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L’INSEE ne s’intéresse pas aux entreprises
Croissances comparées des entreprises anglaises et françaises, mesure de l’efficacité des politiques de l’emploi

Par Bernard Zimmern,
le lundi 26 novembre 2012

Une question qui intéresse forcément le démographe du développement des entreprises, est de savoir si les entreprises françaises se développent à un rythme satisfaisant, par comparaison avec les entreprises de pays comparables.
Il n’y a pas de mesures standardisées de cette vitesse de croissance, mais les institutions internationales comme l’OCDE s’en préoccupent vivement. Car c’est dans ces données, souvent difficiles à établir de manière fiable, que se situe la mesure de la réussite ou de l’échec des politiques publiques de l’emploi.
Différents indicateurs ont été imaginés pour mesurer cette vitesse de croissance. Pour ceux qui suivent le modèle décrit par David Birch avec son nuage, elle est représentée par la vitesse ascensionnelle au sein du nuage, c’est-à-dire, le flux d’entreprises qui passent d’un niveau à l’autre ; comme des gouttelettes d’eau qui montent vers le ciel… ou retombent.

% d’entreprises dont les capitaux propres ont plus que doublé entre 2003 et 2004
On voit que le taux d’entreprises qui font plus que doubler en termes de CP est double en Grande-Bretagne

Une première enquête internationale a ainsi été lancée par l’OCDE pour savoir combien il y a de « High Growth Firms », les HGF, dans chacun des pays de l’OCDE, et combien elles ont créé d’emplois. Il est en effet clair depuis longtemps pour les économistes qu’un très petit nombre d’entreprises, entre 3 et 6%, créent l’essentiel des emplois.
L’INSEE s’est dit intéressé par les résultats mais a refusé de coopérer et de donner les chiffres pour la France, au prétexte que toutes les entreprises ne communiquaient pas leurs effectifs. Nous y avons suppléé et comprenons en effet les réticences de l’INSEE. Car la publication de ces chiffres aurait été désastreuse pour ceux qui font la politique économique de la France, c’est-à-dire essentiellement Bercy dont l’INSEE est une division.

Une deuxième statistique a été développée qui complète la première : dans les HGF, quelles sont celles qui sont jeunes (on adopte généralement moins de 5 ans d’âge au début de la période de croissance).
En hommage à David Birch qui en a parlé le premier, ces entreprises sont généralement appelées « gazelles ».

Là aussi, l’OCDE s’est employé à développer des statistiques mais l’INSEE, absent des HGF, n’a pas répondu sur les gazelles sauf à travers une étude de Claude Picart de 2007 où il se plaint de n’avoir pas eu de séries longitudinales (ou cohortes) et d’avoir dû contourner par d’autres statistiques, moins commodes, sinon plus difficiles à suivre dans le temps.
Comme nous avons commencé à le publier, les résultats sur les gazelles sont encore plus dramatiques que pour les HGF, dans la mesure où nos HGF sont responsable d’un peu moins de la moitié des créations d’emplois des HGF anglaises. Mais pour les gazelles, les HGF jeunes, le rapport n’est plus de 2 mais de 4.

Donc les politiques économiques de Bercy – ou l’absence de politiques - ont vu leurs résultats s’aggraver depuis 2002. Et l’aggravation du chômage en 2013 annoncé le 13 novembre 2012 par François Hollande en est la conséquence. Si l’INSEE avait fait son travail, cette situation était prévisible depuis près d’une dizaine d’années [1]

Avec le pH Group, nous avons-nous-mêmes développé d’autres indices qui sont liés non pas à l’emploi mais aux capitaux mis en œuvre, partant de l’idée que les emplois dépendent en moyenne des investissements, eux-mêmes dépendant des capitaux propres disponibles.
Il nous a été ainsi possible de comparer les économies anglaises et françaises en prenant le pourcentage d’entreprises dont les capitaux propres ont plus que doublé dans une année déterminée. Nous avons reproduit en tête d’article les résultats de cette mesure.

Nous avons complété par deux statistiques : le total des capitaux propres cumulés par taille et les montants des augmentations de capitaux propres d’une année à l’autre.
Tous ces indicateurs vont dans le même sens : la vitesse de croissance des entreprises anglaises est double de celle des entreprises françaises.

Il s’agit d’un résultat majeur rendu possible par la tenue de statistiques sur les séries longitudinales : les entreprises anglaises se développent deux fois plus vite que les françaises.


[1voir par exemple OECD STATISTICS WORKING PAPER 14 novembre 2006 THE INTERNATIONAL COMPARABILITY OF BUSINESS START-UP RATES

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