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Les fausses victoires des créations d’entreprises sans salariés
Courir à la défaite en chantant

Par Bernard Zimmern,
le lundi 24 septembre 2012

Cela fait plusieurs années que les ministres du gouvernement Sarkozy et tout l’UMP s’émerveillent publiquement des centaines de milliers d’entreprises créées en France : la ligne bleue du graphique. Nous étions devenus le pays le plus fécond d’Europe en naissance d’entreprises.
Au moment précis où les créations de vraies entreprises – la ligne rouge - s’effondraient.

Création d’entreprises avec et sans salariés en France

Personne ne va regarder ce qu’il y a derrière une entreprise créée. Il est acquis depuis l’an 2000 que ce sont les entreprises qui créent des emplois, pas l’augmentation de la fonction publique, saturée.
Mais il faut être alors un peu économiste ou chiromancien pour savoir qu’il y a entreprise et entreprise.

Il y a longtemps que les Américains publient les statistiques de création d’ « employer companies » les entreprises créées avec au moins un salarié.
L’INSEE mélange tout, entreprises créées avec salariés et celles sans, et il faut être un Sherlock Holmes de la statistique pour retrouver avec précision les « avec » et les emplois qu’elles créent. L’INSEE ne sépare que les auto-entrepreneurs car, là, la ficelle était trop grosse.

Pour ce qui est des entreprises naissant sans salariés, la plupart resteront des coquilles vides, surtout depuis que grâce à Renaud Dutreil et François Hurel, directeur de l’APCE et éminence grise de toutes les politiques de l’emploi de 2002 à 2012, il n’y a plus besoin de capital pour créer son entreprise.
En France, il faut être doué pour trouver les créations d’entreprises avec salarié, et très doué pour trouver celles naissant avec plus de 20 salariés ou plus de 50. L’APCE, l’agence chargée de la création d’entreprises s’arrête à « plus de 10 ». Les chiffres détaillés en Allemagne sont disponibles sur un simple clic sur l’équivalent de l’INSEE, Destatis.

Ces chiffres montrent à l’évidence que nous sommes dans les cancres européens.
Allemands et Anglais créent deux fois plus d’entreprises avec 1 salarié et 3 fois plus d’emplois.

Le début de la création d’entreprises au rabais au nom d’une fausse compassion sociale avec la création de l’entreprise à 1 euro est le résultat d’une commande de Jacques Chirac ; lors de la préparation de sa campagne électorale de 2002, le comité chargé de la politique économique avait bien compris que ce ne pouvait être le secteur public, saturé, d’où pouvait provenir l’emploi, celui-ci dépendait de la création d’entreprises.

Combien ? Cent mille ? Trop petit avait jugé le comité. Dix millions ? Trop gros, pas crédible. Et le million avait été retenu. Million repris dans une déclaration au conseil des ministres du 12 juin 2002 devenu la lettre de mission de Renaud Dutreil, ministre des PME.
Études pour fixer ce chiffre ? Aucune.

Pourtant, c’est ce chiffre que Renaud Dutreil et son fidèle directeur de cabinet, Laurent Fleuriot, un administrateur civil de Bercy, vont s’évertuer à réaliser par tous les moyens pour obtenir les félicitations de Jacques Chirac. Pendant que la création d’emplois s’effondre.

Car les soigneurs qui depuis des années sont au chevet des entreprises France, particulièrement François Hurel, avaient simplement omis de dire à leurs commettants qu’il s’agissait de la nième réincarnation de la politique débutée dès la fin des années 90, avec ACCRE, EDEN, ADIE, reprise avec Jean-Pierre Raffarin et Renaud Dutreil en 2002 puis avec Nicolas Sarkozy et Hervé Novelli et qui consiste à faire créer des entreprises par des chômeurs en leur donnant ou en leur prêtant quelques milliers d’euros pendant que les Allemands ou le Anglais mettent en place des dispositifs qui injectent dans une création d’entreprise des centaines de milliers d’euros et vont permettre à ces jeunes pousses de devenir rapidement des géants qui exportent.

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