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Emploi : la chute française a commencé avant 1970

Par Dominique Mercier,
le mercredi 23 avril 2014

Le pourcentage de personnes en âge de travailler et en emploi est très faible en France et ce depuis quarante ans.
Si le taux de chômage est souvent ausculté à la loupe, peu d’économistes s’intéressent à l’évolution du taux d’emploi. Le taux d’emploi donne la proportion de personnes en emploi dans la population en âge de travailler, c’est-à-dire ou bien les plus de 15 ans (Bureau des statistiques du travail américain) ou bien les 15-64 ans (agence européenne Eurostat).

En observant les chiffres de quelques uns des principaux pays occidentaux, il est frappant de constater que le taux d’emploi en France a non seulement toujours été comparativement plus faible mais qu’il est également en baisse continue depuis 1970. Dans les pays anglo-saxons, en Suède et aux Pays-Bas, les taux d’emploi sont aujourd’hui entre 58% et 63%, alors qu’en France, il dépasse à peine les 50%. Le graphique ci-dessous montre de manière éloquente le retard français (courbe rouge). Seule l’Allemagne (orange) a eu des taux proches de ceux de la France pendant longtemps.

Source : International Comparisons of Annual Labor Force Statistics, 1970-2012, Bureau of Labor Statistics

Le cas intermédiaire de l’Allemagne

Parmi ces pays [1] seule l’Allemagne a eu également un faible taux d’emploi persistant, taux qui a cependant considérablement remonté depuis les réformes du marché du travail opérées sous Schröder. Vingt trois ans auparavant, la réunification de l’Allemagne a entraîné un pic d’emploi, mais c’est parce que le chômage n’existait pas en RDA. Après 1990, le taux redescend progressivement, du fait sans doute des privatisations des 14.000 entreprises d’État et coopératives qui représentaient l’essentiel de l’économie de la RDA. C’est donc seulement à partir de 2003, date de la deuxième remontée de la courbe, que l’on peut réellement parler de redressement allemand. Les lois Hartz ont flexibilisé le marché du travail, réformé le système de chômage et encouragé le travail à temps partiel. Elles prouvent bien que si les effets sont à long terme (une dizaine d’année) l’impact de telles réformes peut être substantiel : depuis 2005, 2,5 millions de personnes sont ainsi entrées sur le marché du travail allemand.

Taux d’emploi et taux d’emploi public

Le faible taux d’emploi en France n’est par ailleurs qu’un des volets du problème. Ainsi, non seulement notre taux d’emploi total est plus faible, mais au sein de ce taux d’emploi déjà faible, une grande part est de l’emploi public. Comparé aux autres pays, le taux d’emplois financés principalement par l’argent public est en France parmi les plus élevés : il atteint 25% de la population en emploi contre 12 à 20% dans les autres pays (la seule exception étant la Suède).

Source : BIT, INSEE, Bureau of Labor Statistics

La situation économique préoccupante de la France n’est donc pas la conséquence de la crise de 2008 mais bien celle de choix politiques antérieurs. Le taux de chômage actuel ne représente que la partie émergée de l’iceberg.


[1Nous avons repris tous les pays occidentaux présentés par l’étude américaine, à l’exception de l’Espagne et de l’Italie, qui ces quarante dernières années ne nous semblent pas avoir été des exemples à suivre.

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