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Les syndicats ouvriers allemands efficaces

Par Karina Tatoyan,
le dimanche 3 avril 2016

Le paysage syndical allemand est pour la France un modèle intéressant puisqu’il incarne une représentation cohérente et unifiée. Cet article présente quelques caractéristiques singulières.

Une structure coordonnée

Contrairement aux syndicats français, les syndicats allemands se regroupent sous une confédération le DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund – Confédération des syndicats allemands). Huit syndicats sont affiliés au DGB, et sa mission principale consiste à représenter les intérêts généraux face aux responsables politiques. Cette structure permet une meilleure coordination des intérêts auprès des pouvoirs politiques et se différencie nettement du paysage syndical français qui est plus chaotique du fait de multiples syndicats indépendants et non coordonnés.

En Allemagne, seuls les syndicats sont habilités à négocier des conventions avec des organisations patronales ou des entreprises. Le principe d’autonomie tarifaire (la fixation de rémunération) joue un rôle important : il prévoit que les conventions collectives peuvent être conclues sans l’intervention du gouvernement ou de l’État. Le gouvernement fédéral n’intervient directement que dans les négociations tarifaires intéressant la fonction publique nationale en négociant directement avec les syndicats du secteur public. Il est à noter qu’en Allemagne les fonctionnaires n’ont pas le droit de grève.

En 2015 le DGB représente 6,1 millions de membres alors qu’en France on ne compte que 1,84 million de syndiqués [1]. En Allemagne, l’adhésion à un syndicat est principalement justifiée par le soutien en cas de conflit sur le lieu de travail, par l’amélioration des conditions de travail et de rémunération. En outre, le conseil juridique personnalisé ainsi que la représentation en justice sur les questions de droit social et de droit du travail, sont les missions syndicales centrales. Une des raisons de cette forte attractivité des syndicats est notamment le conseil juridique gratuit.

Le 1% qui fait la différence

L’intelligence du système allemand réside notamment dans le financement puisque les syndicats bénéficient d’une cotisation à la hauteur du 1% du salaire brut mensuel de leurs membres [2]. Cette cotisation permet par exemple à l’un des plus grands syndicats d’Allemagne Ver.Di de recueillir 450 millions d’euros de fonds par an.

En Allemagne c’est toujours dans la métallurgie et l’industrie électrotechnique que l’on observe les plus forts taux de syndicalisation – en particulier dans les grandes firmes automobiles.

Au cours des dix dernières années, les syndicats allemands n’ont pu obtenir en moyenne que des augmentations de salaires modérés. En tenant compte de l’évolution des prix, on observe que l’inflation n’est plus compensée depuis 2004. La comparaison avec d’autres pays aboutit au même résultat : l’évolution du salaire brut réel moyen dans les pays de l’UE entre 2000 et 2009 montre en effet que la rémunération brute des salaires n’a augmenté que de 1,3% en dix ans en Allemagne alors qu’elle augmentait de 7,9% en moyenne dans l’UE [3].

Pour conclure, contrairement à la France, l’Allemagne a su développé un système syndical efficace et malgré une syndicalisation en perte de vitesse, les syndicats allemands ont su fidéliser leurs membres grâce à un suivi efficace et une représentation cohérente.


[1Brigitte Lestrade, « Les syndicats en France et en Allemagne : Difficiles adaptations aux mutations de la société, IFRI », 2009, p. 4

[2Heiner Dribbusch, „Die Gewerkschaften in der Bundesrepublik Deutschland“, FES, 2012, p. 5

[3Heiner Dribbusch, „Die Gewerkschaften in der Bundesrepublik Deutschland“, FES, 2012 - p. 7

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