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Logement « intermédiaire » : de la redistribution à la distribution pure et simple…

Par Yves Buchsenschutz,
le mercredi 16 septembre 2015

Cet article fait suite à celui du 29 avril dernier

Il y a des lois qui se mettent en place plus vite que d’autres.

Le 27 Juillet 2015, Madame Hidalgo, Maire de Paris, inaugurait déjà, en grande pompe, la 1ère livraison de « logements intermédiaires », opération de 107 logements locatifs réalisée dans le 17ème arrondissement. (On se demande par quel miracle cet immeuble a pu pousser comme un champignon entre la date de l’ordonnance de création desdits logements – 19 février 2014 – et le 27 juillet 2015, date de l’inauguration ! Le statut, lui, a été officiellement promulgué le 23 Juillet 2015, vous avez bien lu.)

Il est toujours intéressant de réaliser un « post mortem » car il y a souvent loin de la coupe aux lèvres.
Mode opératoire : Mairie + Société Nationale Immobilière, filiale de la Caisse des Dépôts.
Délai(s) : exceptionnels comme on a pu le voir ci-dessus

Conditions de location : effectivement 20% en dessous du prix du marché. Un T3 de 62 m2 avec 22 m2 de loggia est loué par exemple 1.346 € par mois hors charges. Un local semblable sur le marché libre se retrouve à 1.612 €. Le loyer tombe à 18,4 € le m2 mais il semblerait que certains logements soient encore moins chers, proches des 10 € le m2.

Montage et financement de l’opération. En temps normal cette construction aurait eu un prix de revient de l’ordre de 50 millions d’€, ramenés à 37,2 car la ville a fait un cadeau de 10 millions sur le prix du terrain, le reste étant le résultat de divers compromis entre l’opérateur et la ville. À noter que cela représente une subvention de près de 120.000 € par appartement ou 25% sur l’ensemble du programme.

Conditions d’attribution : Au moins pour les loyers super bonifiés, il semble que ceux-ci soient réservés aux fonctionnaires des ministères ayant participé à l’opération (Culture, Éducation Nationale, etc..). [1] Curieux motif.
Comparaison avec le privé : l’investisseur privé, déjà peu actif ces dernières années, sera certainement encouragé par cette nouvelle concurrence loyale qui s’ajoutera au blocage récent des loyers. Il est pourtant la seule solution immédiatement disponible pour augmenter la production de logements, sauf à nationaliser le logement locatif.

Généralisation-extension : 2 autres opérations sont déjà programmées, l’une fin 2015 de 86 logements dans le 19ème, et l’autre de transformation de bureaux de 60 logements, Bd Mac Donald. L’objectif de la Mairie de Paris serait de 1.000 à 1.500 logements aidés/an soit un budget potentiel de 120 à 180 millions (120.000 x 1.000) par an !

Coûts par Parisien : sachant que Paris compte 1.165.000 foyers (mais 511.000 ménages seulement), la facture annuelle par foyer s’élèvera à 150 euros/an qui viendront inéluctablement s’ajouter aux impôts locaux.

Argument retenu : cela fait tout de même cher pour « retenir les classes moyennes », voire même pour gagner des voix aux prochaines élections. Quant à la gestion des inégalités, il faudra demander leur avis aux exclus du système.


[1Source Explorimmo

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