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Immigration : quelques chiffres ignorés

Par Valérie Pascale, Bernard Zimmern,
le dimanche 13 septembre 2015

Par hasard, l’IRDEME s’est intéressé à l’immigration cet été et nous avons tracé quelques courbes des taux d’immigration, c’est-à-dire du rapport entre le nombre d’immigrants constatés pour une année à la population du pays.

Dans les chiffres d’immigrants tirés d’Eurostat, il s’agit de l’immigration totale, c’est-à-dire aussi bien des immigrants venus d’autres pays européens que de l’immigration en provenance de pays hors Europe.

Nous serions heureux d’avoir l’avis de spécialistes pour savoir la solidité de ces chiffres, s’ils sont tirés de déclarations aux autorités ou de recensements.

Mais quelques idées naissent à regarder ces chiffres :

1. On comprend que l’Allemagne ait un taux fort d’immigration et se trouve être avec l’Espagne le pays où le nombre des immigrés est annuellement le plus élevé, autour de 600.000. Malgré cette immigration massive, le total de la population allemande reste constant à 82 millions en raison de son déficit démographique. On peut concevoir que l’Allemagne ait décidé de recevoir 600.000 réfugiés syriens ; ils se substitueront en partie aux immigrants turcs.

2. Le total de l’immigration vers l’Europe, donc l’immigration en enlevant les migrations entre états européens atteint environ deux millions par an dans les dernières années dans les 15 pays membres fondateurs de l’Union européenne (Allemagne, Belgique, France, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Danemark, Irlande, Royaume-Uni, Grèce, Espagne, Portugal, Autriche, Finlande, Suède). Rapportée à leur population totale de 394 millions, elle est plus élevée proportionnellement que l’immigration aux USA qui est seulement de l’ordre du million pour une population de 310 millions.
Est-ce parce que les USA ont depuis longtemps monté un filet de protection à l’entrée sur leur territoire avec, par exemple, un contrôle numérique des passeports alors que l’entrée dans l’espace Schengen est une passoire si l’on en juge par le contrôle des passeports presque inexistant pour l’entrée en France ?

3. Plusieurs études indiquaient que le taux d’immigration est fortement lié à l’arrivée des étudiants, attirés par le pays.
Quand on voit le taux d’immigration de la France qui serait l’un des plus faibles d’Europe, ne peut-on se demander si c’est parce que la France n’attire plus les étudiants ? On serait tenté de le croire d’autant plus que les études tirées de la Cour des comptes montraient déjà il y a quelques années la faillite de la francophonie, une machine à distribuer des crédits, avec les agences françaises telle l’AEFE (Agence pour l’enseignement du français à l’étranger) infiniment moins efficace que le British Council.(voir Rapport iFRAP 2008 « réformer la Cour des comptes, redéfinir sa mission » Chapitre I.5 Comparaison « British Council » et « l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger »).
Enseignement vérifié en voyageant dans des pays étrangers pourtant voisins comme l’Espagne où le français a quasiment disparu alors qu’il était encore vivace il y a quelques années et a été remplacé par l’allemand, l’italien et bien sûr l’anglais.

Messages

  • On ne peut que s'étonner devant ces chiffres : la France par exemple aurait le plus faible taux, et de plus sur une longue période ? Comment expliquer alors que nous ayons la première communauté musulmane d'Europe ? Comment sont collectées ces données ? de l'immigration "officielle" ? Quid des autres "façons" de se trouver sur le territoire ?

    • Mon hypothèse est que l’immigration nord-africaine, celle que l’on voit, est le fruit des évènements de 1962 (harkis) puis de l’arrivée massive de manœuvres pour nos usines automobile avec le droit à la réunification familiale donnée après. Mais l’immigration récente reste faible devant la natalité des immigrés d’avant. BZ

  • "Elles montrent aussi que la France a l'un des plus bas taux d'immigration d'Europe et confirment que les immigrants veulent aller en Allemagne ou au Royaume-Uni, pas en France."

    est-ce à dire que les immigrés préfèrent encore des emplois à des allocations ?
    effectivement ils ne sont pas dignes de risquer de devenir français

  • Je réagis à l'évocation de Michèle Tribalat. Ses travaux sont très sérieux et sa thèse selon laquelle aussi bien Bruxelles que notre gouvernement actuel ne cherche pas l'assimilation me paraît fondée. J'en ai discuté avec des Maghrébins très francisés ( il y en a beaucoup dès que l'on monte dans la hiérarchie sociale aussi bien en France qu'au Maghreb). Ils sont sensibles à une propagande à la mode selon lequel l'assimilation est une violence que l'on ferait à leurs idées et à leurs convictions. Quand j'explique qu'il s'agit tout simplement de souhaiter une évolution « rendant semblable aux autres » (étymologie du mot assimilation), et qu'elle se fait tout seule au fil des générations s'il n'y a pas de ghetto, ce qui est le cas pour mes interlocuteurs, ils changent d'avis et disent que c'est naturel et souhaitable.
    Donc on a lancé une mode « anti assimilation », ou, ce qui est voisin, une mode « multiculturalisme » qui sépare artificiellement un groupe tout à fait assimilable du reste de la population.
    Dans cet esprit je suis moins d'accord avec Michèle Tribalat, qui, comme beaucoup d'autres autour de nous, a tendance à raisonner en « blocs » : lorsqu'elle calcule qu'il y a 5 millions de musulmans en France, ou une majorité musulmane dans telle ville, elle en parle comme s'il s'agissait d'un bloc, alors que les gens du terrain connaissent l'infinie variété des situations et des sentiments individuels.

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