérités) habitant à l’intérieur du périphérique parisien ou dans les grandes villes métropoles d’un côté. Les victimes de la mondialisation éparpillées dans les villes petites et moyennes de la "France périphérique". Dans les deux cas c’est un camp social et une vision politique qui l’emporterait. Avec quelles conséquences économiques ?

Fillon, lui, mise tout sur un objectif économique qui englobe tous ces territoires et doit bénéficier indistinctement aux entreprises, aux salariés et à ceux qui ne croient plus trop pouvoir le redevenir. Avec un objectif audacieux : sortir notre pays du chômage de masse.

Pour cela, il ne s’agit plus de reproduire les élites sur le modèle traditionnel si cher aux électeurs de gauche, à savoir « travaille bien à l’école et si tu as des bons diplômes on te donnera une situation dans l’administration ». La promesse faite aux moins bons élèves par Marine Le Pen est quasiment identique à cette dernière : pas question de réduire les dépenses publiques. On s’assurera seulement que les petits entrepreneurs (chez elle), les grands (chez lui) voteront bien (ou feront bien voter) à l’avenir.

Nous savons bien, nous, que la création d’emplois nouveaux résultera, ici comme partout ailleurs dans le monde, de la création d’entreprises nouvelles. Pour cela elles n’ont pas besoin du paternalisme promis par Le Pen et Macron. Juste qu’on ne leur rende pas la vie impossible et qu’elles soient assez richement dotées en fonds propres pour traverser les cahots initiaux. Le salut viendra de la liberté accordée aux entrepreneurs.

Tous deux se sont entourés de suiveurs qui promettent d’être bien dociles derrière leur gourou.
Et de faire la démonstration de leur talent appris à l’ENA pour règlementer de la pire manière comme on l’a fait ces trente dernières années : non pas pour garantir l’efficacité des marchés mais pour dicter des comportements conformes aux intérêts de l’État et de ses fonctionnaires.

Pour nous, il faut éviter de tomber dans ce piège tendu par ces deux animaux politiques. Il faut sortir radicalement de cette hégémonie plus ou moins déguisée du pouvoir politique monarchique et parler de liberté, ce mot oublié de la devise républicaine. Il faut éviter de devoir choisir le moment venu entre deux mauvaises solutions.
Bonnet blanc et blanc bonnet peut-être pas ! Mais bien maléfiques tous deux.

Messages

  • Je vous résume. Philippot énarque homme à tout faire des Le Pen, "moins bon élève" , mord les chevilles de Macron, énarque inspecteur des finances coopté par Attali, Jouillet. Clients : les laissé pour compte des territoires périphériques pour le premier, les upward mobile des centre-ville pour l’autre. Les pme contre les financiers et les agents capables de s’externaliser (comme les revenus de Macron) . Tous seront cocus, car primera la paix sociale par les allocations aux assistés qui sont plus de 50 °/° des électeurs (un peu moins les islamistes de banlieue, dans le cas du FN). La liberté d’entreprendre (selon Schumpeter, sans être taxé de pédantisme, svp) peut seule nous sortir de ces non-avenirs par "globalisation des globalisations" (selon la théorie des choix) ; La liberté, donc Fillon. CQFD. Si telle est votre conclusion, c’est la mienne.

  • Pas mal synthétisé Éric ! Mais tous ne seront pas cocus. Incontestablement les entreprises seront sévèrement disciplinées. Les gagnants seront les agents de l’Etat dans les 2 cas.
    Au cas par cas, les croyants seront plus ou moins bien récompensés.

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