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France : pas de révolution Trump sans une télévision guidée par les entrepreneurs créateurs d’emplois

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 9 novembre 2016

L’élection présidentielle américaine de 2016 restera probablement pour longtemps un mystère, car comment comprendre qu’un candidat, Donald Trump, donné avec 4% de retard sur Hillary Clinton par un sondage du Wall Street Journal, survenu quatre jours avant l’élection (avec une précision de plus ou moins 2,75 %), s’est retrouvé à gagner l’élection avec 700.000 voix d’avance sur un total d’environ 100 millions et un nombre de délégués absolument écrasant qui a obligé Hillary à concéder sa défaite avant que tous les résultats des États soient connus ?

Ce retournement est d’autant plus étonnant que le candidat Trump était surclassé sur tous les terrains par la machinerie démocrate avec un budget d’annonces télévisées très inférieur et seulement quelques milliers de supporters pour aller chercher les électeurs chez eux et les amener au bureau de vote, alors que la machine mise en place par Barack Obama en 2008 et affinée en 2012, devait mobiliser plusieurs centaines de milliers de supporters.

Certes, on savait que la Floride allait voter Républicain car la manœuvre de Barack Obama pour attirer les Cubains immigrés en rétablissant les relations avec Cuba avait été un fiasco : il était connu de tous que les investissements des grandes entreprises américaines, notamment hôtelières, à Cuba, ne seraient pas faits au bénéfice du peuple mais des hauts militaires du régime Castro. On savait aussi que l’Ohio, un état clé car il a toujours voté pour le président finalement élu, semblait prêt à voter Trump en raison des désillusions de la politique industrielle depuis huit ans.

Mais un tel renversement entre les sondages et la réalité était peu croyable.

Derrière ce renversement, il y a non seulement une bonne perception par Donald Trump des sentiments profonds de la population mais aussi une très grande maîtrise des médias et de leur impact, acquise grâce à sa série télévisée avec plus d’une vingtaine d’épisodes : « The apprentice ». Cela lui avait permis de gagner les primaires avec un budget (financé de sa poche) cinq fois moindre que celui dépensé par Mitt Romney, le précédent candidat à la primaire républicaine de 2012.

Cette victoire n’aurait cependant pas été possible s’il n’avait existé aux États-Unis que les médias dont les médias français se font l’écho, par exemple le New York Times ou le Washington Post pour les quotidiens, ou CNN pour la télévision.

C’est la force des États-Unis d’avoir conservé des médias dont la moitié n’est pas contaminée par le socialisme ou l’égalitarisme, mais qui sont ignorés par la plupart des journalistes français.

C’est une banalité de dire que dans tous les pays, les journalistes sont à 90 % de gauche. C’est un peu dans la logique du métier, car comment intéresser le lecteur sans lui raconter des histoires qui provoquent des réactions affectives comme la peur, la compassion, l’amour : comme l’on dit en anglais : « good news, nos news ».

C’est devenu une des grandes difficultés de la communication des problèmes de nos sociétés modernes que d’en faire comprendre la complexité sans ennuyer mais au contraire en continuant de s’appuyer sur des sentiments élémentaires pour faire passer le message.

Ceci reste possible dans les grands médias américains, ignorés des médias français, mais qui couvrent heureusement une bonne moitié de la population américaine comme le Wall Street Journal ou Fox News.

La différence entre un journaliste du Wall Street et un journaliste d’un quotidien français, est que le premier a trois à six mois pour préparer son article alors que l’autre ne dispose que de quelques jours sinon quelques heures. C’est ce qui fait qu’un journaliste français reprend bien souvent les communications que publient les cabinets de ministres ou les dépêches de l’AFP en se bornant à changer quelques mots.

Une coïncidence a voulu qu’un entrepreneur australien, Rupert Murdoch, se soit lancé il y a près de 20 ans dans la création d’une télévision américaine, Fox News, qui ne représente pas les vues des socialistes américains typifiées par la chaîne CNN, mais les vues de ceux qui sont au contact de la création d’emplois et de l’économie américaine.

Pour Fox News, il est au moins aussi important de créer de la richesse que de la distribuer.

Le succès de cette chaîne a été tel qu’elle est parvenue à faire contrepoids à toutes les autres chaînes qui donnent plus ou moins dans le socialisme. Fox News aurait en effet en moyenne 1,9 million d’auditeurs contre un peu plus de 500.000 pour son plus proche concurrent CNBC et 350.000 pour CNN.

Quels que soient les mérites de Donald Trump dans son succès, il n’aurait pas pu réussir s’il n’avait pas eu le soutien de Fox News. On l’a bien vu dans les trois débats, où le premier était animé par un représentant de CNN assez partial et dont les questions avaient été fuitées à Hillary Clinton avant l’émission, et le dernier débat animé par un représentant de Fox News.

Il y a là un bon exemple à méditer pour ceux qui souhaitent le redressement de notre pays. Car, quelle que soit la valeur du candidat qui voudrait nous sortir des profondeurs abyssales où nous sommes tombés, se faire entendre de l’opinion pour obtenir un bouleversement comme celui dont les États-Unis sont les témoins, ne sera pas possible tant que nous aurons des télévisions contrôlées par ceux qui vivent de l’État, les « diseux », et pas de télévision à grand public, contrôlée par les « faiseux », les entrepreneurs qui prennent des risques et créent des emplois.

Messages

  • La presse "mainstream" française dopée par les subventions d'Etat et droguée par l'AFP ne sait plus jouer son rôle : celui d'informer sur les faits plutôt que sur les émotions.
    Le poids de la réinfosphère et de la presse libre internet progresse sans cesse auprès des jeunes et des milieux qui refuse le syndrome Pravda !
    Heureusement Bernard Zimmern reste vigilant ! Bravo pour cet article plein d'acuité !
    Charles Garnier

  • Comme toujours remarquable et évidente analyse. Pour ma part, je pense que la plupart des sondages d'opinions sont en fait commandés par les partis ou les media de gauche et ne servent qu'à véhiculer leur propagande.
    Ils sont en général établis sur la base d'interrogation d'un nombre ridicule d'individus non représentatifs(entre 100 et 1.000 max) et les questions sont parfaitement orientées pour en fausser le résultat. Ils sont ensuite servis aux ignorants pour faire croire à une pseudo opinion publique. Donc, les sondages ne se sont pas trompé, ils ont en fait essayé de tromper l'électeur. A ce jour je n'ai jamais vu dénoncer ce genre d'abus et pour cause par aucun journaliste.

  • CE sont les deux alternatives les plus naturelles, la troisième état qu'il était possible, même pour des professionnels honnêtes et connaisseurs sérieux des embuches des sondages de se planter à ce point. J'ai personnellement bien du mal à y croire. Avez vous un avis ?

  • La France est tellement gangrénée par les "diseux" que personne n'a sanctionné l'ambassadeur de France à Washington qui a émis un avis qui n'intéresse personne alors qu'il aurait dû se contenter d'être courtois !

    Arriverons-nous à nous débarasser de tous ces commentateurs qui, comme dans la fable du "Meunier, son fils et l'âne" entravent toute initiative au point que nous avons perdu la moitié de notre industrie.

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