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Le G20 de Brisbane

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 19 novembre 2014

Créé en 1999, le G20 représente 85% du commerce mondial, 66% de la population mondiale, plus de 90% du produit mondial brut.
Il regroupe 19 pays et l’Union Européenne prise comme un pays.
Les états qui y figurent sont :
> États-Unis, Canada et Mexique pour l’Amérique du Nord,
> Brésil et Argentine pour l’Amérique du Sud,
> Afrique du Sud pour l’Afrique
> L’Union Européenne pris en bloc, la Russie, France, Allemagne, Italie, Royaume-Uni pour l’Europe
> L’Australie pour l’Océanie
> Chine, Japon, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Arabie Saoudite, Turquie pour l’Asie.

La réunion des 20 à Brisbane a été surtout dominée par le froid qui a salué le président russe et a précipité son départ avant la fin du G20.
Mais ceci ne doit pas occulter ce qui a été dit et surtout ce qui n’a pas figuré dans le communiqué final.

De ce communiqué [1] parmi les 21 points du communiqué final on retiendra d’abord :

- Que les différents états se sont mis d’accord pour lutter contre la fraude fiscale par échange automatique de renseignements (ceci était déjà pratiquement acquis)
- Qu’ils ont mis en place des moyens de financer des politiques énergétiques.
- Plus important, qu’ils allaient s’employer à assurer l’équité du système d’impôts international et à consolider les bases de taxation en s’assurant que les profits soient taxés dans les pays où la richesse est créée.
- Que surtout, ils avaient l’objectif d’accroître le PIB du G20 d’au moins 2% d’ici 2018, soit d’accroître le revenu mondial de plus de 2 trillions de dollars ; et de créer des millions d’emplois, notamment pour les jeunes,
- sans parler de réduire le fossé entre hommes et femmes de 25% et de faire entrer 100 millions de femmes dans la force de travail.

L’objectif d’accroître le PIB de 2% sera atteint par un ambitieux plan d’investissement, avec un centre d’infrastructure global à Sydney pour améliorer la collaboration et l’échange de connaissances entre les gouvernements, le secteur privé, les banques de développement et autres organisations internationales.

À la lecture de ce communiqué, on peut se demander si le G20 sait que le développement mondial dépend d’abord des entrepreneurs ; il y a bien été question du secteur privé, de faciliter les échanges, d’accroître la concurrence, bref de reprendre des principes déjà largement admis par la bureaucratie internationale qui avait largement préparé cette réunion au sommet.
Mais cette bureaucratie a-t-elle assimilé que les entrepreneurs sont la clé du développement ?
Trop de pays sont encore acquis à l’idée que ce développement est l’enfant des plans d’investissements des états, comme on peut le constater par la place donnée à l’amélioration des infrastructures.

On est un peu inquiet quand on pense qu’en France, l’un des plus importants secteurs, le secteur ferroviaire, a dépassé le point où l’investissement massif est rentable : rappelons-nous le rapport récent de la Cour des comptes sur le TGV, ou les bilans prospectifs catastrophiques de la liaison Lyon-Turin par un nouveau tunnel.

Ce qui n’a pas été, semble-t-il, repris dans le communiqué final et les documents qui l’accompagnent :

- La lutte contre les inégalités, qui était encore il y a quelques jours un thème de Janet Yellen, la nouvelle présidente du Conseil des gouverneurs de la Fed,

- La lutte contre le réchauffement climatique : c’est devenu le sujet dont Barack Obama voudrait faire la pièce centrale de son programme pour les deux dernières années de sa présidence. Probablement en raison de l’opposition de Tony Abott, le Premier ministre australien qui a qualifié dans le passé le « réchauffement climatique » de « crap » (merde), il semble que les participants n’aient pu se mettre d’accord que sur les moyens de réduire la consommation d’énergie, ou plutôt de la rendre plus efficace. Un minimum auquel les pays les plus opposés à reconnaître qu’il y a un réchauffement dû à l’homme, ne peuvent qu’acquiescer.

Il est certes trop tôt pour tirer des conclusions sur l’efficacité de ce G20 ; une coopération mondiale se construit-elle en dehors ONU, qui semble avoir consolidé sa place de « machin », comme disait De Gaulle ? Pourtant, le monde aura bien besoin d’une coopération mondiale s’il veut éviter les déflagrations que laissent craindre les impérialismes des nations en émergence ou en renaissance.

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