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La circulation alternée pour le citoyen ordinaire, c’est bien la France

Par Jean-François Bauer,
le lundi 19 décembre 2016

En circulation alternée, les véhicules des services publics ont liberté de rouler et il appartient aux fonctionnaires qui les conduisent d’éviter les déplacements inutiles. Les simples citoyens, eux, sont estimés incapables d’une telle sagesse et se voient imposer de ne circuler qu’un jour sur deux.

C’est la conséquence de l’idée bien ancrée en France que le citoyen ordinaire ne peut être laissé à lui-même ; sans le contrôle de l’administration et le soutient d’une réglementation précise et tatillonne, il risquerait de faire trop de bêtises ! L’évolution dramatique du rang de la France dans l’évaluation des connaissances à la sortie de l’école ne peut que renforcer cette idée.

Alors pourquoi s’arrêter en si bon chemin ?

- lorsque nos centrales nucléaires sont en arrêt écologique d’hiver, plutôt que d’appeler les citoyens à modérer leur consommation, on pourrait demander aux « compteurs intelligents » des logements non sociaux et des entreprises privées, de couper l’électricité une heure sur deux selon la parité du 13ème chiffre de leur numéro de contrat ;
- en période de sécheresse la même chose serait possible sur les compteurs d’eau ;
- lorsque le chômage augmente, au lieu de réductions mesquines à 35 ou 32 heures, on pourrait passer directement au travail alterné ;
-etc., etc.

Cet appel au hasard des chiffres n’est pas nouveau. Au 19ème siècle l’appel au service militaire résultait d’un tirage au sort et de nos jours le même système est conseillé pour les admissions dans les universités très demandées.

Ces mesures simplistes ne devraient être qu’une étape : aujourd’hui internet a accéléré les échanges d’informations et on pourrait créer un service capable de répondre rapidement à une demande d’autorisation de circuler en voiture pendant les pics de pollution. Le formulaire de demande simplifié ne comprendrait que l’heure, la durée, le motif, le lieu et la consommation de carburant. On pourrait même instaurer une autorisation tacite si le service n’a pas répondu dans la semaine.

Pour notre bien, il se pourrait que l’administration rende les critères de pollution tellement stricts que peu à peu le système exceptionnel de l’autorisation de circuler devienne la règle ; l’administration sait si bien gérer la pénurie qu’elle la rend éternelle ; il n’y a qu’à regarder le logement, la crise du logement due aux destructions de la guerre a été si bien prise en main par l’administration en 1945 qu’elle dure encore !

LIBERTE est le premier mot de notre devise républicaine mais il ne faut surtout pas confondre ce substantif avec l’affreux adjectif « LIBERAL ».

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