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L’emploi, c’est simple si l’on abandonne quelques chimères

Par Bernard Zimmern,
le lundi 17 septembre 2012

Créer des emplois, des vrais, dans de vraies entreprises, c’est simple : d’autres pays l’ont fait.
Les USA qui, même actuellement, en pleine crise, ajoutent 2 millions d’emplois nouveaux de plus chaque année à leur parc, la Grande-Bretagne qui malgré la bulle financière n’a jamais vu son chômage dépasser 8%, le meilleur taux enregistré par la France depuis 20 ans. Et bien sur l’Allemagne.

Il faut simplement que ceux qui ont des idées de produits ou de services nouveaux trouvent l’argent pour les mettre en œuvre au sein d’une start-up, que l’innovation quitte le domaine de l’abstraction pour s’incarner dans des entreprises à forte croissance, des start-up qui deviennent des gazelles.
Il ne leur faut pas des millions, pas dix mille euros mais entre les deux, 500.000.

500.000 euros est la capitale de la Vallée de la Mort qu’une gazelle doit traverser pour aller de la colline des 100.000 euros qu’elle peut réunir à travers les CCC, copains, cousins cinglés, la famille, et la montagne du million d’euros à partir desquels le capital-risque commence à s’impliquer.
Les Anglo-saxons l’ont fait en invitant des milliers de petits riches à investir dans ces entreprises en faisant prendre par l’Etat la moitié du risque puisqu’il prend la moitié des profits en cas de réussite.
Les Allemands l’on fait en gardant des milliers de banque locales qui ne vivent qu’en prenant le risque d’investir dans des projets capables de devenir leurs futures clientes PME alors que nos banques locales, après des années de fusions et concentrations, attendent les ordres de Paris.

Offrir à nos innovateurs de trouver facilement 500.000 euros pour réaliser leur rêve n’est pas financièrement hors d’atteinte.
Il faut 20.000 euros d’investissement pour créer en moyenne un emploi, 60.000 à terme pour le garder et le développer.
Nous n’avons que très peu d’entreprises qui réunissent 500.000 euros à leur naissance, certainement moins du millier ; il nous en faudrait 10.000 qui injectent dans des emplois nouveaux 4 à 5 milliards pour créer 200.000 emplois de plus, le retard que nous prenons sur les Allemands chaque année. Si l’Etat en prend la moitié, c’est pour lui 2 milliards ; mais l’investissement le plus rentable de tous pour le budget puisqu’il revient dans les caisses de l’Etat par la TVA en 4 mois… si Bercy faisait son travail.

Mais pour mettre en œuvre les mesures très simples qui créeraient 200.000 emplois de plus annuellement, nous avons quelques chimères à abandonner :

> Croire que c’est l’Etat qui peut se substituer aux investisseurs privés et financer les créations d’entreprise. Il est difficile à un investisseur privé de réussir ses investissements dans les créations d’entreprise, la phase la plus risquée de la vie d’une firme puisque la moitié ont disparu 5 ans plus tard. Qui peut croire encore que des fonctionnaires ou para-fonctionnaires travaillant non avec leur argent mais l’argent des autres peuvent mieux faire ? Faut-il que nous répétions encore l’expérience de l’ANVAR qu’il a fallu transformer en 1978 après 200 millions de francs disparus sans résultats, et fermer en 2005 après un trou inexpliqué de 261 millions, d’euros cette fois ?

> Croire que ce sont le capital-risque ou des fonds mutualisés (Madelin) qui peuvent financer ces créations ? Alors que les Américains depuis 1958 et les FCPI depuis l’an 2000 savent que c’est l’échec assuré que d’investir en dessous du million, que de ce fait le capital-risque américain participe à la création de seulement 400 entreprises par an alors qu’il s’en crée 500.000 par an dont 50.000 financées par les Business Angels ?

> Croire que l’on peut se passer des riches pour sortir les Français du chômage. La droite n’ose plus encourager les riches à investir depuis 1988 où Chirac a cru que c’était la suppression de l’IGF, prédécesseur de l’ISF, qui lui avait fait perdre les élections. Depuis la droite, quand elle est au pouvoir, se contorsionne pour créer des petits boulots sociaux faute de créer des vrais boulots : service à la personne (Borloo), auto-entrepreneur (Novelli), même les incitations pour créer des vraies entreprises comme l’Avantage Madelin ou l’ISF-PME ont été fixées avec des plafonds si bas que leur effet sur la création de gazelles, nos futures grandes entreprises, a été nul. Avec le paradoxe de coûter beaucoup plus cher au budget de l’Etat que d’encourager les riches à créer de vrai emplois.

> Croire que Bercy a fait son travail.

> Comprendre enfin quelles sont les coalitions plus ou moins occultes qui ont fait avaler à l’opinion et à une élite politique désorientée que la lutte contre les inégalités était plus importante que la lutte contre le chômage, alors que ne pas avoir d’emploi est la pire des inégalités.

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