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Le capitalisme attribuant aux entrepreneurs la plus-value résultant des risques pris
est-il la seule solution à la répartition du profit en dehors de l’esclavage ?

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 24 février 2016

On sait qu’une économie ne progresse que grâce à l’investissement et que celui-ci dépend pour les entreprises du cash-flow net qu’elles génèrent, somme de l’amortissement et du profit après impôt.

Il est possible de se passer de profit : la croissance de toutes les civilisations qui ont précédé les civilisations industrielles du dix-neuvième siècle se sont appuyées sur l’esclavage : les Romains, les Grecs d’Athènes, même les Russes de Staline avec le goulag.

Les civilisations industrielles comme la civilisation anglaise ou nord-américaine, n’ont pu se développer hors de l’esclavage que parce qu’une partie de la population, ceux qu’on dénomme les entrepreneurs, se sont lancés à créer des entreprises en y employant, non plus des esclaves, mais des salariés liés par un contrat de travail.

Une question récurrente, posée d’ailleurs par Nicolas Sarkozy à l’INSEE, est alors la répartition du profit.

Devrait-on augmenter la part attribuée aux travailleurs, ou au gouvernement (taxes), ou laisser les entrepreneurs décider de l’affectation de ce profit, des investissements qu’ils veulent faire ?

Le résultat de l’enquête INSEE, initialement biaisée car en valeur absolue les dividendes aux actionnaires avaient bien augmenté, avaient montré que, compte-tenu de la modification du bilan des entreprises ayant remplacé de la dette par du capital, il y avait eu en fait baisse des dividendes.

Mais la publication des premiers résultats, hausse des dividendes, était restée dans les esprits et n’a pas été étrangère à la montée des sanctions du gouvernement issus de 2012 contre le capital.

Les résultats, un chômage qui va croissant, est là pour rappeler que le profit n’est pas une fleur que l’on cueille, mais le paiement pour le risque de perdre.

Peut-on alors impunément bouleverser l’équilibre sur lequel le maudit marché a bâti la croissance ?

Une des caractéristiques remarquables des statistiques du Survey of Consumer Finances est que tout salarié supplémentaire rapporte en revenu à l’entrepreneur un montant qui varie peu sur vingt ans et est le même pour les entrepreneurs du 1% et les autres.

Ne s’agit-il pas là d’une injustice et le profit n’aurait-il pas dû être distribué plus également entre entrepreneurs et salariés ?

Oui, si nous en croyons les syndicats ou les chantres de l’égalitarisme.

Mais à aucun moment, ces institutions ne font entrer dans évaluation le risque pris par l’entrepreneur.

Faut-il rappeler que la plupart des entreprises innovantes et qui ont beaucoup rapporté à leurs créateurs étaient des entreprises dans lesquelles personne ne croyait et qui étaient vouées à l’échec ?

Faut-il rappeler que le public ne voit que les entreprises qui ont survécu mais ignorent les pertes de celles qui ont succombé ?

Faut-il rappeler que, si nous en croyons la mesure de la prime d’assurance qu’il faut payer pour conserver un patrimoine industriel, environ 6% du patrimoine, il existe très peu d’entreprises qui rapportent un montant supérieur, et donc se lancer dans la création d’entreprise est une folie que des gens sains ne peuvent partager ?

Il est par ailleurs visible qu’avec des taux de risque aussi élevés, il faut très peu de chose pour rendre l‘espérance mathématique du gain de la création d’entreprise inférieure à l’espérance mathématique de perte.

C’est le cas par exemple lorsqu’un gouvernement s’aventure à pénaliser la plus-value, plus-value qui est la principale contrepartie du risque pris.

L’expérience Roosevelt de 1936 est là pour nous rappeler que si la plus-value est la seule voie pour monter dans l’échelle des patrimoines, vouloir la rapetisser conduit inéluctablement à réduire les emplois et à la crise.

Pour une économie, l’entreprenariat s’est avéré être la seule alternative durable à l’esclavage ; mais émasculer les entrepreneurs sous les règlements et les taxes, n’est-ce pas créer un nouvel esclavage, celui de l’Etat au profit d’une petite caste de mandarins ?

Messages

  • Quand le domaine de l'état ou des décisions collectives, c'est tout comme, frise, voire dépasse, les 50% tant en ponction sur l'activité, qu'en effectifs voire en rémunération, on assiste en fait à un déplacement de la lutte des classes. La lutte ne se passe plus entre les travailleurs et les possesseurs du capital mais entre le public et le privé, ceux qui défendent la sécurité, la protection, l'égalité par le bas et les avantages acquis sous le fallacieux prétexte de l'intérêt général et les partisans de la liberté et de l'individu au prix du risque, il est vrai.

  • Où voyez vous un risque pour les entreprises et non des moindres en situation de monopole peu ou prou ?
    En revanche le risque est très largement aggravé pour les PME/PMI/ETI et similaires, ne parlons même pas du paysan à propos du risque qu'il subit non pas de son fait mais des éléments extérieurs non prévisibles y compris boursiers dont la malfaisance n'est plus à démontrer en ce qui concerne les produits alimentaires à titre d'exemple tout à fait fortuit

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