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La dictature étatique derrière la bulle médiatique

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 8 février 2017

Les bulles médiatiques.

Lecteur assidu du Monde depuis l’âge adulte sous Beuve-Méry, j’ai abandonné ce journal en 1975 lorsque leurs reportages sur les incidents à l’université de ma fille ont dit l’inverse de son témoignage. Ils défendaient par ailleurs bec et ongles les mathématiques modernes, alors que mon fils revenait de l’école en me disant « je ne comprends pas la définition de l’addition comme une intersection d’ensembles ». Renseignements pris, il s’agissait pour une secrétaire d’un syndicat (FEN ?) de toucher le maximum de royalties sur le livre de maths modernes qu’il venait de publier.

Ce journal a enfermé ses lecteurs dans une bulle à travers laquelle leurs lecteurs voient le monde et dont il est difficile de s’échapper car il est enraciné dans des croyances aussi solides que celles apprises au catéchisme par les catholiques dans leur jeunesse.
Ce phénomène de bulle n’est pas propre à la France : il se retrouve aux USA où le public qui lit le New-York Times est littéralement enfermé dans un univers comparable à celui du Monde. D’ailleurs ces journaux se citent mutuellement pour se renforcer dans une constellation dont les principaux acteurs en dehors du NYT sont le Washington Post, le Los Angelès Times, le Dallas Morning News, au Royaume-Uni, The Guardian (j’en oublie) et au Japon le Japan Times tiré de l’Asahi, le journal du parti communiste (distribué le matin sous les portes de tous les palaces de l’Imperial à l’Okura…). Difficile de comprendre pourquoi les états de New-York et du Connecticut votent massivement démocrate sans réaliser que le NYT est partout.

La fragmentation de l’opinion en chapelles qui ne peuvent plus communiquer est la résultante de la fabrication de ces bulles dans lesquelles on enferme les lecteurs en consolidant en permanence leurs croyances par des reportages, témoignages, et l’interprétation de faits présentés comme indiscutables.

Pour Le Monde et ses équivalents américains, britanniques et japonais, la société est devenue totalement inégalitaire au profit de quelques accapareurs qui se cachent derrière les multinationales, la géopolitique est dominée par l’impérialisme américain, les victimes en sont notamment les palestiniens, etc.
Il est difficile de sortir de ces bulles car le citoyen moyen dispose rarement de sources d’information propres qui lui permettant de découvrir la manipulation. Il n’a pas le temps de chercher et se repose sur les journalistes pour l’informer.

Les bulles sous le contrôle de Bercy.

En France, il ne sait pas que les médias sont entre les mains de la bureaucratie de Bercy.

J’ai vu le cabinet de Renaud Dutreil, ministre des PME sous Chirac - un secrétariat d’État rattaché à Bercy - littéralement dicter aux médias ce qu’ils devaient rédiger le lendemain. Cela paraît dans les dépêches de l’AFP et est repris tel quel dans les journaux avec quelques effets de plume.

Dans quelle autre démocratie y a-t-il une commission dépendant de facto de l’État dont dépend votre sort comme organe de presse ?

La CPPAP [1] peut faire disparaître tout média qui déplaît. Si vous avez la CPPAP, (numéro inscrit sur la publication), vous ne payez plus sur votre chiffre d’affaires que 2,10% de TVA, pas 20% et vous pouvez déduire la TVA sur vos achats, d’où de substantiels chèques que vous adresse le Trésor tous les mois. En outre, les envois postaux bénéficient de tarifs qui sont de mémoire la moitié de ce que paie la publication qui n’a pas la CPPAP. Au bout du compte, la CPPAP vous économise largement 10% de votre chiffre d’affaires. La différence entre la survie et la mort d’une publication.

Pas étonnant de comprendre alors pourquoi après avoir publié « L’ANPE [actuel Pôle Emploi], cimetière de l’emploi » et être repris le lendemain par Les Echos, soit paru le surlendemain dans ce même journal un article incendiaire d’une dame se présentant comme « salarié ordinaire » de l’ANPE. Ceci sans dire que ce « salarié ordinaire » était en fait une des militantes syndicalistes les plus en vue de cet organisme (qui a donné lieu depuis à d’autres livres comme « 183 jours dans la barbarie ordinaire »).

Horresco referens, dans ce dossier sur l’ANPE, nous montrions que Michel Bon (inspecteur des finances responsable de la perte de 60 milliards d’euros de France Télécom et sanctionné de 10.000 euros par la Cour de discipline budgétaire) avait auparavant, à la tête de l’ANPE, publié que l’ANPE trouvait des emplois pour 2 millions d’emplois par an. Il agglomérait tous les emplois que la loi obligeait les employeurs à déclarer. Alors que la vérité, tirée de l’enquête emploi de l’INSEE aboutissait à 60.000 emplois en CDI… Information retirée par l’INSEE pour les enquêtes des années suivantes…

La dictature de Bercy est d’autant plus grave pour notre démocratie que personne ne la connaît. Elle opère de façon quasiment invisible en contrôlant notre système législatif à travers le rapporteur général du Budget et les administrateurs de l’Assemblée et du Sénat, et en étouffant par la fiscalité toute la philanthropie qui pourrait en montrer l’échec. Bercy est depuis 40 ans le déversoir de l’ENA : on y compte moins de 2% de membres qui savent ce qu’est une entreprise privée mais près de la moitié qui sortent de l’ENA.

Fillon n’est pas énarque, Macron l’est ; et au top car il est inspecteur des finances.


[1La Commission paritaire des publications et agences de presse (CPPAP) est une instance composée à parité de représentants de l’administration de l’Etat et de professionnels de la presse. Elle est chargée de délivrer un avis relatif au bénéfice du régime économique de la presse (tarifs postaux et fiscaux privilégiés) des publications et de reconnaître la qualité de service de presse en ligne

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