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La recette britannique de la réduction du chômage

Par Valérie Pascale,
le dimanche 7 décembre 2014

La politique en faveur de l’entreprise menée par David Cameron, Premier ministre britannique, continue de porter ses fruits. Les dernières statistiques du marché du travail constatent la poursuite de la baisse du chômage depuis décembre dernier. Les créations d’emplois sont en hausse dans le secteur privé, alors que dans le secteur public des centaines d’emplois continuent d’être supprimés ou privatisés.

« L’emploi continue à croître et le chômage continue à baisser au Royaume-Uni » – sur cette note positive débute le dernier rapport sur l’évolution du marché du travail publié par l’Office for National Statistics, l’organisme des statistiques officielles britanniques.

Depuis quelques années le gouvernement de Cameron poursuit une politique en faveur de la création d’entreprises, notamment grâce au dispositif fiscal efficace l’Enterprise Investment Scheme, l’EIS, dont le plafond d’investissement a été revu à la hausse pour atteindre 1 million de livres pour les investisseurs individuels. Contrairement à son homologue français, l’Avantage Madelin, qui se montre comme peu efficace puisqu’il n’aboutit qu’à des défiscalisations avec son plafond ridiculement bas et sans contrôle préalable des entreprises bénéficiaires de l’investissement, l’EIS se traduit par des créations de vraies entreprises à risque, qui créent des emplois marchands et aident à remonter la courbe du chômage.

Les statistiques du marché du travail britannique pour le troisième trimestre 2014 témoignent du succès des politiques encourageant l’entreprise, menées par le gouvernement de Cameron :

> 30,79 millions d’emplois dans l’économie britannique, soit 694.000 emplois supplémentaires par rapport l’année dernière ;
> 22,52 millions d’emplois à temps plein, soit 589.000 emplois à temps plein supplémentaires par rapport l’année dernière ;
> 1,95 million de chômeurs, soit 529.000 chômeurs de moins par rapport à l’année dernière ;
> 9,03 millions d’inactifs (personnes qui n’ont pas d’emploi et qui n’en cherchent pas ou qui ne sont pas disponibles pour reprendre le travail dans les 15 jours), soit 16.000 inactifs de moins par rapport l’année dernière.

Résultat, le chômage au Royaume-Uni poursuit sa baisse depuis décembre 2013. Son taux actuel est de 6,0%, alors qu’il était encore de 7,6% au troisième trimestre 2013. Le chômage est ainsi descendu jusqu’à son niveau d’août 2008.

(Pour rappel, le taux de chômage français actuel de 10,2% reste toujours au plus haut depuis le début de la crise ; il n’a pas évolué depuis l’année dernière malgré toutes les promesses du gouvernement).

Plus d’emplois privés, moins d’emplois publics

La politique de David Cameron se focalise essentiellement sur la relance de l’économie marchande, parce que c’est elle qui crée la croissance et conduit à l’assainissement de tous les autres secteurs. La création de nouvelles entreprises dans le secteur privé permet de produire rapidement des emplois marchands, qui vont créer la richesse dans l’économie, contrairement aux emplois publics qui pèsent lourd sur la collectivité.

L’idée de David Cameron est donc de privilégier les emplois privés et de supprimer ou de privatiser les emplois publics.

L’économie britannique compte actuellement 25,22 millions d’emplois dans le secteur privé et 5,39 millions d’emplois dans le secteur public. Cela représente 1 million d’emplois supplémentaires créés dans le secteur privé et 282.000 emplois publics supprimés par rapport au troisième trimestre 2013. Une série de privatisations a eu lieu au cours de cette période, notamment au sein de la Royal Mail (décembre 2013) et du Lloyd Banking Group (mars 2014). Si l’on exclut l’effet de la restructuration, le secteur privé a connu une augmentation de 704.000 nouveaux emplois, alors que le secteur public a perdu 21.000 emplois par rapport au troisième trimestre 2014.

La diminution de l’emploi dans le secteur public britannique, dont le poids est actuellement de 17,6%, reflète bien l’intention du gouvernement de Cameron de relancer la machine de la création d’emploi tout en réduisant la dépense publique.

En effet, depuis l’élection de David Cameron en 2010, 2,4 millions d’emplois privés ont été créés et 900.000 emplois publics ont été supprimés au Royaume-Uni.

La France, dont le secteur public représente 25% de l’emploi et pèse très lourd sur la collectivité, alors que les créations d’emplois marchands stagnent au niveau de 100.000 emplois créés par an , doit certainement s’inspirer de cet exemple outre-Manche.

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