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La droite paralysée par le marxisme

Par Bernard Zimmern,
le lundi 15 octobre 2012

Depuis 40 ans, depuis que le chômage est apparu en France en 1974, signant ainsi la fin des « 30 glorieuses », nos gouvernants ont été frappés d’une singulière paralysie : pour résoudre le chômage, il leur apparaissait que le salut allait venir du chômeur, pas du sale capitaliste qui crée de grandes entreprises avec ses milliards et fournit des emplois. Et cette vision a survécu à travers les gouvernements de gauche, ce qui était dans la logique des choses, mais, étonnamment, sous tous les gouvernements de droite.

L’imagerie marxiste du capitaliste qui s’enrichit sur la sueur du peuple a prospéré en France, même après l’effondrement de l’URSS, et s’est perpétuée à travers des impôts-lutte-des-classes comme l’ISF.
Depuis 40 ans, il n’est plus possible de survivre politiquement en France en s’appuyant sur les riches pour les inciter à investir leur argent, le seul vraiment disponible et efficace, dans la création et le développement des entreprises.

Barack Obama a fait voter en 2010 qu’un investissement dans une entreprise de moins de 50 millions de dollars de capital ne serait plus taxé à l’impôt sur les plus-values.
Impossible en France. Au contraire, l’UMP a fait voter à l’automne 2011 la suppression du maigre rempart qu’était le bouclier fiscal contre l’ISF, entraînant un nouveau départ massif vers l’étranger de ceux qui pourraient investir et créer des emplois. Et le rapporteur général du budget UMP à l’Assemblée nationale a depuis longtemps déclaré la guerre aux niches fiscales qui restaient l’un des petits ballons d’oxygène tenant en vie le patient, sans se demander si la droite n’avait pas largement contribué au gâchis des niches fiscales ; il laissait ainsi la bride sur le cou aux adversaires du capitalisme retranchés à Bercy.

Sortir du chômage en France, c’est donc depuis 1974 rendre le chômeur plus adaptable, le former à d’autres métiers pour le rendre plus employable mais sans se préoccuper de savoir s’il existe des emplois qui l’attendent. Et si cela ne marche pas, c’est de faire de lui un capitaliste et lui faisant créer son entreprise en lui faisant prêter par l’État ou ses agents quelques milliers d’euros.

Personne ne semble s’être avisé que rendre des chômeurs plus adaptables, ou comme le recommandait récemment le Président Sarkozy, former plus d’apprentis, étaient d’excellentes politiques à condition qu’il y ait des emplois à occuper. Ces excellentes politiques n’oubliaient qu’une chose, c’est que créer des emplois, des vrais, c’est ce que notre élite éduquée à l’ENA et pas dans une épicerie ou dans une usine, ne sait pas faire.
Car dès le début des années 1980, et sans discontinuer depuis, la France a souffert d’un manque d’emplois permanent, d’environ 4 à 7 millions d’emplois privés, suivant que l’on compare avec la Grande-Bretagne ou l’Allemagne.

Pour ceux qui voudraient tâter la réalité statistique très simplement, il suffit d’aller sur le site de l’OCDE (ou d’Eurostat) et de rechercher le pourcentage de la population en âge de travailler (15 à 65 ans) ayant un travail et de constater que la France a un retard considérable puisque les taux d’emplois, moins trafiqués que les taux de chômage, étaient en 2010 de 64% en France, 70,3% au Royaume-Uni, de 71,2% en Allemagne et 78% en Suisse ! Si l’on retire les personnes employées dans les services publics elles aussi disponibles sur l’OCDE, l’écart s’aggrave car la France a proportionnellement beaucoup plus de personnes employées dans les services publics que l’Allemagne ou le Royaume-Uni. L’Allemagne les a réduits de 30% depuis 2004.

Précisons, comme l’a fait l’OCDE à de multiples reprises que l’écart n’est pas dans les personnes entre 25 et 55 ans mais aux deux extrémités où le non emploi chez nos jeunes de 15 à 25 ans et chez nos seniors, plus de 55 ans, est environ double de chez nos voisins.

Depuis 30 ans, la peur ou la haine du riche pousse ainsi Bercy, et derrière Bercy le législateur qui suit, à faire investir les riches dans des collections d’œuvres d’art exonérées d’ISF, dans l’immobilier ou le logement social, mais surtout pas dans des entreprises qui pourraient créer des emplois, ou alors de telle manière que le dispositif en garantirait la stérilité.

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