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La DLF et Bercy contre utiliser les riches pour la création d’entreprises

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 13 janvier 2013

Il est possible que d’être au cœur des impôts, au cœur de la réalité des comportements des contribuables, et notamment des plus riches, vous fasse prendre les riches français en grippe. Même en laissant de côté les écarts de revenus qui séparent un administrateur civil -les cadres du corps le plus présent à la DLF-, et les super-riches français, écarts que je ne pouvais m’empêcher d’évoquer intérieurement en regardant les chaussures élimées du représentant de la DLF dans une réunion il y a quelques années.

Mais il semble que le fossé entre la Direction qui décide en grande partie de la fiscalité, les riches et l’emploi soit beaucoup plus profond.

C’est d’abord une attitude générale à Bercy.

Comme retrouvé dans des notes de 2004 (voir « petite histoire d’une longue arnaque ») à propos de nos efforts pour promouvoir les Business Angels, ils me confièrent que la Direction de la Prévision qui centralise les études économiques pour le ministère des finances, avait déjà fait des recherches, suite à nos auditions, sur les BA et qu’il n’était pas question de les favoriser par des mesures fiscales, car ce n’est pas l’approche française d’encourager les grandes fortunes à s’engager dans les petites entreprises.

Bercy, et en particulier sa Direction de la Prévision, maintenant intégrée avec l’ancienne division du Trésor pour devenir la DGFIP (direction générale des finances publiques), créée par Philippe Parini, et depuis mi-2012 dirigée par Bruno Bézard, major de l’X et de l’ENA, inspecteur des Finances, n’a jamais voulu comprendre que ceux qui investissent dans la création d’entreprises ne sont pas des super-riches comme Bill Gates ou Madame Bettencourt, mais des petits riches, dont nous avons évalué la fortune, sur la base de l’enquête Gaston, à une trentaine de Safrane (le véhicule familial), ou si l’on préfère, entre 2 et 20 millions d’euros. Au-dessus, investir dans une création d’entreprise n’a plus de sens car les montants sont trop petits.

Une règle couramment admise est qu’une fortune ne doit pas être investie à plus de 10% dans des créations d’entreprises, compte-tenu du risque. Pour une fortune de 5 millions d’euros, cela a un sens d’investir dans 2 entreprises 250.000 euros. Pour une fortune de 50 millions, il faudrait en trouver 20 ; ce qui serait difficilement gérable, et il devient plus efficace d’investir des paquets d’un million ou plus ; mais l’investisseur se comporte alors comme un capital-risqueur et finance du développement d’entreprise, plus de l’amorçage.

Il est finalement assez ahurissant de voir une Direction de la Prévision, forte d’environ 300 personnes, essentiellement des personnes qui se disent économistes et des statisticiens sortis de l’ENSAE, souvent après polytechnique, aussi mal informée sur le financement des créations d’entreprises et commettre des contre-sens aussi majeurs que celui qui consiste à croire que ce sont les grandes fortunes qui s’engage dans la création de petites entreprises.

Messages

  • C’est limpide pour l’ex dirigeant de PME que j’ai été et le petit capital-risqueur que je fus ensuite, mais je viens de croiser dans un forum un enseignant qui ironisait contre les naïfs (dont moi, qu’il ne connaissait que comme collègue je suppose) "qui imaginent que c’était l’entrepreneur qui paye les salaires", et un de ses collègues qui s’élevait contre "le mythe de l’entrepreneur". Les mêmes ne comprennent pas pourquoi je critique l’enseignement des SES dans le secondaire (voir N° récent de SOCIETAL) et défendent donc leurs collègues enseignants d’économie injustement attaqués par des fous dans mon genre.

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