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L’imposture des inégalités : idéologie et politique

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 5 février 2014

Les publications des services officiels américains se multiplient pour dénoncer l’erreur derrière la soi-disant montée des inégalités : le Congressional Budget Office en 2011 annonce que, loin de stagner, le revenu de la famille moyenne américaine a enregistré une hausse de 62% au-dessus de l’inflation de 1979 à 2007 ; et des études dérivées ont montré que les inégalités dans cette période, loin de s’aggraver, s’étaient réduites : le Gini avait chuté de 0,395 à 0,388 dans les 16 années de 1993 à 2009.

De surcroît, l’égalité des chances ne s’est pas détériorée. L’US Treasury a trouvé qu’il y avait une mobilité considérable vers des revenus plus élevés dans les décades 1987-1996 et 1996-2005. La moitié de ceux qui figuraient dans le quintile le plus bas des revenus en 1996, se retrouvaient dans un quintile plus élevé en 2005 ; et le revenu médian de ceux initialement dans le groupe le plus bas s’était plus accru, en pourcentage, que la moyenne des revenus du segment le plus élevé.

Une autre conclusion importante de ces études est que, si l’ensemble des Américains a vu son revenu réel augmenter considérablement, cette augmentation s’est essentiellement faite dans la période où toute l’économie prospérait ; et que les plus pauvres et la classe moyenne souffrent par contre le plus dans les périodes d’expansion languissante comme celle depuis 2008.

Accroître l’expansion économique est le vrai remède pour accroître le revenu de la classe moyenne ; redistribuer au nom des inégalités ne marche pas car c’est de fait ce qu’a fait le président Obama depuis 2008 avec le résultat que l’on voit. Car, on l’oublie, sur les 800 milliards redistribués par le gouvernement américain à partir de la loi de stimulation du début 2008, les sept huitièmes ont été, non pas investis ou utilisés pour accroître l’efficacité de l’éducation, des transports, de la recherche, mais sur des programmes de redistribution encourageant la consommation comme les food stamps, Medicaid et Medicare, un chèque aux millions d’Américains qui ne paient pas d’impôts sur le revenu. Des mesures très populistes, qui ont aidé à gagner les élections de 2012 mais au détriment finalement des plus démunis.

C’est la même logique qui anime l’Affordable Care Act, l’Obamacare, qui est la signature de cette présidence mais s’avérera probablement comme l’une des plus grandes erreurs de l’histoire, dans la mesure où, comme nous le croyons, sur les 41 millions d’Américains qui n’avaient pas d’assurance, seuls 6 à 7 millions seraient de toute manière restés sans assurance plus de 18 mois. Mais il n’y a rien de tel qu’un mythe pour gagner une bataille électorale même si ce mythe conduit à l’effet inverse pour les bénéficiaires.

C’est ce qui se prépare pour les élections de novembre 2014 où, devant l’échec de ses politiques, Barack Obama a fait appel à John Podesta pour donner un nouveau souffle à son cabinet et sa campagne. John Podesta est l’ancien chef de cabinet de Bill Clinton et celui qui, sorti de la Maison Blanche, ayant vu le succès de la fondation Heritage, décida de créer pour la gauche l’équivalent : le Center for American Progress.

Sur les traces de Joseph Stiglitz et Paul Krugman, l’un des thèmes de cette fondation de gauche est de répéter à l’obsession que le principal problème de l’Amérique est la croissance des inégalités. Ils s’appuient sur des statistiques pour démontrer leur credo, en oubliant de mentionner que les revenus derrière ces statistiques ne tiennent pas compte des impôts, pour les plus riches, et, pour les plus défavorisés, de tous les transferts sociaux.
C’est de la plus grande mauvaise foi mais, en politique, ce qui compte c’est d’être élu.

Le grand enjeu des élections à venir est de savoir si le peuple américain aura gardé assez de bon sens pour ne pas suivre vers la pauvreté la voie dont la France leur a donné un très bel exemple : n’était-ce pas Paul Krugman qui démontrait, dans le New York Times, que l’Obamacare ne faisait courir aucun risque à l’économie puisque c’était la Sécurité sociale appliquée en France et qu’il suffisait de parcourir Paris (la rue de la Paix ?) pour se rendre compte que les Français n ’étaient pas pauvres …

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