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Les Pigeons plumés pour la Banque Publique d’Investissement

Par Bernard Zimmern,
le lundi 22 octobre 2012

Peu de commentateurs ont fait le lien entre la révolte des Pigeons et la création de la grande Banque Publique d’Investissement.
Pourtant ce sont les deux faces d’une même médaille.

D’un côté, l’État prend le capital de ceux qui réussissent à créer des entreprises et des emplois, de l’autre, il le reverse à une organisation de para-fonctionnaires pour la même finalité.
Mais c’est, d’un côté, nier l’importance des entrepreneurs dans la création de richesse, de l‘autre glorifier l’État en essayant de faire croire aux Français qu’en ajoutant les irresponsables d’Oséo, de la Caisse des Dépôts (CDC) et du Fonds Stratégique d’Investissement, on relancera la croissance.
Irresponsables car les acteurs de ces trois agences gouvernementales n’investissent pas leur argent mais celui des contribuables et n’ont, en pratique, jamais à répondre de leur gestion.

C’est la poursuite d’un affrontement qui dure depuis la fin des Trente Glorieuses, entre la France de l’entrepreneur, qui recule, et celle des énarques de la haute fonction publique qui, délaissant les champs arides des fonctions régaliennes, police, justice, défense, ont envahi les champs plus verts et plus juteux pour eux de l’économie et de la finance en se posant en défenseurs de la sécurité, de la croissance, de l’emploi.

Mais cette nouvelle étape dans la bataille entre pigeons et énarques (faut-il dire corbeaux ?), se traduira inéluctablement par plus de chômage.
Le gouvernement va en effet retirer 42 milliards des mains de ceux qui savent où et comment investir, pour les mettre entre celles de ceux qui ont démontré leur totale incapacité à créer des emplois.
Faut-il rappeler qu’un des principaux composants d’Oséo, l’ANVAR, a dû par deux fois être sorti du gouffre par l’État, en ayant perdu 200 millions de francs sans aucun résultat (1978) puis 261 millions, mais cette fois en euros, en 2005 ? Et que tout ce que nous avons trouvé pour 27 millions distribués en grande fanfare au Sénat en 2004, ce sont 564 emplois créés 6 ans après. Faut-il souligner que le bras armé de la Caisse des Dépôts pour l’entreprise, CDC-Entreprises, a investi, ou plutôt dispersé, 2,7 milliards d’euros en 10 ans dans une quarantaine de fonds, alors que l’ensemble des fonds de capital-investissement investissait dans la même période 68 milliards ?

Certes, la gauche n’a rien innové. Nicolas Sarkozy n’avait-il pas imaginé une grande banque d’investissement qui n’aurait pas été très différente de la BPI ? Et le Commissaire au Grand Emprunt, René Ricol, n’a-t-il pas refusé que les 400 millions du Fonds National d’Amorçage soient confiés à des entrepreneurs expérimentés, et ne s’est-il pas obstiné à les laisser aux para-fonctionnaires de CDC-Entreprises parmi lesquels on aurait du mal à trouver un entrepreneur à succès ?

Le véritable test du retour d’un parti politique capable de redresser notre pays sera que ce parti ait le courage de dire que l’État n’est pas la solution mais le problème, que la création d’entreprises, leur développement, leur financement doivent être confiés à des entrepreneurs qui ont fait leurs preuves. Les seuls leviers dont devrait disposer l’État seraient ceux qui réduiraient le risque de ceux qui investissent leur propre argent, et qui arrêteraient de les encourager à se réfugier dans des œuvres d’art ou à l’étranger.

L’innovation, la PME, la création de richesse ne doivent plus être seulement des sujets de discours ministériels mais devenir des réalités, attestées par le fait que l’État se retire des interventions directes ou à travers ses agences, et confie aux entrepreneurs le soin de faire réussir notre économie.

Messages

  • cela ne m’avait pas échappé. j’ai fait un tweet le 17/10/12 dernier dans ce sens. Il n’a pas eu d’échos ...

    ceci dit, par le passé, l’innovation était financée un peu comme cela (époque minitel et autres Concordes) et le résultat n’était pas si mal. cependant, il est nécessaire d’avoir un débat car l’époque est bien différente. l’innovation ne nécessite plus la même forme de mobilisation de ressources humaines et financière : des projets nettement plus petits, en mosaïque et connectés au reste du monde !

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