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L’attaque tous canons dehors de The Economist, une bonne nouvelle pour Trump ?

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 8 mai 2016

On est frappé par la violence de la grande revue britannique The Economist cette semaine contre celui qui va devenir le candidat du parti républicain pour les élections présidentielles américaines.

En effet, The Economist n’hésite pas à intituler son article de tête : « Donald Trump’s victory is a disaster for Republicans and for America ».
La victoire de Donald Trump est un désastre pour les Républicains et pour l’Amérique.

Et de conclure sa dissertation en élargissant le désastre à l’ensemble du monde : « Mr Trump’s triumph has the makings of a tragedy for Republicans, for America and for the rest of the world », le triomphe de Mr Trump a tous les signes d’une tragédie pour les républicains, pour l’Amérique et pour le reste du monde.

Zanny Minton Beddoes est devenue « Editor-in-chief », rédactrice en chef, il y a environ deux ans et c’est elle qui signait la version Internet de cet éditorial.

L’article rappelle un certain nombre de prises de position de Donald Trump avec lesquelles on peut en effet prendre ses distances.
Mais la violence du titre et de la conclusion nous amène à nous poser des questions sur l’objet de cet éditorial.

La première réponse pourrait être que Donald Trump apparaît non pas misogyne mais macho et qu’une femme, même rédactrice en chef d’une grande revue internationale, en aurait pris ombrage.
Mais on peut se demander si une autre hypothèse n’est pas plus vraisemblable.
Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, The Economist n’est pas ou plutôt n’est plus un média politiquement neutre depuis 2004.

Avec beaucoup de franchise, la revue annonçait en effet que son lectorat s’étant développé considérablement aux États-Unis et particulièrement dans les villes dont la plupart ont une majorité démocrate, l’orientation politique de la revue ne serait plus dictée par des considérations britanniques mais par les intérêts de la majorité de ses lecteurs. Et de se livrer ensuite à une attaque en règle du président américain de l’époque, Georges Bush deux.

On peut donc se demander si la violence de cette attaque contre Donald Trump n’est pas dictée par la crainte de voir le candidat présidentiel du parti démocrate, Hillary Clinton, en danger devant un candidat républicain qui n’appartient pas à l’establishment, ne respecte pas tous les canons qui définissaient le parti républicain mais également l’enfermaient et le paralysaient. Donald Trump n’avait-il pas osé cri tiquer la décision de Georges Bush d’envahir l’Irak pour en chasser son dictateur ?
La crainte de Zanny Minton Beddoes serait d’autant plus justifiée que les pronostics annonçant l’immobilisme du FBI sont remis en cause. Pendant la campagne électorale, le FBI n’aurait pas du faire aboutir ses enquêtes sur le serveur privé d’Hillary alors qu’elle était secrétaire d’État, c’est-à-dire ministre des affaires étrangères. Il semble que ces enquêtes se resserrent puisque suite notamment à la déposition d’un « hacqueur » nommé Gucifer, des assistants directs d’Hillary soient maintenant contraints de témoigner.

Avant de jeter Donald Trump aux gémonies, l’éditorialiste de The Economist n’aurait-elle pas mieux fait de se demander ce qui pourrait se passer si Hillary Clinton était forcée de se retirer de la course à la présidence ?

En effet, pour l’instant, son adversaire Bernie Sanders n’a pas abandonné et vient de gagner un État clé qui est l’Indiana.

Si elle se retirait, c’est Bernie Sanders qui deviendrait le candidat présomptif mais il est tellement à gauche qu’il a très peu de chances de l’emporter dans une Amérique encore proche de ses entreprises et de la création d’emplois.

N’est-il pas alors possible, sinon probable, qu’un tiers candidat se lance dans la course à la présidence en jouant sur les vides qui se seraient ainsi créés du côté démocrate et de ceux que Zanny Minton Beddoes dénonce du côté républicain ?

Messages

  • Certes, The Economist tape fort. Mais en tant que magazine plutôt libéral, cela me semble logique. En revanche, je suis de plus en plus surpris par la bienveillante tolérance de ce blog vis à vis de Trump.

    Dans mon esprit, Emploi2107 appartient clairement à la mouvance libérale. Sachant que Trump est clairement antilibéral, il y a quelque chose qui m'échappe...

    • Réponse de Bernard Zimmern :
      Libéral est un étiquette, dont le contenu à une certaine époque (par exemple celle de Friedman) a aidé l’humanité. La question que je me pose, et qui est en fait la question posée par Trump, n’est -elle pas que nous sommes dans un autre monde dans lequel ce qui fait l’essence de la société occidentale peut sombrer si on ne change pas en partie de paradigme ?

  • Une éclairage intéressant sur les différents candidats à la future élection US. La politique aux mains des professionnels offrant tellement d'avantages, que cela attise tous les appétits. Mais c'est tellement banal de dire tout cela. Il y a tellement si longtemps que la vraie démocratie a disparu. Les rois ont disparu, mais les apparatchicks ont pris la place.

  • "ce qui fait l’essence de la société occidentale peut sombrer si on ne change pas en partie de paradigme ?" : J'ai le sentiment que vous prêtez des à Trump des réflexions beaucoup plus profondes et sophistiquées que celles qu'il développe chaque jour...

    Quoiqu'il en soit, son programme allant à l'encontre de tout ce que vous défendez chaque semaine sur ce blog, je maintiens que votre bienveillance envers Trump m'est incompréhensible...

    (A lire : un excellent résumé du programme pro taxes, pro inflation et pro salaire minimum de Trump : https://fee.org/articles/trump-s-economic-plan-higher-taxes-higher-inflation-and-higher-minimum-wage/ ?)

    • Réponse de Bernard Zimmern :
      Je partage toutes les inquiétudes exprimées à l’égard de Trump. Mais entre une certitude de la fin de l’Amérique avec Hillary (que j’ai vu à l’oeuvre en habitant aux USA 27 ans) et la probabilité que Trump ne soit qu’à moitié fou, je préfère la seconde option qui laisse au moins une chance à l’avenir.

  • En 2004, M Moore a eu la palme d'or à Cannes avec un film tellement de parti pris sur GW Bush que celui-ci a finalement était mieux réélu qu'il n'avait été élu ! Belle réussite es manipulation ! Plus facile de tromper un jury qui se croit penser bien que l'ensemble de la population.
    The Economist aura-t-il une palme à Cannes ou à Stockholm ?
    Important pour D.Trump !

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