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L’imposture Piketty : les riches sont-ils le problème ou la solution ?

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 10 mai 2015

Au temps des mondes finis chantés par Paul Valéry, le monde est à la recherche de terres inexplorées. Et celles, encore abordables par tous, qui peuvent nous sublimer, sont les entreprises.

Colloque à la Maison de la Chimie le 15 juin, 17 à 20 heures.
Programme & inscriptions

Créer une entreprise, partir de rien ou presque, construire une technologie, un savoir-faire, réunir autour de soi d’autres hommes ou femmes à la conquête d’un rêve, transmettre ce rêve à d’autres, pouvoir, au soir d’une vie, utiliser la puissance que confère l’argent pour répondre aux besoins de ses semblables, gratuitement, essayer de laisser ainsi une trace dans le livre des bons, c’est la grande aventure qu’offre l’entreprise à tous ceux que la nature ou le hasard n’ont pas rendus capables d’atteindre les sommets du sport, de l’art, de la musique ou du théâtre.

Créer une entreprise est l’aventure, pleine de risques et de peines, qui reste offerte à tous, petits ou grands, blancs ou noirs, nés riches ou pauvres, pour non seulement s’élever au-dessus de leur condition, pour fonder un foyer fondé sur leur valeur et non sur les aumônes d’un État imprévisible, mais aussi pour créer des valeurs et, peut-être un jour, pour rejoindre la foule admirée mais le plus souvent ignorée dont les créations sont maintenant la trame sur laquelle se déroule notre vie de tous les jours : depuis le métro en passant par l’avion, l’humble épingle à nourrice ou la bande velcros, la fermeture éclair, la photocopie, le cinéma, la photographie, la voiture bien sûr, le pneumatique sans lequel elle ne se serait pas développée, et même les banques nées notamment à Venise.

Chacune des activités humaines raconte l’aventure d’hommes et de femmes qui se sont battus avec l’adversité ou l’incompréhension pour faire triompher leur rêve. Parfois en brûlant tout comme Bernard de Palissy et la céramique. Toutes ou presque toutes racontent l’histoire d’un ou de plusieurs entrepreneurs qui ont risqué leur vie, leur famille, la richesse acquise pour faire plus.

C’est cette chevauchée humaine, la poursuite de son histoire, les rêves qu’elle porte, qu’attaque Thomas Piketty et autres idéologues réunis dans le club des égalitaristes, qui n’ont jamais rien créé mais ont décrété que les inégalités étaient l’acide qui dissout le progrès et la croissance.

Ils se sont longtemps présentés comme les prêtres d’une nouvelle religion, les économistes de l’égalité. Mais les bases scientifiques sur lesquelles ils dénoncent les inégalités comme un poison, sont–elles sérieuses ? Non seulement les statistiques qu’ils ont rassemblées mais les modèles mathématiques qu’ils utilisent ?

Sont-ils sérieux ou sont-ils simplement des tricheurs qui, sous couvert d’une idéologie cachée, veulent renforcer ceux qui dans nos sociétés se servent de l’État pour étendre leur pouvoir ou leur richesse et donner à ces étatistes un couvert commode pour plus d’impositions et de transferts ?

C’est à cette première question que s’adresse le colloque.

Mais, autre hypothèse, seraient-ils victimes de leur propre incompétence ? Elevés fonctionnaires, ayant toujours vécu à l’abri de l’État avec leurs fins de mois assurées, n’auraient-ils jamais pris conscience que le progrès n’est pas quelque chose qui tombe du ciel mais le résultat d’aventures humaines et individuelles, souvent de tragédies ? Qu’il n’y a pas de progrès de nos conditions matérielles sans entrepreneurs donnant corps à des innovations et des inventions, à des connaissances certes, mais organisées autour d’un rêve ?

N’ont-ils pas pris conscience que ceux qu’ils dénigrent, les riches, voire les très riches, ne sont devenus riches que grâce à ces rêves, grâce aux risques pris pour les réaliser, grâce à ceux qui ont échoué et sont restés au bord de la route comme tant d’explorateurs dévorés par la découverte de mondes inconnus ?

N’ont-ils pas pris conscience que 90% des riches et des très riches le sont, non par héritage, mais parce qu’ils ont tenté cette aventure de l’entreprise et sont parmi les quelques-uns à avoir franchi la barrière de montagnes qui entourent les rives d’Eden ?

Peut-être n’ont-ils pas compris qu’en détruisant ce rêve, ils condamnaient des millions de leurs semblables à la misère et à la pire des inégalités qu’est le chômage ?

Parce que, si dans le confort douillet de bureaux parisiens il est encore possible de rêver à une existence sans énergie, sans argent ou sans carbone, il reste encore 5 bons milliards d’humains qui sont aux portes de notre opulence et n’hésitent pas à mettre leur vie en danger pour venir en partager les fruits. Tant il est vrai que l’on ne peut profiter de la vie sans un minimum de satisfactions matérielles ou alors, une formation à l’ascétisme qui exige d’avoir tout abandonné ?

C’est à ces hypothèses que tente de répondre ce colloque. Car si ces questions sont fondées, elles sont un challenge qu’il faut relever si nous ne voulons pas que notre société et particulièrement notre pays, la France, continuent de sombrer dans le puits au fond duquel se reflète non un rêve mais une idéologie.

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