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L’Ambassade de Washington informe-t-elle ou déforme-t-elle ?

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 24 septembre 2014

On nous transmet un rapport publié par le Service pour la Science et la Technologie de l’Ambassade de France à Washington, rédigé par un stagiaire et dont, comme à l’habitude depuis que nous avons commencé à nous intéresser à ce sujet depuis 30 ans, il ressort que l’Etat, en l’occurrence celui du Massachussetts, est l’instigateur ou l’animateur de l’innovation et du développement.

Nous donnons ci-dessous le résumé placé en tête du rapport.

Personne n’a été dire à ce stagiaire que si la région de Boston est si féconde en créations de start-up, c’est grâce à l’initiative individuelle beaucoup plus qu’aux interventions d’un bureau ou organe de programmation quelconque.
Si la région de Boston est si féconde, c’est qu’elle regorge de Business Angels et que la cause principale de cette fécondité se trouve dans la Subchapter S votée par le Congrès en 1958.
Il se trouve que nous avions suggéré au professeur Jeffrey Sohl de l’Université du New-Hampshire, qui s’appuie sur un panel de Business Angels de la région de Boston, de demander à ces Business Angels ce qu’ils feraient si la Subchapter S était supprimée.

Il faut rappeler que la Sub S est une société créée par un chapitre du code fiscal, le Subchapter S, qui permet à des investisseurs dans une société de ce type de déduire leur quote-part des pertes de leurs revenus alors que la Sub S reste une société de capitaux.
La réponse a été nette : ils réduiraient substantiellement leurs investissements.
La Subchapter S (ou une variante qui est la LLC) est l’outil miracle qui a permis l’explosion des start-up et qui est maintenant le régime fiscal utilisé par plus de 95% des créations d’entreprise car il réduit en gros de moitié le risque de financement des start-up.

Pour notre stagiaire, le coût des Sub S annuellement pour le budget fédéral américain est une perte d’une bonne vingtaine de milliards de dollars (mais il en retire par la taxation des profits plus de 60 milliards).
Nous voulons croire que le consulat de France n’a pas donné à ce stagiaire les ordres de grandeur permettant de relativiser ses recherches.

Accessoirement, il faudrait également lui dire que quand il cite 230.000 emplois comme le nombre d’emplois créés en France, la majorité de ces emplois ne sont que des zombies.
Pour éviter de compter dans les emplois créés les entreprises créées sans salariés, le Census américain ne compte comme créations d’emplois que ceux créés par des entreprises naissant avec au moins 1 salarié.
Sur cette base, les Américains créent environ 2 millions d’emplois nouveaux par an, la France autour de 100.000 (chiffres INSEE).
Cherchez l’erreur…

Sans forfanterie, puis-je conseiller à notre jeune stagiaire de consulter l’IRDEME s’il désire des chiffres sérieux sur les créations d’entreprises et d’emplois ?

B.Zimmern

Innovation, Entrepreneuriat

Document : Rapport d’Ambassade / Consulat Général de France à Boston, Massachusetts
Titre : L’état du Massachusetts, catalyseur de l’interface entre innovation et entrepreneuriat
Auteur(s) : Guillaume Decorzent, stagiaire, Service pour la Science et la Technologie
Date : Novembre 2013

Ce rapport propose une analyse des politiques publiques de l’état du Massachusetts pour catalyser le processus d’innovation passant par la création d’une nouvelle entreprise. Le Massachusetts est un écosystème très spécifique, caractérisé par (i) une R&D très intensive s’appuyant sur des universités de renom, ainsi que (ii) des initiatives émergentes des acteurs privés, qui ont pour but d’aider les entrepreneurs à dépasser les barrières qu’ils peuvent rencontrer. Grâce à une cartographie de ces « adjuvants » de l’entrepreneur, j’ai proposé une analyse de la politique de l’administration du gouverneur, en particulier les actions de l’Executive Office for Housing and Economic Development (EOHED). L’approche de l’EOHED peut être qualifiée de « bottom-up » : il cherche à se positionner en « interlocuteur valide » des acteurs privés pour ensuite former sa connaissance de l’économie de l’innovation, identifier les barrières de marché sur lesquelles son action serait pertinente et productive, pour enfin construire une politique de soutien à l’entrepreneuriat innovant que l’on pourrait presque voir comme « sous-traitée » via des financements aux acteurs privés déjà constitués animant les communautés et les filières.

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