Emploi 2017

Des chefs d’entreprises au service de l’emploi

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Dette : réponse à Gilles Rigourex

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 29 mars 2017

Toute la démonstration de Gilles Rigourex se tient, à un détail près : il oublie le plus important, à savoir que le déficit n’existerait pas si nous avions le même nombre d’emplois marchands que les pays proches du plein emploi comme le Royaume-Uni ou l’Allemagne. C’est le paramètre fondamental qu’oublient tous nos politiques, par la faute des économistes de droite inexistants en France.

Il est entendu que relancer la création d’entreprises, devenue famélique en France, ne permettra pas de recréer les 5 à 6 millions d’emplois qui nous manquent du jour au lendemain. Mais il est aussi illusoire de croire que l’on pourra réduire la dépense publique du jour au lendemain. Le seul fait de réduire le nombre de fonctionnaires est impossible car le réduire serait accroître le chômage.

L’illusion dans laquelle vivent beaucoup d’entrepreneurs français est de croire que simplement en relâchant quelques lois l’emploi va repartir dans les entreprises existantes.

Certes, nous avons en son temps montré que la « cause réelle et sérieuse » nous coûtait 2 millions d’emplois ; mais le manque d’emplois marchands, par manque de création d’entreprises, est de 6 millions, trois fois plus important, soit 660 milliards de PIB, plus de 300 milliards de recettes publiques.

Il n’y a pas de solution miracle ; nous n’avons pas, comme David Cameron au Royaume-Uni, des entreprises nouvelles qui produisent 500.000 emplois par an (nous, de l’ordre de 90.000) et qui nous permettraient de réduire la fonction publique de 500.000 emplois. Au Royaume-Uni, pour une réduction de 800.000 emplois publics, comme l’a montré Nathalie Droal, ce sont 2,5 millions d’emplois privés supplémentaires que l’économie britannique a créés.

Il va nous falloir mettre en œuvre une réduction de la dépense publique, une libération des entreprises existantes, mais ne pas oublier que le « gros paquet » est dans les entreprises qui n’existent pas encore.

Il est réconfortant que Fillon et les membres de son équipe aient compris les ressorts qui font créer des entreprises par ceux qui savent comment, en limitant le total des taxations sur les plus-values à 30% et en transposant l’EIS britannique [1] pour encourager les créations d’entreprises et tenir compte du risque supplémentaire qui s’attache à une jeune entreprise par rapport à l’investissement dans les entreprises déjà bien établies.


[1Enterprise Investment Scheme, permettant à un individu de déduire de son impôt sur le revenu 30% de ses investissements dans des start-up, jusqu’à un million de livres d’investissement.

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