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Élections européennes : où sont passées les entreprises et l’initiative individuelle ?

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 25 mai 2014

Il est frappant de constater que dans les programmes européens proposés aux électeurs de l’Ile-de-France, très peu s’intéressent à l’emploi et à sa source, l’entreprise. Nous continuons de répéter le vide de l’élection présidentielle de 2012 dont l’emploi était totalement absent.

Ce n’est pas étonnant de la part de listes comme celles des partis de gauche, de Lutte Ouvrière ou des groupuscules écologistes.
Celles de NousCitoyens et le l’UMP sont les seules à parler un peu de l’emploi mais, dans leurs tracts, le mot d’entreprise n’apparaît pas. Il est probablement honni, l’entreprise n’étant plus considérée comme le fondement de notre richesse nationale, le lieu où se créent de la valeur et de la richesse, mais celui de la prévarication et de la fraude.

Au lieu de l’entreprise, et malgré un effort évident pour ne pas tomber dans les poncifs du tout État et de plans magiques (concoctés par les hauts fonctionnaires de Bruxelles), ceux qui devraient être les hérauts de la liberté d’entreprendre continuent d’invoquer la protection de la puissance publique et l’interventionnisme comme un de leurs principaux moyens d’action.

Dans le programme UMP, il est question de réserver une part des marchés publics aux PME, de stopper la concurrence déloyale et de renforcer la convergence fiscale, c’est-à-dire d’étendre à l’ensemble de l’Europe la chape fiscale qui étouffe les entreprises françaises.

NousCitoyens met en tête de sa liste la limitation de la production de normes et laisser le niveau local gérer les questions locales ; mais le diable de l’interventionnisme n’est pas loin : curieusement, le programme contient une demande d’harmonisation fiscale entre pays européens, alors que son fondateur a été très heureux de profiter de la législation fiscale belge pour se protéger des méfaits de l’ISF français ; ou la demande de réserver aux PME européennes une partie des marchés publics en invoquant le Small Business Act américain (de 1953 [1]) alors qu’il n’a eu pratiquement aucun résultat sauf de créer une autre administration, la Small Business Administration, que Ronald Reagan a cherché vainement à supprimer.

Ceci traduit que même pour ces défenseurs de l’entreprise et de la liberté d’entreprendre, ils ne se voient pas aller à une élection sans réaffirmer le rôle protecteur de la puissance publique et sans continuer l’interventionnisme étatique ; celui-ci a été la marque de tous les gouvernements français depuis le président Pompidou, et nous a conduits à avoir l’un des taux de chômage les plus élevés de la Communauté Européenne.

Quand aurons-nous un parti politique qui osera mettre en tête de ses revendications la nécessité de faire appel à l’initiative individuelle et de lui rendre la liberté qu’étouffe cet interventionnisme ?


[1et que c’est le Small Business Investment Act de 1958 qui a été l’acte fondateur de la prospérité américaine.

Messages

  • Une partie des entrepreneurs ne sont plus en France depuis longtemps.
    La difficulté de faire démarrer une activité n’a pas besoin d’une administration paperassière tatillonne et coûteuse en temps et en argent. C’était déjà visible en 1970. Depuis cette époque (ou avant), il y a eu une émigration sélective notamment de ceux qui ressentaient ce poids comme trop lourd. Les immigrants n’ont pas compensé ce déficit d’individus "qui osent". Sur la durée, la culture entière du pays change. Il n’y a pas à s’étonner de cet état des choses.
    René Rupert

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