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L’échec d’Obamacare est-il en vue ?

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 25 novembre 2015

Le vote de la loi dite Obamacare (Affordable Care Act) a été le grand marqueur de la présidence Obama.

Obtenu grâce à la conquête par le parti démocrate de 60 postes de sénateurs sur les 100, après des mois de procès juridique, le dernier concernant le Wisconsin ayant été obtenu après un recomptage des voix où des prisonniers auraient participé et qui aurait donné le siège au parti démocrate avec seulement quelque 200 voix d’avance [1], ce marqueur serait en danger, non sur le plan juridique où la Cour suprême l’a validé, mais dans la pratique car les caisses d’assurance établies pour accueillir ceux qui ne disposaient pas jusqu’alors d’une assurance santé, déposent le bilan l’une après l’autre.

Le plus important assureur de santé aux États-Unis, le United Health Group Inc., vient d’annoncer qu’il avait subi des pertes majeures à travers les caisses organisées dans les états dans le cadre de cette loi. L’un des problèmes est que les nouveaux assurés s’assurent seulement lorsqu’ils ont un problème de santé et que le coût de ces assurés serait 20 % plus élevé que le coût normal. Un autre problème est que les jeunes ne s’assurent pas, préférant subir une pénalité de plusieurs centaines de dollars plutôt que de payer le prix de l’assurance.

Un exemple est celui d’une femme de quarante-huit ans au Texas avec un mari et quatre enfants, dont l’assurance s’est retirée et qui n’a d’autres choix que de souscrire une police qui ne couvre pas son docteur de famille et représente cependant une dépense de 1.540 $ par mois.

Cette femme a préféré s’inscrire dans une organisation chrétienne caritative dont les membres acceptent de partager d’avance les dépenses de santé qui pourraient frapper d’autres membres.
Il est clair que le président Obama a fait une faute majeure en ne supprimant pas les assurances de santé et en ne les remplaçant pas par un payeur unique, comme l’URSSAF en France.
Au moins, avec un payeur unique, plus personne ne sait si les cotisations couvrent ou non les dépenses.

La liberté de cette femme de souscrire à une coopérative est impensable en France où nous n’avons pas le choix de couvrir nos dépenses de santé autrement qu’à l’URSSAF (ou autres caisses comme pour les notaires, les artisans) et où même les médecins non conventionnés en catégorie 3 (ils seraient environ 500 en France) sont obligés de déclarer à la sécu tous leurs actes, et dont la visite est remboursée 3,90 €.

Cette évolution américaine interpelle : il y a ceux qui vont dénoncer ces sociétés d’assurance avides, dont la conduite n’est dictée que par le profit. Il y a ceux, et nous en sommes, qui vont se demander si la liberté de choisir n’est pas la forme la plus efficace et la plus égalitaire pour une politique nationale de santé.

Les Hollandais ont choisi en 2006 de passer du payeur unique à une solution qui pour moitié fait couvrir les dépenses de santé par la solidarité nationale de l’impôt, et l’autre moitié par des assurances qui seules ont la taille pour réunir les compétences nécessaires et faire l’intermédiaire entre les médecins et autres fournisseurs de santé et les patients, mais les mettent en concurrence.

Pour l’instant, comme démontré dans le colloque tenu en février 2015, les Hollandais semblent largement gagnants, tant sur le plan de la qualité de la santé en Hollande qui serait en tête des pays européens, que sur le plan de l’égalité entre citoyens.

L’évolution de la santé en France, passée du premier rang en 2000 au neuvième rang (2013) et au onzième rang (2014) en Europe, et les inégalités qui s’accroissent comme peuvent le mesurer ceux qui n’ont d’autre alternative que les salles combles des urgences dans les hôpitaux publics, ne peut manquer de faire écho aux événements qui se déroulent de l’autre côté de l’Atlantique.


[1Et donc marque comment les évolutions des USA se jouent souvent à quelques centaines de voix alors que les Américains sont 310 millions.

Messages

  • Je suis assez surpris par votre article qui montre soit une ignorance de ce qu’est le PPACA (Obamacare) soit un manque de logique dans votre réflexion. En effet, le programme mis en place par Obama ressemble davantage à ce que vous décrivez être le système d’assurance maladie néerlandais qu’à notre système d’assurance maladie. Qu’est-ce qu’Obamacare ? C’est l’obligation pour tous de souscrire une assurance maladie auprès des compagnies d’assurance. En contrepartie de cette obligation, l’Etat accorde des subventions aux personnes trop pauvres pour pouvoir payer leur assurance. Quelle différence avec la France ? Pas de régime public universel avec un centre payeur unique public (ou parapublic), choix de son assurance par exemple. Un point commun : le caractère obligatoire de s’assurer. Maintenant les points communs avec ce que vous décrivez des Pays-Bas : obligation de souscrire une assurance, choix dans son assurance. Différence : dans le cas néerlandais, l’Etat participe automatiquement à 50%, dans le cas US, il ne participe que pour les plus pauvres. Même si je trouve que le modèle néerlandais se rapproche plus du modèle français que us (en France il existe l’assurance complémentaire qui semble proche de ce qui existe aux Pays-Bas, d’après B. Zimmern), si on devait rapprocher l’Obamacare, je le rapprocherais plus des Pays-Bas que de la France. Aussi je m’étonne des propos de B. Zimmern. Ou bien l’Obamacare promet un échec et dans de cas les Pays-Bas vont vers l’échec eux-aussi. Ou bien les pays-Bas sont un succès et dans ce cas l’Obamacare suit le même chemin…. Ce qui devrait choquer b. Zimmern c’est que l’assurance maladie néerlandaise est bien plus étatiste qu’obamacare….

    • Vous avez parfaitement raison de souligner qu’Obama n’est pas allé vers le payeur unique mais est resté dans le cadre des assurances individuelles.

      Le principal défaut d’Obamacare est d’avoir imposé des garanties minimum qui imposent des prélèvements trop élevés notamment sur les plus jeunes, garanties souvent très arbitraires (rappelez vous Gruber payé 6 millions de dollars comme expert pour faire ce plan et qui a avoué qu’il a joué sur la crédibilité des Américains) et d’avoir forcé la construction de sites d’assurances avec l’argent public.

      Cela a tordu le marché pour des résultats finalement assez dérisoires et chers.

      On peut se demander si tout Obamacare n’est pas un montage purement politique car si mes données étaient exactes sur les 41 millions de non-assurés, seulement 6 l’étaient plus de 18 mois.

      Medicaid et Medicare sont en grande partie l’équivalent du budget solidarité des néerlandais et la santé aux États-Unis et séparés la solidarité de l’assurance.

      Bernard Zimmern

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