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La grande richesse d’information sur les Business Angels du rapport Gaston

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 13 avril 2016

Non seulement le rapport Gaston fut un choc par l’ampleur du rôle des business Angels qu’il faisait découvrir, mais aussi par l’ampleur du détail qu’il fournissait sur cette « peuplade » inconnue.

Disons d’abord que cette étude fut l’une des plus sérieuses sur le plan statistique par la multiplicité des techniques et des précautions appliquées : envoi d’une demande d’information sur leurs investisseurs à 240. 000 entreprises. Comme on pouvait s’y attendre, le taux de réponse fut faible puisqu’il n’y eut que 2.900 accords pour accepter de répondre et seulement 435 questionnaires utilisés, mais les résultats sur les 2.900 investisseurs ayant accepté ont été testés en questionnant 25.000 entreprises tirées au hasard dans les non-réponses et en en recevant une vingtaine permettant de vérifier au moins les ordres de grandeur des premiers résultats.

Chaque questionnaire comprenait 43 questions couvrant leurs récentes expériences d’investisseurs, leurs plans futurs, leurs espoirs de rendement financier, leurs sources d’information, leur profil personnel.

L’investissement moyen a été de 66.700 $ (à multiplier par un coefficient 1,7 pour se retrouver en dollars 2013) avec les deux tiers inférieurs à 50.000 $ et 22% supérieurs à 100.000 $. Ces montants ont été complétés par des garanties augmentant l’apport d’un peu plus de moitié.

70% de ces investissements ont été faits à la création ou la première année dans des entreprises ayant moins de 10 salariés.
91% des investisseurs ont eu des co-investisseurs mais en moyenne seulement 4,6.
Les investisseurs ne sont pas des millionnaires car leur patrimoine médian est de 750.000 $ et seulement un tiers d’entre eux ont un patrimoine supérieur au million.
86% des investissements sont faits à « arms length » (page 6) dans lesquelles il n’y a pas de relations familiales entre l’entrepreneur et l’investisseur.

Ces investisseurs ne prennent pas trop de risques pour ne pas mettre en danger leur équilibre familial et à la médiane investissent seulement 7% même si un quart d’entre eux dépassent les 25%. [Un règlement du SEC interdit à des entrepreneurs d’accepter des souscriptions de personnes n’ayant pas un patrimoine minimum du million de dollars ou un revenu minimum de 200.000 $,NCLR].

Ce qui peut probablement expliquer leur succès : plus de 80% (page 129) avaient eu une expérience antérieure de démarrage d’une entreprise comme dirigeant.
Pour l’avenir, il n’envisage en moyenne qu’un seul investissement avec un horizon de sortie en moyenne à cinq ans.
Ils attendent au moins 22% de retour sur investissement (page 99) pour compenser les pertes dont ils estiment qu’en moyenne 3 sur 10 verront plus de la moitié du capital investi perdu (page 97). C’est 10 à 11% de plus que le rendement qu’ils exigent d’actions « blue chips » ou d’emprunts de sociétés de haute qualité.

De toutes les sociétés interrogées, au moins 8,96% avaient au moins un investisseur informel (page 184).

Il faut noter que tous ces investisseurs étaient en moyenne près à investir plus et que l’un des plus grands problèmes à cette époque était de mettre en rapport des entrepreneurs cherchant des fonds et des investisseurs privés cherchant des entreprises. C’est la grande découverte de la revue Inc qui, dans un article de l’année 1981, informait les chercheurs de fonds qu’il y avait d’autres sources que les banques. Et c’est également William Wetzel, de l’université du New Hampshire qu’il faut créditer d’avoir lancé des réseaux dans chacune des régions des États-Unis permettant cette mise en relation, de même qu’il est crédité par Robert Gaston d’avoir dès 1981 réalisé l’une des premières enquêtes sur cette « peuplade » inconnue, et a utilisé, dès cette époque, un questionnaire qui a inspiré la très remarquable étude de Robert Gaston.

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