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L’espoir Sarkozy de mai 2007

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 6 février 2013

Mai 2007 ; un nouvel espoir se lève en France ; Nicolas Sarkozy a été élu Président de la République en battant largement Ségolène Royal.

Il ne s’agit pas seulement d’une victoire de personnalités mais de l’apparition en France d’une nouvelle façon de mener campagne, en faisant appel à des think tanks pour préparer les débats. Jusqu’alors, les candidats comme Chirac, Mitterrand ou De Gaulle ont largement fait appel à l’éloquence type troisième République où ne figure presqu’aucun chiffre, mais où le candidat fait rêver autour de grands principes ou en déclinant ses ambitions, mais sans dire comment il y parviendra.

Avec la campagne 2007, Nicolas Sarkozy ajoute à l’art oratoire type troisième République une préparation quantifiée de ses dossiers, en utilisant Emmanuelle Mignon, major de l’ENA, sortie au Conseil d’État. À elle seule, elle est un think tank ; elle a préparé chaque sujet sur des fiches – comme elle ne peut s’empêcher de le rappeler au candidat lors d’un débat particulièrement mouvementé : « la fiche » s’exclame-t-elle.

Ce rôle du think tank sera compris par Olivier Ferrand, un énarque, qui va mobiliser la fonction publique à travers un think tank, Terra Nova, et va permettre à François Hollande d’aborder la campagne de 2012 avec des dossiers infiniment mieux préparés que ne l’étaient ceux de Ségolène Royal, et feront de son débat avec Nicolas Sarkozy un combat plus égal.

En mai 2007, l’iFRAP est plein d’espoir car le député UMP Jean-Michel Fourgous, membre de la commission des finances, maire d’Élancourt, est parvenu à faire inscrire dans le programme adopté par l’UMP les principales mesures pour lesquelles l’iFRAP milite depuis longtemps : une incitation fiscale à investir dans les entreprises sous forme d’une déduction de l’ISF, suivant le modèle qu’avait fait voter le rapporteur général du budget au Sénat, Philippe Marini, en 2004 ; une mise en place d’un office d’évaluation et de contrôle auprès de l’Assemblée nationale sur le modèle du NAO, le National Audit Office britannique. Avec Louis Giscard d’Estaing, ils ont présenté dans les derniers mois du quinquennat Chirac une proposition de loi qui, dans le détail préfigure ce dispositif.

Cette disposition est capitale car la réduction de la dépense publique ne peut se faire par la Cour des comptes qui se refuse à prescrire des mesures comme le fait le NAO, sous prétexte que membre du judiciaire, elle ne saurait intervenir dans le rôle du législatif au nom de la séparation des pouvoirs ; la Cour est en outre terriblement handicapée car pratiquement tous ses membres ont été, sont ou seront à la tête d’une des administrations contrôlées. Il est par ailleurs important que le Parlement se dote, comme le Parlement britannique, d’un organisme d’évaluation qui dépende de lui car, à part une poignée d’experts, les députés sont complètement démunis devant les textes fiscaux que leur envoie Bercy, et votent le plus souvent les yeux fermés.

Nous avons rencontré François Fillon dans le QG de campagne de Nicolas Sarkozy et il nous a dit, non seulement comprendre, mais partager notre désir de voir le Parlement se doter d’un organisme de contrôle.

Nous apprenons que l’ISF-PME est l’un des textes qui doivent être votés lors de la session exceptionnelle que le Parlement doit tenir en juillet et, grâce à l’intervention du député Jean-Michel Fourgous, dans les 15 jours qui suivent l’installation de Nicolas Sarkozy, nous obtenons de rencontrer à l’Elysée le secrétaire général adjoint, François Pérol ; celui-ci était directeur adjoint du cabinet de Nicolas Sarkozy en 2004 lorsque nous lui avions « vendu » avec succès la note de 24 pages dont est issu le premier texte sur l’ISF-PME voté par la commission des finances du Sénat mais arrêté par Jacques Chirac, vraisemblablement pour raison de TSS.

A la dernière minute, François Pérol nous fait recevoir par son adjoint, Bernard Delpit, un inspecteur des finances comme lui, qui vient de quitter la stratégie de Peugeot pour le rejoindre à l’Élysée.
L’entretien avec Bernard Delpit dure plus d’une heure dans un bâtiment annexe de l’Élysée mais Delpit est peu au courant du sujet et nous nous bornons à réexpliquer notre retard en création d’entreprises, l’impact sur l’emploi et les quelque 200.000 emplois manquant de ce fait chaque année, son origine dans le manque d’investissement dans les créations d’entreprises et la nécessité d’une incitation fiscale forte.

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