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Macron Hollande, un coup bien monté

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 14 septembre 2016

Il est touchant de voir les médias s’indigner sur le comportement d’Emmanuel Macron qui aurait trahi son protecteur : le nouveau Brutus assassinant César.
Les deux protagonistes doivent bien s’amuser de voir avec quelle facilité l’opinion, c’est-à-dire les journalistes, avale les clichés. Mais n’est-ce pas l’art de la politique de faire prendre des mannequins pour des armées et des épouvantails pour des dieux ?

Sachant que les deux personnages sont des joueurs qui préparent des coups à long terme, ne peut-on envisager qu’Hollande se soit servi d’un – et ait en même temps servi un - jeune collaborateur brillant et ambitieux pour se faire réélire ? Sachant qu’aux élections présidentielles, la première place au premier tour serait à Marine Le Pen et que le PS ne pourrait pas garder la deuxième place contre un candidat de la droite qu’il s’appelle Juppé, Sarkozy ou Fillon, sa seule chance était de faire émerger un candidat d’une troisième force capable de ravir un nombre de voix substantiel à ce candidat et donner ainsi, à lui Hollande, la possibilité d’arriver en seconde place et de gagner ainsi les élections (par le ralliement de la droite aux socialistes, au second tour, le pendant du ralliement qui fit élire Chirac en 2002).

Qu’avait à y perdre Emmanuel Macron ?
De se faire un nom et une carrure politique même si le coup ne marchait pas ?

Une condition cependant, celle de ne pas fracturer le parti socialiste déjà suffisamment morcelé, d’où le soin mis par Emmanuel Macron à se dire non socialiste.

Et l’inertie mise à faire sortir le « traître » du gouvernement pour lui donner le maximum de temps de se faire connaître de l’opinion, lui permettre aussi à travers des réformes au final assez vides de résultats tangibles mais symboliques pour faire croire à l’opinion publique française qu’un Tony Blair était né, qu’enfin la France avait un leader dont le passé était témoin de son dévouement à des politiques sociales mais qui était enfin sorti des vieilles lunes qui étouffent le parti socialiste.

D’où les mesures contre les notaires, mais finalement limitées aux régions en manquant, la libération des lignes d’autocars dont on se demande encore comment la SNCF est parvenue à en arrêter l’arrivée si longtemps, etc.

Cerise sur le gâteau, ce complice est fortement appuyé par la puissance occulte qui gouverne la France, Bercy et à son sommet les seigneurs féodaux de l’Inspection des Finances.

En conclusion, je n’étais pas à l’Elysée pour les écouter et donc n’ai aucune preuve, mais pourquoi Macron, qui se présente comme le nouveau Tony Blair du parti socialiste, n’a-t-il pas essayé de faire prévaloir ses vues au sein du parti ? Pourquoi subitement se déclarer non socialiste de façon à ne pas mordre sur les voix qui se porteront sur Hollande et mordre sur les voix de droite ? En sachant que Marine arrivera presque certainement en tête et que le véritable enjeu des élections est la place de second ?

Je suis prêt à me rallier à Macron, mais après les élections présidentielles, pas à prendre le risque, alors que Macron n’a aucune chance à cette élection-là, de faire réélire Hollande...

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