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Le passe-passe du pacte de stabilité à sécurité

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 22 novembre 2015

Nous sommes très impressionnés de voir le président de la République récupérer en quelque sorte les événements tragiques que nous venons de traverser pour abandonner les quelques très maigres réformes que son gouvernement avait décidé d’entreprendre.

On ne peut que saluer positivement les accroissements d’effectifs et moyens attribués à la police, la gendarmerie et à l’armée, mais il nous faut rappeler tout le travail qui n’est pas fait au ministère de la Justice et qui diminue considérablement l’efficacité des services de sécurité.

Au nom d’une commisération qui fait plaindre le criminel plus que la victime, et qui est l’une des marques distinctives des socialistes bobos, nous en sommes parvenus à faire passer plus des trois-quarts du temps du personnel de police disponible vers des opérations administratives où la plume d’oie est encore très proche.

Il suffit d’aller sur le site de l’Institut pour la Justice pour être rapidement édifié sur l’origine des dysfonctionnements de la sécurité en France. Bien entendu, ce site est qualifié de droite, d’extrême-droite ou même de fanatisme par tous les bobos qui vivent de la faiblesse d’un État tout-puissant.

Mais l’une des faillites les plus graves du ministère de la justice ne date pas de l’arrivée des socialistes au pouvoir, mais bien de l’ensemble des gouvernements, celui des socialistes et ceux qui les ont précédés.

En 1988, il y avait aux États-Unis 1.500.000 places de prison mais, malgré ce nombre, vous ne pouviez circuler à New York ou vous promener dans certains quartiers comme Harlem sans risquer votre vie.

Dans la campagne présidentielle opposant George Bush père à Michael Dukakis, gouverneur du Massachusetts, l’opinion ne pardonna pas à ce dernier l’assassinat d’une jeune femme perpétré par un criminel récemment libéré de prison.

À l’instigation de politiques suggérées par le Manhattan Institute et adoptées par Rudolphe Giuliani, maire de New York, puis suivies par la plupart des états et des villes dont la plus connue l’est sous le moto « three strikes, you are out » contraignant les juges à mettre en prison pour le reste de leur vie des condamnés pour trois délits.

Ceci a obligé les états américains à construire, ou à faire construire par le privé et louer, un très grand nombre de places supplémentaires puisqu’elles atteignent maintenant 3 millions.

Mais vous pouvez maintenant circuler sans crainte à Harlem.

Certes les États-Unis sont un pays violent et certes il est facile d’argumenter que la prison n’est pas le meilleur moyen pour réinsérer un criminel.
Mais entre les 3 millions de places de prison aux États-Unis et les 65.000 en France on doit demander où est l’erreur.
D’autant que la violence ne paraît plus un monopole américain.

Signalons au passage une autre réforme intéressante dont le moto est « one strike, you are out » et qui, elle, revient à supprimer des avantages sociaux comme le bénéfice d’un logement à toute infraction, même la plus minime, comme celle de mettre des graffitis sur des propriétés publiques.

Il est clair qu’en abandonnant toute politique d’austérité –en admettant que l’on puisse appeler politique d’austérité les faux-semblants d’économies que pratique l’actuel gouvernement et dont l’essentiel est de supprimer des subventions ou exonérations d’impôts– au profit d’une politique qualifiée pompeusement de pacte de sécurité –mais dont les coûts resteraient inférieurs à 1 milliard d’euros alors que notre déficit courant serait de l’ordre de 80–, le gouvernement espère rallier des votes.

On peut penser que ce calcul est une erreur et que même au parti socialiste, il y a des individus responsables qui savent que nous ne pouvons continuer à faire de faux-semblants le tissu de nos politiques.

Dans les périodes difficiles que nous traversons nous pensons qu’il y aura plus de Français à se rallier à des hommes politiques qui, comme Churchill, leur promettront du sang et des larmes, qu’aux émules français d’empereurs romains comme Néron dont la devise était « panem et circenses ».

Messages

  • Le rôle des juges est un problème éternel, de même nature que le fameux « qui va garder les gardes ? ». Pour les mettre à l'abri de toute pression, ce qui est légitime, on les a rendus indépendants de toute critique et ils se considèrent eux-mêmes comme sacrés et omniscients.

    Je me souviens de propos de la Cour de Cassation en matière économique où visiblement ces grands magistrats s'aventuraient hors de leur domaine de compétence. On a vu le « mur des cons » illustrer ce que de nombreux justiciables ressentaient. La défense du syndicat de la magistrature (« ce mur est du domaine privé ») laisse entière la faute institutionnelle et morale. Il faut probablement ouvrir les organes de contrôle non seulement à l'État, mais surtout à des représentants du peuple qui ne lui soient pas inféodés, par exemple des élus de l'opposition, quelle que soit la tendance du gouvernement du jour.

    Yves Montenay

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