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La France, leader mondial des dépenses sociales
Les dépenses sociales écrasent l’économie

Par Valérie Pascale,
le dimanche 29 septembre 2013

Les dépenses sociales représentent le poste le plus important des dépenses publiques en France. Sur les cinquante dernières années, la part des dépenses sociales dans les dépenses publiques a considérablement augmenté. Elles représentaient un-tiers des dépenses publiques au début des années soixante. À l’heure actuelle, les dépenses sociales ont atteint près de 50% de toutes les dépenses publiques de la France.

La dépense publique dans le PIB depuis 1960
Source : Insee, calculs DG Trésor

Si nous parlons chiffres, les dépenses sociales ont atteint plus de 600 milliards en 2013 contre 400 milliards pour le budget de l’État dans le PLF.

Comme chaque automne, les députés vont bientôt passer quelques centaines d’heures à discuter ce nouveau projet de loi de finances (PLF) pour 2014. En fin de compte, cela ne changera rien, puisque comme toutes les années précédentes, ils ne vont pas bouger plus d’un pour mille dans la proposition de budget récemment envoyée par Bercy.

Les choses les plus intéressantes seront laissées de côté. Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui couvre des domaines aussi importants que la santé, les retraites et la famille, sera voté en autorisant encore une fois de nombreuses hausses de taxes et des augmentations d’impôts. Tout cela en espérant réduire le déficit de la Sécurité sociale, qui est toujours très loin de l’équilibre.

En effet, le PLFSS vise à maîtriser les dépenses sociales. Il propose des objectifs de dépenses en fonction des prévisions de recettes. Mais le problème avec le PLFSS, c’est que le Parlement n’a pas le droit de limiter les dépenses sociales, il ne peut que les évaluer et fixer les objectifs. La direction du Budget ne peut les contrôler comme elle le fait pour le PLF.

À ce propos, l’OCDE publie des comparaisons internationales très intéressantes. Il se trouve que depuis 2000, la France est le premier pays en termes de dépenses sociales, en laissant derrière elle même les pays scandinaves, historiquement très redistributifs.

En 2013, les dépenses sociales en France ont atteint 33% du PIB. [1] Ce chiffre dépasse ceux du Danemark et de la Belgique (31%), de la Finlande (29%) et de la Suède (28%), ainsi que ceux de nos autres voisins qui ont un niveau de développement similaire au nôtre (Allemagne 26%, Royaume-Uni 24%). [2]

Dépenses sociales de l’État (% PIB)
Source : OCDE 2013

Mais qu’avons-nous pour cette somme modique de plusieurs centaines de milliards d’euros ?

Selon les données officielles, plus d’un tiers de ces dépenses sociales sont consacrées à la vieillesse (38%), un autre tiers à la santé (28%), le reste étant partagé entre la famille (10%), l’incapacité et la survie (6% pour chaque poste), le chômage (5%), le logement et les autres postes de la politique sociale.

Dépenses sociales par branche
Source : OCDE 2013

La proposition du ministre de la Santé, Marisol Touraine, de vendre les médicaments à l’unité, est-elle à la mesure du problème ?


[1OCDE, Bases de données des Statistiques des dépenses sociales, et Social spending during the crisis, 2012.

[2Même en tenant compte de la part importante du secteur privé dans le financement des dépenses sociales dans des pays tels que les Pays-Bas (24% public, 6% privé), les États-Unis (20% public, 10% privé) et le Canada (18% public, 5% privé), cela ne change rien.

Messages

  • L’article est intéressant mais un peu aporétique, car il ne propose rien. Une des questions cruciales, est, on le voit, la vieillesse. A ce sujet on pourrait s’interroger utilement sur les 5 scénarios envisagés d’ici 2060 par le haut conseil du financement de la protection sociale, fondé sur des hypothèses de croissance et de productivité dont même la plus défavorable ne correspond pas à la situation actuelle, ni ne tient compte de la concurrence internationale et des effets qu’il y a sur la production de richesses à obérer par toujours davantage de charges les entreprises, et les ménages.
    Ce point avait déjà été souligné lors du débat à l’assemblée nationale qui avait réuni Mme Moreau, préparant son rapport pour créer le CGPS, Michel Rocard, Jean-Pierre Raffarin, Michel Charpin, et Hugues de Jouvenel, ce dernier estimant qu’il n’avait pas été raisonnable dans les évaluations précédentes de commettre ce genre d’erreurs, et qu’il ne faudrait pas réitérer. Et chacun d’opiner. Moins d’un an plus tard, on recommence. Jusqu’à quand ?

  • Il manque, dans ces statistiques, la part qui est dépensé pour les étrangers (en situation légale ou non)

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