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Les États-Unis au bord du gouffre ?

Par Dominique Mercier,
le mercredi 8 juin 2016

On pense souvent à la France comme le pays où l’étatisme produit le plus de ravages. S’il est certain que l’on reste des champions, cette tendance à tout remettre entre les mains d’un État tout-puissant se propage inexorablement aux États-Unis.
L’annonce de leur faillite ?

Comme l’explique un article [1] du Wall Street Journal que nous résumons dans les paragraphes qui suivent - si nos pays paraissent plus riches qu’avant, c’est parce qu’ils ont massivement emprunté, au détriment des générations futures. Ces différents prélèvements ont entrainé une augmentation de la dette et un ralentissement de la croissance, bloquant de plus en plus l’ascenseur social et expliquant une certaine agitation politique. Surtout, cette montée de la dépense publique américaine parait impossible à soutenir dans le futur. Dans un rapport récent publié par le Cato Institute et réalisé par un économiste de Harvard, on constate que dans trois quarts de siècle, si l’on suit la tendance, la valeur actuelle du déficit américain serait de 118 mille milliards. Ainsi l’ancien président du Cato constate qu’entre les promesses du gouvernement et sa possibilité de les honorer, la différence atteint près de 7 fois le PIB.

Une évolution aussi spectaculaire s’explique par la progression constante de ce que l’on appelle des « entitlements » c’est-à-dire tous les versements auxquels l’Éat s’est implicitement engagé et qui progressent mécaniquement avec l’évolution de la population : les retraites du système public, Medicare, Medicaid, Obamacare, etc. Sur ces postes de dépenses, à moins d’une réforme, l’État n’a pas de prise : il en est prisonnier. C’est ce qui explique la hausse fulgurante des dépenses sociales telles que nous les donne l’OCDE [2], passées de moins de 13% à près de 20% du PIB depuis 1980 :

Dépenses sociales aux Etats-Unis en % du PIB

Cette proportion d’ « entitlements » a grossi d’autant plus que durant la récession de 2009 le PIB a fortement diminué aux États-Unis. A partir de la crise, cela a donc entrainé un déficit fédéral de 1.000 milliards de dollars par an et ce jusqu’en 2012. La reprise économique et les efforts du Congrès ont ensuite permis de le maintenir en dessous de 500 milliards de dollars mais le Congressional Budget Office prévoit une nouvelle augmentation. Tous ces éléments expliquent que la dette nationale des États-Unis ait doublé en seulement 7 ans, atteignant aujourd’hui le chiffre faramineux de 19.000 milliards de dollars, soit plus de 100% du PIB annuel.

Faible création d’emplois

Cette évolution est d’autant plus inquiétante que l’on constate que l’emploi ne repart pas comme on s’y attendait aux États-Unis. Les prévisions annonçaient en effet une création de 160.000 emplois en mai, or l’économie américaine n’en aura créé au final que 38.000, soit le chiffre le plus faible enregistré depuis six ans [3]. Ces chiffres montrent bien par ailleurs que la corrélation entre création d’emplois et chômage est loin d’être évidente puisque le taux de chômage américain est descendu sous le seuil symbolique des 5%, retrouvant ainsi son faible niveau d’avant la crise. En apparence la situation est donc excellente :

Taux de chômage aux Etats-Unis

Cependant si l’on regarde dans le détail, ce taux est trompeur : si l’on regarde le taux d’emploi des personnes de plus de 15 ans, on constate que les États-Unis sont encore loin d’avoir retrouvé leur niveau de 2006 :
 ?

Taux d’emploi aux Etats-Unis

En effet un grand nombre de chômeurs sont tout simplement sortis des statistiques…

Le cas de la France

Si l’on remonte au constat de départ, à savoir la hausse fulgurante des dépenses sociales, on est frappé par le parallélisme avec la France :

Dépenses sociales en France en % du PIB

La même faillite programmée nous menacerait-elle également… ?


[1George Melloan, Inattention-to-the-Deficit Disorder, Wall Street Journal page A13, 31 mai 2016.

[2« Les dépenses sociales couvrent les prestations en espèces, les biens et services fournis directement et les allègements fiscaux à visées sociales. Les prestations peuvent être ciblées sur les ménages à faible revenu, les personnes âgées, les handicapés, les personnes malades, les chômeurs ou les jeunes. Un programme social se caractérise par une redistribution des ressources entre les ménages ou une participation obligatoire. Les prestations sociales sont qualifiées de publiques lorsque les administrations publiques (administrations centrale et locales, administrations d’États fédérés et de sécurité sociale) contrôlent les flux financiers correspondants. Toutes les prestations sociales non fournies par les administrations publiques sont considérées comme privées. Les transferts privés entre ménages ne sont pas considérés comme sociaux et ne sont pas inclus ici.

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