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Emmanuel Macron et sa vision irénique de l’islam

Par Claude Sicard,
le dimanche 29 janvier 2017

Chacun a pris conscience, à présent, que le développement de communautés musulmanes dans notre pays, un pays dont la civilisation a pour fondement le judéo-christianisme, pose à notre société des problèmes qui paraissent de plus en plus difficiles à résoudre. Ces nouveaux arrivants en provenance du monde musulman refusent la politique d’assimilation qui a toujours été celle de la République française. Il est donc important de connaître, de la part des candidats à la prochaine élection présidentielle, la façon dont ils comptent aborder ce que l’on ne peut pas manquer d’appeler « le problème de l’islam en France ».

Le mouvement En Marche prend, on le voit bien chaque jour, une place grandissante dans le paysage politique français. Emmanuel Macron séduit par l’originalité de sa démarche, par la qualité de son discours, par sa sincérité, et sa jeunesse est un atout. Aussi, son audience croît-elle à vive allure au point que l’on peut fort bien imaginer que ce candidat, devançant in fine Marine Le Pen au premier tour de la prochaine élection présidentielle, pourrait fort bien se trouver opposé en finale à François Fillon, en mai 2017. Mais ce candidat de dernière heure n’a pas encore dévoilé la totalité de son programme, s’étant borné jusqu’ici à traiter surtout de problèmes économiques. On attend donc avec impatience le moment de connaître le contenu exact des autres volets du programme, et tout particulièrement celui concernant la façon dont il envisage de traiter les problèmes que l’islam pose à notre société : la lutte contre Daesh, bien sûr, en tout premier lieu, mais aussi, d’une façon plus générale, la manière de redonner à la nation toute la cohésion dont elle a besoin, une cohésion que l’installation de l’islam dans notre société a fortement ébranlée ces dernières décennies.

Certains courants dans les populations d’origine musulmane installées en France sont, en effet, très traditionalistes et militent pour conserver leurs valeurs. Et dans les banlieues des grandes agglomérations on voit à présent bon nombre de jeunes issus de l’immigration qui, ne parvenant pas à s’insérer dans la société, se réfugient dans un islam radical. Certes, il s’agit là de minorités. La majorité des musulmans installés dans notre pays s’adaptent bien, en effet, à la façon dont une civilisation occidentale fonctionne, mais en ayant néanmoins le souci de conserver leur identité. C’est, précisément, cette volonté de rester fidèles à leur identité qui fait que beaucoup de sociologues nous disent que la France est devenue une société multiculturelle, comme c’est le cas des Pays-Bas ou de la Grande-Bretagne. Notre politique d’assimilation ne fonctionne plus.

Contrairement à François Fillon qui a pris le soin de dire comment il traitera, s’il est élu, le problème de l’islam dans l’excellent ouvrage qu’il a publié en septembre dernier “Comment vaincre le totalitarisme islamique ?”, Emmanuel Macron ne parait pas attacher la même importance que son concurrent aux dangers que la montée de l’islam en Europe fait courir à nos sociétés. Interrogé, dans une émission de RTL, par la journaliste Sabrina, qui est d’origine musulmane, comme elle le lui a rappelé, Emmanuel Macron a répondu d’une façon surprenante à la question : “Pensez-vous que l’islam n’est pas compatible avec la République ?” en assenant un : “Pas du tout !” prononcé avec vigueur pour signifier son intime conviction. Un peu plus tard, dans le grand meeting qu’il a tenu à Montpellier, une terre où la population est particulièrement sensible aux problèmes que pose la montée de l’islam dans notre société, Emmanuel Macron a été amené à préciser sa position. Il a tout d’abord affirmé : “l’islam n’est pas mon ennemi”, et il a dit qu’il convenait de distinguer Daesh de ce qu’est, selon lui, l’islam. Puis il s’est ingénié à minimiser le problème que l’islam pose à notre pays, en semblant tout ignorer du Coran. Plutôt que de reconnaître que l’islam pose un réel et difficile problème à notre société, il a formulé avec habileté la problématique dont il s’agit en disant tout benoîtement : “notre pays a un sujet avec l’islam”.

Il ne s’agirait donc pas, comme tout le monde l’affirme, d’un “problème”, mais seulement d’un “sujet”, un sujet de préoccupation. Une extrême habileté, donc, de la part d’un intellectuel de haut niveau qui manie avec dextérité la litote. Il a développé quelque peu, à Montpellier, sa pensée. Ce qui peut être un problème, a-t-il dit, “ce n’est pas l’islam mais certains comportements placés sous le signe du religieux”. L’arme dont nous disposons, a affirmé Emmanuel Macron, est très puissante : c’est la laïcité. Grâce à la laïcité, dit-il, aucune religion ne pose un problème à la France car la laïcité, un concept propre à notre pays, permet le “vivre ensemble”. La laïcité a été faite pour cela. Il a rappelé qu’en France il y a des valeurs qui ne sont pas négociables : la civilité, l’égalité hommes-femmes, et la liberté, et il veillera donc à ce que ces valeurs soient respectées car son objectif est de réconcilier la France pour qu’elle puisse “se projeter dans le monde”. Pour Emmanuel Macron, la France n’est pas une “idée” comme l’avait dit François Mitterrand, mais une “volonté”, la volonté en particulier de “ne pas laisser la religion nous diviser”. Il faut donc aider les musulmans de notre pays à devenir des “Français”, de vrais Français, et notre mission, nous dit encore ce candidat, “est de faire en sorte que les Français musulmans soient fiers d’être Français avant d’être fiers d’être musulmans”.

On voit ainsi combien ce candidat minimise les difficultés, ainsi d’ailleurs que les dangers que l’islam fait courir à notre société. Des dangers qui, comme nous l’avons indiqué plus haut, sont de deux ordres différents, avec d’un côté des problèmes de sécurité comme l’ont montré les très graves attentats perpétrés à Paris au Bataclan ou à Nice lors de la dernière fête du 14 juillet, et des problèmes sociologiques puisqu’il s’agit d’un risque de mutation, à terme, de notre civilisation, une civilisation ancienne qui a pour fondement le judéo-christianisme.

François Fillon, lui, semble bien avoir parfaitement pris la mesure du problème car il y a longuement réfléchi comme l’atteste son ouvrage très complet sur le totalitarisme islamique, un ouvrage qui dénote de la part de son auteur une très bonne connaissance de l’islam. Dans cet ouvrage François Fillon nous avertit des graves dangers qui nous menacent, nous disant par exemple : “C’est notre survie qui est en jeu : la France que nous aimons est aujourd’hui menacée, pas seulement dans son intégrité, mais aussi dans son mode de vie, dans sa liberté, dans ce qui constitue le cœur de notre civilisation”. On a donc affaire d’un côté à un candidat qui nous dit que l’islam est un simple sujet de préoccupation, et de l’autre, un ancien Premier ministre du gouvernement Sarkozy, une personne donc extrêmement bien informée de par les fonctions antérieures qui furent les siennes, qui nous avertit que le sort de notre pays est en jeu. Rien de moins !

Tariq Ramadan, ce prêcheur très écouté par toute la jeunesse musulmane européenne, nous dit dans son livre “islam et christianisme” : “L’islam n’est pas une religion comme le judaïsme ou le christianisme : l’islam investit le champ social. Il ajoute à ce qui est proprement religieux les éléments de mode de vie, de la civilisation et de la culture. Ce caractère englobant est la caractéristique même de l’islam”. Et il ajoute : “l’islam, comme Dieu, doit être victorieux et gérer le monde dans toutes ses dimensions”. Nous voilà donc une fois de plus avertis de ce qu’est l’islam, en réalité, et des intentions des musulmans, la source de cette information étant très sûre puisqu’il ne s’agit de rien moins que du petit- fils du fondateur du mouvement des Frères musulmans en Egypte, en 1928.

On doit donc s’interroger pour savoir comment Emmanuel Macron peut avec autant d’assurance affirmer que l’islam est simplement un sujet de préoccupation, et se demander comment ce candidat qui est un intellectuel cultivé ose prétendre avec une profonde conviction que l’islam est compatible avec notre République. Celle-ci a pour devise, rappelons-le, “liberté, égalité, fraternité”. Si beaucoup de musulmans se sont progressivement intégrés à la société, il n’en reste pas moins que dans le livre sacré de l’islam, aucune de ces trois valeurs n’existe.

Pour ce qui est, tout d’abord, de la liberté, le Coran nous dit que l’homme est totalement soumis à la volonté de Dieu : il doit lui obéir. Il n’y a donc pas de liberté de conscience, et l’on sait qu’un musulman qui apostasie encourt la peine de mort. La sourate 4,56 nous dit : “Nous jetterons au feu ceux qui refusent de croire à nos signes”. Pour ce qui est, ensuite, de l’égalité, chacun sait à présent que dans l’islam l’homme est supérieur à la femme, la sourate 4,34 étant très explicite à cet égard. Elle affirme en effet ceci : “Les hommes ont autorité sur les femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu les a élevés au-dessus d’elles”. Et il n’y a pas, dans une société musulmane, égalité entre les musulmans et les dhimmis, c’est-à-dire les juifs et les chrétiens que le livre saint de l’islam nomme “les gens du Livre”. Ce sont des citoyens de second rang. Ces personnes, certes, ne seront pas persécutées, et on leur permettra de vivre leur foi, pourvu qu’elles sachent rester discrètes : mais elles ne disposeront pas des mêmes droits que les musulmans. Les interdits qui leur sont imposés sont très nombreux : impossibilité d’accéder à des fonctions importantes dans la société, interdiction de monter à cheval car le cheval est un animal noble, et imposition d’une fiscalité très lourde et dissuasive faite de deux impôts spécifiques : la jizya et le karadj. Une sourate dit des dhimmis : “C’est le prix qu’ils auront à payer parce qu’ils ont renié les signes de Dieu” (3,112). Enfin, pour ce qui est de la fraternité, on doit rappeler qu’il n’y a dans l’islam de fraternité qu’entre musulmans. Deux sourates sont très claires à ce sujet : la sourate 5,51 qui dit : “Ô croyants, ne prenez point pour amis les juifs et les chrétiens”, et la sourate 3,118 où l’on lit : “Ô croyants, ne vous liez d’amitié qu’entre vous”. Affirmer donc que l’islam est compatible avec la République est un contresens absolu, et cette méconnaissance de l’islam est affligeante, si tel était vraiment le cas, chez un homme politique candidat à l’accès aux plus hautes fonctions dans notre république.

Pour ce qui est, enfin, du projet de faire que les Français musulmans adhèrent tous, réellement, à nos valeurs, il faudrait qu’ils adoptent un islam reformé, cet islam dont le défunt islamologue Malek Chebel avait tenté d’esquisser les contours dans son courageux ouvrage “l’islam des Lumières”. C’est bien dans cette direction qu’il convient de s’orienter, mais aucune autorité n’existant dans l’islam sunnite pour guider les fidèles, il existera toujours des musulmans qui se conformeront très scrupuleusement à la lettre du Coran, le Prophète Mahomet ayant eu l’insigne privilège d’avoir reçu directement le message de Dieu. Les prophètes précédents avaient simplement été des hommes “inspirés” par Dieu, et le message qu’ils ont délivré était donc imparfait. Selon les musulmans, Dieu a délivré à Mahomet qui est son messager, le vrai message, et il n’y en aura point d’autres. Et le Prophète, selon un hadith bien connu, a dit aux hommes que “la terre appartient à Dieu et à son messager”.

Il faut donc bien prendre conscience que l’islam est une religion conquérante, chaque croyant devant contribuer, d’une façon ou d’une autre, à la progression de l’islam dans le monde. Avec la dégradation continue de la situation économique et sociale française, et l’augmentation du nombre de migrants, le nombre de musulmans adhérents à cette vision traditionnelle de l’islam va croissant. En réalité, ceux qui ne se sentent pas engagés dans ce combat - et ils sont la majorité en France - se trouvent donc déjà adhérents d’un islam reformé, sans, en fait, en avoir pris réellement conscience. Mais s’ils ne se considèrent pas comme des djihadistes, ils n’en restent pas moins farouchement attachés à leur identité.

Claude Sicard
Auteur de “Le face à face islam chrétienté : quel destin pour l’Europe ?”, et “L’islam au risque de la démocratie” (Ed. F.X de Guibert).

Note : les Entrepreneurs pour la France n’ont pas d’expertise propre sur le sujet de l’islam, mais trouvent néanmoins intéressant d’ouvrir le débat en publiant les divers points de vue de spécialistes.

Messages

  • L’ISLAM EST ANTICONSTITUTIONNEL (Charia et autres mœurs criminelles)

    Rien à ajouter, si ce n’est que beaucoup de nos élus sont des renégats.

  • l’irénisme béat de Macron va lui coûter très cher !
    Macron n’échappe pas au schéma suivant comme bien d’autres :
    les politiciens sont mouillés jusqu’au cou et plus encore avec chantages, menaces de mort et autres intimidations sur leurs proches et même enfants, voilà ce que c’est de commencer à accepter de l’argent "facile" ça se paye très cher ensuite !

  • Cher Monsieur Sicard,

    Merci d’abord pour cet article clair et précis. Je voudrai par ailleurs avoir des précisions sur un point. Les musulmans expliquent que le Coran est issu directement de Dieu (donc incontestable) par opposition au christianisme, issu de "témoignages".
    Comment donc Dieu a-t-il parlé aux musulmans ? Est-il apparu avec un haut-parleur sur les nuages ? Confirme-t-il chaque année en personne, à chacun, sa parole qui n’est plus maintenant qu’issue d’une transmission devenue forcément aléatoire ? Merci d’éclairer si possible ma lanterne .

  • Bonjour ! Je ne saurais dire mieux, et adhère totalement à votre analyse toute à fait pertinente, documentée . Cependant la médiocrité avec laquelle Mr Fillon a agi et surtout la sottise réitérée de sa défense m’ont détourné de mon choix initial. Petit retraité, je suis écartelé entre un progressisme quasi militant et un conservatisme identitaire tout en ne me retrouvant absolument pas dans les valeurs d’une bourgeoisie bien pensante et refermée sur ses privilèges et ses intérêts, que j’ai côtoyé de très près en ma qualité de chrétien engagé. Un musulman m’intéresse et m’interroge, l’Islam dont je connais les racines me panique. Le communautarisme rampant m’affole et pourtant le racisme me dégoûte, une femme voilée de noir devient pour moi un repoussoir et provoque un rejet quasiment haineux, aussi refusant les extrêmes je ne sais que faire.? Je sens la mollesse de Macron en la matière, mais ne perçoit d’autre solution, Fillon m’ayant déçu gravement. Cordialement

  • mohamed saou, collaborateur de campagne de Monsieur Macron est islamiste radical à en lire sur internet des propos qui m’inquiètent. Cela ne m’incite plus à voter pour lui au 2nd tour présidentiel. Je n’ai plus confiance ! finish comme on dit. et vous ?

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