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Les Business Angels vus par l’Ambassade de France à Washington

Par Valérie Pascale,
le dimanche 15 décembre 2013

Le dernier rapport de l’Ambassade de France à Washington publié en mai 2013 souligne l’importance des Business Angels pour le démarrage des entreprises aux États-Unis. Sans surprise, ce rapport reste lettre morte en France, et aucune conclusion n’en a été tirée par les administrations en charge du développement des entreprises françaises.

Les principales tendances évoquées dans ce rapport sont les suivantes :
> Le nombre et les montants d’investissement des Business Angels aux États-Unis augmentent ;
> Le nombre d’investisseurs diminue.

Ce rapport met bien en évidence le fait que les Business Angels jouent un rôle crucial pour le financement des jeunes entreprises par rapport au capital-risque et autres modes de financement, et les chiffres suivants en témoignent.

Source : Rapport de l’Ambassade de France à Washington

Avec des montants totaux investis comparables (23 milliards pour les Business Angels contre 28 milliards pour le capital-risque), le nombre de jeunes entreprises bénéficiaires est très différent selon le mode de financement. Les capitaux-risqueurs n’ont retenu que 3.417 projets en année 2012, soit seulement 2% de tous les projets en recherche de financement. À titre de comparaison, les Business Angels ont quant à eux financé 67.034 projets, soit plus de 20%.

Selon les estimations des experts, les Business Angels étaient responsables de la création d’environ 300.000 nouveaux emplois aux États-Unis en 2012.

Ces chiffres nous donnent donc un témoignage d’une bonne santé des Business Angels américains. Mais quels sont les mécanismes qui ont permis à ce secteur de faire face aux multiples crises ?

La réponse à cette question se trouve dans la deuxième partie du rapport de l’Ambassade de France sortie en juin 2013. Elle évoque l’émergence de nouveaux types d’investisseurs qui représentent en effet le rapprochement d’activité entre les Business Angels et le capital-risque avec l’apparition des « Super Angels » et des « Micro capitaux-risqueurs ».

Depuis quelques années, le schéma classique de l’investissement privé aux États-Unis est en pleine mutation avec l’essor de nouveaux acteurs. Rappelons que les Business Angels n’étaient toujours que la deuxième marche, et le capital-risque la troisième marche du développement d’une entreprise (la première étant la famille et les amis de l’entrepreneur). Mais depuis, certains Business Angels ont commencé à faire appel aux fonds extérieurs pour pouvoir participer à des investissements plus volumineux et suivre de plus près les projets sélectionnés.

On appelle les « Super Angels » les investisseurs dynamiques avec un portefeuille dans plus de 25 entreprises, qui occupent généralement un siège dans le conseil d’administration et qui conseillent régulièrement les entrepreneurs.

D’un autre côté, il y a aussi les capitaux-risqueurs qui s’intéressent de plus en plus aux entreprises encore en stade d’amorçage et font donc des petites injections de capitaux qui se situent entre 200.000 et 500.000 dollars, on les appelle les « Micro capitaux-risqueurs ». Rappelons qu’autrement l’investissement moyen du capital-risque débute généralement autour d’un million de dollars.

Source : Rapport de l’Ambassade de France à Washington

Comme résultat, on observe la vraie diversification des modes de financement disponibles pour jeunes entreprises américaines. Les « Super Angels « et les « Micro capitaux-risqueurs » ont pour but d’entrer très tôt dans le capital de nombreuses entreprises en stade d’amorçage, ce qui leur permet de diluer les risques et de viser des retours sur investissement importants. Ceci aboutit à une réelle augmentation du nombre de financements d’amorçage, et joue un rôle important pour la création d’entreprises aux États-Unis, en y introduisant la concurrence fondamentalement absente en France.

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