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J + 50 jours du gouvernement Macron – Philippe : quel bilan ?

Par Yves Buchsenschutz,
le dimanche 9 juillet 2017

50 jours depuis l’investiture, c’est déjà presque deux mois, et cela coïncide avec le discours du Président Macron à Versailles, et celui du Premier ministre Philippe, devant l’Assemblée nationale. Dans les deux cas, nos gouvernants ont insisté, non seulement sur la nécessité des réformes, mais également sur la manière de les mettre en place : « obtenir des résultats concrets, le plus rapidement possible. » Partisans de l’objectif - encore faut-il le préciser - comme de la méthode, examinons les résultats au bout des 50 premiers jours.

Pendant cette période, la vie des Français a changé :

Le Français conducteur a hérité de trois nouveaux procès-verbaux que nous pourrions appeler : le PV sandwich, le PV maquillage et le PV écran ! puisqu’il serait désormais interdit de manger, de se maquiller et de regarder un écran, (hors assistance de conduite), y compris à l’arrêt au feu rouge ou dans les embouteillages. À chaque fois, amendes jusqu’à 1.500 euros ! Et retrait de points ! Oui la conduite automobile devient dangereuse (et elle devient coûteuse). Finalement il y a eu quelques jours après la parution de cette information un démenti de la Délégation à la sécurité routière. Le conducteur doit cependant se munir d’une vignette « niveau de pollution ». Le conducteur de deux roues doit mettre ses plaques d’immatriculation aux nouvelles normes, à ses frais. Au passage, personne ne semble avoir remarqué que les deux roues (1% des véhicules) sont victimes de près de 20% des accidents. On ne sait pas très bien s’il s’agit d’améliorer la sécurité ou les rentrées fiscales.

Le Français immobilier vient d’hériter de deux diagnostics obligatoires supplémentaires : un diagnostic électricité et un diagnostic gaz, lesquels viennent s’ajouter aux diagnostics plomb, énergie, à la surface « Carrez », etc. Le coût total du package est évalué à ce jour à 300 euros par un multi-spécialiste. Si l’on ajoute cela à la concentration de l’ISF sur le seul immobilier, cela va certainement encourager les bailleurs potentiels à construire et donc à détendre le marché…

Le Français « moral » se voit appliquer la loi Sapin 2, sur la déclaration du lobbying potentiel des associations ayant des contacts avec des élus. Tout doit être déclaré : les contacts, les rendez-vous, les dates, etc. Il n’est pas précisé si, ayant une opinion et l’ayant exprimée à un élu qui l’aurait lue ou entendue, on devient ipso facto, lobbyiste. Et c’est un devoir de vacances. La déclaration doit être faite pour le 1er septembre. Je ne vous parle pas des sanctions mais c’est très chaud. Pour l’anecdote, trois ou quatre ministres du premier gouvernement Philippe sont déjà passés à la trappe pour motif de moralisation, y compris le principal ordonnateur de la nouvelle loi pour la confiance, François Bayrou ! (Lequel avait inventé la transformation de la réserve parlementaire en fonds d’action pour les territoires. De qui se moque-t-on ?)

Le Français contribuable attendait, le porte-monnaie et le chéquier sur la table, les baisses ou aménagements d’impôt. De ce côté-là, il a gagné le report - momentané ? - du prélèvement à la source de l’IRPP. Pour rappel, dans sa dernière version avant report, l’amélioration consistait à payer d’avance pour être remboursé après, à le faire calculer entre trois et quatre fois par les contribuables et les services fiscaux mais aussi par les entreprises, voire les banques ! À défaut d’une simplification, c’est une complexification reportée. Pour le reste, ISF, taxation des plus-values, fiscalité locale, etc., tout demeure pour le moment au niveau de projet. Moi contribuable, je ferai en 2017, des chèques et virements comme en 2016 et probablement encore en 2018. Quant à l’augmentation de la CSG, elle sera neutralisée pour tout le monde, sauf pour les retraités, lesquels veulent bien comprendre l’opération pour les actifs privés mais ont plus de mal à suivre la raison pour laquelle les fonctionnaires retraités seraient épargnés. Une autre bonne nouvelle c’est le gel du point d’indice de ces derniers dans le futur. Il vient cependant d’être augmenté par François Hollande comme cadeau de départ électoral dans un paysage d’inflation quasi nulle, de gel des retraites et de quasi-gel des rémunérations du privé. Les allocations chômage quant à elles augmentent de 0,65% !

Autres nouvelle : (pour ceux que cela concerne), l’autorisation, sous condition de la PMA et de la GPA. C’était évidemment d’une urgence extrême puisque ces enfants pourront désormais se joindre aux autres pour payer demain la retraite par répartition et la dette soigneusement accumulée par leurs parents qui jusque-là n’y participaient pas. (Je mets quiconque au défi d’élever un enfant avec le produit actuel de sa part fiscale, liée à la famille).

Sur les nominations (il me semble avoir entendu cela chez mon ancien employeur : il faut prendre les meilleurs !) : le peuple a appris avec soulagement que Ségolène Royale serait désormais ambassadrice de France chargée des négociations internationales pour les pôles arctique et antarctique avec des émoluments atteignant 80.000 euros. La voilà au froid, mais à l’abri. Nous sommes heureux également de constater que quasiment tous les énarques de la promotion d‘Emmanuel Macron ont trouvé une bonne place. C’était une promotion extraordinaire, comme la promotion Voltaire de François Hollande, qu’elle remplace ?

Une bonne nouvelle du côté de l’Europe : les frais d’itinérance téléphonique sont baissés et normalisés sur tout le continent. Par contre les accords sur les travailleurs détachés des différents pays ne semblent pas promis à une évolution rapide.

Le don d’organes est désormais la situation automatique de référence : l’État décide désormais de l’utilisation de votre corps, sauf spécification expresse. Au moment où l’on déplore, à juste titre, la disparition de Simone Veil, cela ne manque pas d’interroger quelque peu.

Côté Éducation nationale, il y aurait en théorie du mieux dès septembre pour les petites classes « à complication », mais la solution retenue est le dédoublement systématique dont on n’est pas du tout certain qu’il résoudra le problème. On constate a contrario le statu quo dans le système APB (algorithme après bac) et tirage au sort, voire de la mise en place d’autorité de la mixité géographique des classes. On se demande après cela pourquoi l’école privée se porte aussi bien. Il y aura une remise en ordre par contre dans les classes bilangues (de fait jamais disparues ?) et dans l’enseignement des langues anciennes. Quand on le veut, il semblerait qu’on puisse aller vite. La réforme des rythmes scolaires est d’ores et déjà d’ailleurs susceptible d’aménagements locaux.

On pourrait continuer, avec par exemple « l’isolation acoustique des travaux » qui devient obligatoire, ou le remboursement de la dentisterie ou de l’optique (sur quel budget ? Nous avons déjà un over-déficit de près de 10 milliards). Mais c’est un peu lassant.

En conclusion, on dirait volontiers, « business as usual ». Beaucoup de décisions administratives, d’un intérêt incertain, beaucoup de discours, de promesses, d’évocation de lendemains qui chantent - une petite lueur de mouvement dans le « mammouth » de l’Éducation - mais il y a tellement à faire ! Mais peu, trop peu de réalisation face à un réel espoir. Cinquante jours, c’est déjà beaucoup pour des gens en principe spécialistes, préparés, hypercompétents et décidés. Rendez-vous pour les 100 !

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